Édition du 16 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

On va mettre les choses au clair : Pour des centaines de milliers de locataires du Québec, le marché privé de l'habitation, c'est les abus, c'est l'exploitation, c'est des rapports de domination !

Vient de se terminer une semaine d’actions dérangeantes mettant la nécessité de la construction de logements sociaux au cœur de la lutte à la pauvreté. Des occupations de terrains vacants, des manifs, des prises de paroles ont ponctué cette semaine de visibilité. Voici un bref discours de monsieur Jonathan Carmichael qui nous montre concrètement les problèmes que vivent les gens démunis au quotidien avec leur propriétaire. (NDLR - PTAG)

Jonathan Carmichael est un organisateur communautaire, militant du Bureau d’animation et information logement (BAIL)
Photo : Alain Bernatchez

Des exemple, au BAIL, on en a à la pelleté.

Je pense à Louise, cette locataire de la Côte Sherbrooke qui habitait le même logement depuis 35 ans et qui se l’est faite reprendre par le nouveau proprio qui est en train de transformer l’immeubles en condo.

Je pense à ce locataire de Saint-Sauveur qui est venu au BAIL pas plus tard qu’hier, qui a également subi une reprise du logement où il est né il y a de cela 75 ans et qui vient de se rendre compte, un an plus tard, ô surprise que le proprio n’a jamais habité le logement et qu’il le reloue beaucoup plus cher !

Je pense à cette famille de Limoilou, qui vivait dans un logement tellement humide qu’il y avait des champignons de 15 centimètres qui sortaient du plancher. Le proprio ne trouvait rien de mieux à faire que de les menacer de poursuite à la Régie du logement si le logement était abandonnée.

Je pense à Gisèle qui chaque année reçoit des avis d’augmentation abusive de loyer assortis de menaces afin de la contraindre à les accepter.

Je pense à Benoit qui a reçu un avis d’augmentation de loyer de 400$ par mois, qui l’a refusé et qui subit toute sorte de représailles depuis de la part de ses propriétaires.

Je pense à cette famille à la recherche d’un logement, qui était discriminée par les propriétaires à cause de la présence des enfants.

Je pense à cette dame du Vieux-Limoilou, qui vit du harcèlement continuel de la part de son proprio et qui est tellement affectée par cette violence qu’elle est présentement en arrêt de travail.

Je pense à tous ces locataires devenus indésirables dans les quartiers devenus branchés, des quartiers qu’ils habitaient depuis toujours.

Je pense à tous ces locataires dont le logement met en danger la santé.

Je pense à tous ces locataires qui tirent le diable par la queue pour tenter de boucler un budget, mission impossible considérant la hausse des loyers et des revenus qui n’augmentent pas.

C’est pour tout ce monde-là, qu’il faut continuer la lutte pour le droit au logement.
En ce sens, la lutte pour le logement social est une des solutions importantes pour laquelle, il faut continuer à se mobiliser.

Solidarité ! Bonne manif !

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