Édition du 18 avril 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Nous sommes horrifiés-es par D. Trump et B. al Assad

Déclaration de la Campagne pour la paix et la démocratie, 13 avril 2017,
Traduction, Alexandra Cyr,

La Campagne pour la paix et la démocratie a été fondée en 1982. Son dossier d’opposition au militarisme mené par les États-Unis ou ses rivaux impériaux, est long et solide. On nous a permis de reproduire ici, la déclaration qu’elle a émise pour signifier son opposition à l’attaque par missile de l’administration Trump sur la Syrie. Cette déclaration a été d’abord publiée sur son site web.

Non à la brutalité d’Assad
Non au groupe armé état islamique
Non aux bombardements américains et aux militaires russes en Syrie
Pour le réveil du printemps arabe

Nous sommes horrifiés-es par les incessantes attaques cruelles contre le peuple syrien par le régime Assad soutenu par Moscou et Téhéran. Dans leur brutalité absolue, les bouchers de Damas ont peu d’égaux dans le monde d’aujourd’hui. Mais, tout aussi fortement, nous condamnons les bombardements américains et la présence de forces militaires américaines en Syrie qui tuent des innocents-es et n’aident en rien à une juste solution du conflit. De plus, cela ne sert qu’à approfondir la présence réactionnaire des militaires américains au Proche Orient et renforce la prétention de B. al Assad à l’effet qu’il défend son peuple contre l’impérialisme occidental, même si cette prétention a peu de sens.

Il se présente comme la seule force qui maintienne la « stabilité » (dans le pays) et repousse la victoire du groupe armé état islamique. Cela dissimule complètement le fait que des régimes répressifs comme ceux d’Irak, d’Arabie saoudite, de Bahreim et de Syrie sont un outil efficace dans le recrutement de forces du Groupe armé état islamique et d’autre groupes djadistes. Les autres grands agents de recrutement pour ces groupes religieux extrémistes au Proche Orient, sont les États-Unis et leurs alliés. Ils y ont une histoire d’interventions sanglantes et pour ce qui concerne les États-Unis, il faut ajouter leur appui pratiquement inconditionnel à Israël. Mais, si l’attaque menée par le Président Trump contre la base aérienne syrienne de Shayrat a peut-être été limitée, de tels bombardements portent leur propre logique. Ils sont une preuve du dangereux prestige américain et donc, provoquent de futures attaques et contre attaques.

Nous sommes témoins d’une symbiose mortelle en Syrie. B. al Assad et le Groupe armé état islamique s’utilisent réciproquement pour justifier leur propre sauvagerie. D’une part, les États-Unis et leurs alliés et d’autre part la Russie et l’Iran se servent des crimes réels des autres pour se prévaloir d’interventions qui en aucun cas, ne protègent ou défendent le peuple syrien. Ils défendent plutôt leurs intérêts impériaux dans la région. Pour ce qui est de l’Iran, il défend des intérêts de puissance régionale.

On ne peut comprendre la guerre en Syrie en dehors de la situation politique totale au Proche Orient. Les soulèvements populaires du printemps arabe en Tunisie, en Égypte, au Bahrain, en Syrie, en Lybie et au Yémen, ont donné une idée d’un futur démocratique et juste pour les peuples de la région. Pour le moment, ils ont été balayés dans la plupart des cas par une combinaison des actions de forces réactionnaires internes avec l’appui de leurs protecteurs étrangers.

Mais la résistance en Syrie s’avère étonnamment résistante. Tout juste en mars dernier, au cours d’un bref arrêt des hostilités, les manifestations sont revenues dans les rues avec le slogan : « La révolution se poursuit ». Comme l’a rapporté The New Statesman : « Quand les combattants du groupe (islamiste) Jabbat-al-Nusra ont tenté d’arrêter les manifestations à Maarat-al-Numan, les manifestants-es ont lancé : « Un seul ! Un seul ! Un seul ! Le peuple Syrien est un seul peuple ». Ce slogan remonte au début du soulèvement, dans sa phase séculaire, quand les Syriens se battaient pour repousser la vague de sectarisme et de tensions ethniques insufflés par les djadistes engagés dans le conflit.

Nous sommes vraiment dans une époque d’évaluations différenciées des faits, colossales et obscènes.

Nous pouvons voir D. Trump, la plupart des grands médias et les élites des deux partis politiques déplorer avec hypocrisie les massacres de gens innocents, de femmes et de bébés en Syrie pendant qu’ils demeurent froids et indifférents aux massacres et aux pertes humaines dont ils sont responsables à Mossoul et au Yémen. Et pendant que des réfugiés-es désespérés-es tentent de se sortir du carnage en Syrie, mais sont cruellement refoulés-es à la frontière américaine.
Et nous pouvons également voir le Président Trump souhaiter la bienvenue au Président égyptien, M. Abdel Fattah el-Sisi en mettant de côté effrontément toute préoccupation pour les droits humains. Il poursuit la politique d’aide militaire généreuse de son prédécesseur, le Président Obama, malgré que le Président égyptien assassine et emprisonne ses opposants-es par milliers. On peut prédire sans se tromper, que si, en réponse à la politique dictatoriale de ce président, le recrutement du Groupe armé état islamique devient de plus en plus efficace en Égypte, et un jour ce sera le cas, nous entendrons un concert d’excuses invoquant qu’il est un laïc, ce qui serait mieux que les djihadistes barbares, qu’il a un appui populaire significatif et donc qu’il faut le soutenir.

De son côté, Vladimir Poutine, le gouvernement russe et RT, leur nouvelle agence de nouvelles, déplore la déchirante destruction des faubourgs de Mossoul et celle du Yémen de même que les morts civils-es qui y arrivent. Ils décrient la froideur des militaires américains-es dont leurs attaques aériennes, tout en justifiant celles de B. al Assad sur son peuple à Alep et partout dans le pays. En fait, l’implication militaire russe, en attaquant les opposants-es civils-es et militaires au régime Assad par les airs, joue un rôle significatif, même critique dans son maintient au pouvoir.

Nous rejetons complètement ces alternatives grotesques. Nous espérons, pour le plus vite possible, le retour des mouvements et de l’esprit du printemps arabe. Ils offrent la seule possibilité de mettre fin à la spirale mortifère de la politique au Proche Orient. Beaucoup rejetteront cette perspective en la traitant d’impraticable. Mais ce qui est vraiment impraticable, c’est l’idée que les grandes puissances, chacune avec leur propre projet impérial, puissent apporter la justice et la démocratie. Si, contre toute attente, les forces démocratiques sont capables d’en arriver à une entente qui les protège des attaques mortelles de B. al Assad et du Groupe armé état islamique, qui leur permet de se battre un jour de plus, alors, ce genre d’entente si limitée soit-elle, devrait être respectée. Une telle entente ne peut être obtenue que sous la pression du peuple syrien, Elle ne peut être l’initiative de puissances extérieures qui malgré leurs différences et leurs rivalités, partagent une profonde hostilité envers le regain de forces populaires autonomes en Syrie comme n’importe où ailleurs.

Les forces populaires démocratiques sont faibles en ce moment. Mais notre seule position de principe et pratique est de déclarer notre solidarité avec leurs luttes, de tenter de les renforcer et de nous opposer à tous ceux et toutes celles qui tentent de les renverser, voire de les détruire.

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