Édition du 17 octobre 2017

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Santé

OPTILAB : maintenir la date butoir du 1er avril, c'est foncer dans un mur (APTS)

LONGUEUIL, QC, le 7 févr. 2017 - Des centaines des technologistes médicales (TM) seront forcées de changer d’employeur dans moins de trois mois à cause de la mise en place d’OPTILAB. Rappelons que ce projet vise à centraliser dans onze laboratoires serveurs la majorité des analyses réalisées dans ceux de l’ensemble des établissements de santé. Dès le 1er avril, le personnel de laboratoire d’une grappe aura comme employeur unique le centre intégré du laboratoire serveur. Ce qui implique des aberrations, comme par exemple le fait que c’est le CUSM, à Montréal, qui sera l’employeur des salariées de l’Abitibi.

Selon l’APTS, si l’on maintient la date limite du 1er avril pour les changements d’employeur, on fonce tout droit vers un mur. « Nous n’avons obtenu aucune garantie que la sécurité des échantillons sera assurée, malgré leur transport sur des centaines de kilomètres dans plusieurs cas, s’inquiète la présidente de l’APTS, Carolle Dubé. Les systèmes informatiques sont également loin d’être compatibles entre eux et les établissements serveurs n’ont pas la capacité physique de recevoir les milliers de nouveaux échantillons qui déferleront à la suite de l’implantation d’OPTILAB. Plus que jamais, un moratoire est indispensable pour ce projet mal planifié et précipité. »

Fidèle à son habitude, le ministre Barrette a décidé de foncer, au plus grand mépris du personnel. « Cette réorganisation, qui s’ajoute aux nombreuses autres, est un fardeau pour les technologistes médicales. Angoisse, incertitude et anxiété font désormais partie de leur quotidien, dénonce Carolle Dubé. Comment peut-il en être autrement, alors que la grande majorité des TM ne savent toujours pas si elles auront un emploi dans quelques mois ? Pour nos membres, OPTILAB, c’est le supplice de la goutte. »

Dans un vaste sondage réalisé auprès de ses membres, l’APTS a constaté que six technologistes médicales sur dix disent éprouver des symptômes de détresse. « Ce n’est pas surprenant, compte tenu du climat d’omerta qui règne dans le réseau de la santé et des services sociaux, s’indigne la présidente de l’APTS. L’absence d’information claire engendre de la souffrance au travail. Il est temps que le ministre Barrette descende de son piédestal pour constater les dégâts que ses réformes causent dans les laboratoires, entre autres. »

Rappelons que la demande de l’APTS d’un moratoire sur OPTILAB a reçu l’appui d’une centaine de municipalités et de MRC, en plus des 20 000 personnes qui ont signé la pétition à cet effet. Des médecins spécialistes ont également exprimé leurs inquiétudes à propos des conséquences du projet sur les services à la population.

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