Édition du 21 novembre 2017

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Le blogue de Pierre Beaudet

Nous n’avons rien à célébrer

Les « célébrations » du 150ième anniversaire de la confédération se déroulent dans l’indifférence générale. Les Premières Nations ont gâché le party à Ottawa, en affirmant que ce Canada avait été construit sur l’expropriation de leurs terres. Les centaines de millions dépensés pour un feu d’artifice ont été le « clou » d’une fête sans éclat.

Dans le fonds, cela est à l’image de l’État dont il est question. Il a été créé sans consultation populaire. Personne n’a pu donner son opinion à part une clique de magouilleurs, avec John A. Macdonald en tête. Le « vrai projet » était de faire financer par les contribuables une grande partie du chemin de fer d’est ou ouest, au profit des compagnies privées, de leurs avocats et amis, dont MacDonald et son « fidèle second » Georges-Étienne Cartier. Cartier en effet reçut $85 000 dollars (l’équivalent aujourd’hui serait plusieurs millions) de son comparse Hugh Allan, représentant d’une des grandes entreprises américaines impliquées dans ce projet.

Entre-temps, le Canada est le seul pays de l’hémisphère (35 États) où une république n’a pu être fondée, en restant sous la coupe de sa majesté la reine et de l’impérialisme britannique. Il est né pour enrichir quelques-uns, pendant que les autochtones étaient spoliés, que Louis Riel était assassiné, et que les droits du Québec étaient confinés à des pouvoirs résiduels. Et on se demande pourquoi on est désintéressé ?!?

150 ans plus tard, le « plus merveilleux pays au monde » inclut 20 % des enfants qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Des millions de personnes sont confinées dans des emplois à bas salaire. Des tas de gens doivent choisir entre payer des loyers exorbitants ou s’exiler en banlieues, ce qui veut dire des heures de transport chaque jour. Pour la majorité de ceux et celles qu’on appelle les classes moyennes, on vit au jour le jour, sans une précarité croissante liée à des changements économiques et technologiques qui sont concoctés en cachette, comme les accords de libre-échange.

L’État canadien, c’est également un trou noir où règnent l’opacité et le patronage, sur la base d’un système électoral hautement antidémocratique, hérité justement de l’Empire britannique. En réalité, l’appui aux gouvernements qui se succèdent, y compris celui du beau Justin, ne dépasse jamais 25-30% des électeurs et des électrices. Quand ce régime est contesté, on ne se gêne pas pour sortir les gros canons, les dispositifs et les outils répressifs.

Et on continue. Certes, certains diront que la situation aux États-Unis est pire : « quand je me regarde, je me désole ; mais quand je me compare, je me console »… Ce n’est pas enthousiasmant en tout cas.

Aujourd’hui, il n’y a pas de raccourci. Cet État doit être déconstruit. Un processus constituant, républicain, ne pourra émerger que d’un vaste mouvement populaire, il ne sera jamais cédé par les dominants qui profitent trop de ce système pourri. Cela n’est pas demain la veille. Mais il faut non seulement espérer, mais résister et créer, dans le chemin tracé par les Louis Riel, Luis Joseph-Papineau et les Madeleine Parent de notre monde et redéfini par les nouvelles générations des Carrés rouges et d’Idle no More.

Le « procès » du Canada
 
Cette semaine à Montréal, l’Université populaire poursuit ses travaux (17-19 août) à l’UQAM. Au programme, une analyse critique de cet État canadien, de ses prédations, de ses mensonges, de ses systèmes répressifs à l’ombre du capitalisme, du patriarcat et du colonialisme. Pour en parler, des témoins, des expert-es, des militant-es du Québec, du Canada et des Premières nations.
 
Cahiersdusocialisme.org

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