Édition du 19 septembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Blogues

Le blogue de Louise Chabot

On ne doit pas rogner sur la formation des préposés aux bénéficiaires

Il y aurait une pénurie de préposées et préposés aux bénéficiaires. C’est l’argument qu’utilise le CIUSSS de la Capitale-Nationale pour justifier sa décision de revoir à la baisse le temps de formation de cette profession. En fait, le CIUSSS a décidé de miser sur la quantité de préposés plutôt que sur la qualité de la formation et des soins offerts aux patients.

Cinq semaines au lieu de vingt-cinq

La formation du CIUSSS passerait à seulement cinq semaines au lieu des vingt-cinq semaines requises pour obtenir la qualification nécessaire pour exercer cet emploi. Qu’est-ce qu’on a le temps de couvrir dans une formation de cinq semaines qui rendrait justice à la complexité du travail dans le réseau de la santé et des services sociaux ? Quels savoirs et compétences seront laissés en plan ?

Une formation de qualité

La formation actuellement offerte au diplôme d’études professionnelles (DEP) est reconnue et a été développée en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Éducation. Elle est offerte par des enseignantes et enseignants qui sont doublement qualifiés, à la fois comme pédagogues et comme membres expérimentés du personnel de la santé. De quel droit le CIUSSS s’ingère-t-il ainsi dans une formation qui a fait ses preuves ? Dans quelle maille du filet administratif ce projet s’est-il faufilé pour voir le jour ?

Quel est le message qu’on envoie aux futurs préposés et préposées aux bénéficiaires qui envisagent une carrière dans le réseau de la santé et des services sociaux ? Quelle valeur le CIUSSS accorde-t-il à ces emplois ? C’est une déqualification professionnelle inacceptable !

Savez-vous quoi ? S’il y avait une pénurie de médecins, d’infirmières, de psychiatres, et d’autres professionnels de la santé, penserait-on un seul instant à réduire du 4/5e le temps de formation de ces intervenantes et intervenants du réseau ? Poser la question, c’est y répondre.

Manque de cohérence

Cette décision irresponsable découle d’une vulgaire logique comptable qui contamine nos services publics sous le joug des libéraux. La reddition de comptes de plus en plus complexe entraîne une philosophie de gestion par tableau Excel plutôt que de voir aux besoins des êtres humains.

Cette pression, combinée à une vision incohérente du réseau et de la question de la santé en général, entraîne bien des problèmes. Au moment même où l’on exige de plus en plus du personnel et où l’on souhaite rehausser la qualité des soins et des services offerts, on rogne sur la formation de base. Les conséquences d’un tel empressement sont faciles à prévoir. Les dirigeants du CIUSSS de la Capitale-Nationale devraient relire Lafontaine : rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Louise Chabot

Présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (depuis 2012)

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Blogues

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...