Édition du 19 juin 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 29 mai

Mobilisons-nous contre le G7, le sommet des accapareurs et des pollueurs

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Opposition à Trans Mountain

Justin Trudeau se substitue à Kinder Morgan et achète les actifs de l’entreprise pour 4,5 milliards$. Nous y reviendrons. Mais il ne faut pas gâcher notre plaisir et nous devons revenir sur la manifestation du 27 mai ) alors que plusieurs centaines de personnes ont marché en solidarité avec les organisations et peuples autochtones qui luttent contre ce projet écocidaire en Colombie-Britannique. Le geste de Trudeau est un premier aveu que cette entreprise était mauvaise d’un point de vue capitaliste. Kinder Morgan a dû malgré tout reculer devant l’opposition populaire. Il faudra maintenant intensifier la pression.

La Grande transition

Pierre Beaudet jette un premier regard sur le succès que fut l’organisation de la rencontre faite sous le thème "La grande transition". Son bilan provisoire ne peut que nous inspirer confiance en l’avenir alors qu’une nouvelle génération militante marxiste se constitue. Plus de 1600 personnes, des centaines d’ateliers, des débats riches. Ces rendez-vous annuels de la gauche anti-capitaliste doivent devenir une occasion pour que cette nouvelle gauche se donne des perspectives de transformation sociale et politique concrètes.

Immigration : la grande diversion

Le Parti libéral du Québec se drape de vertus dans le domaine de l’immigration face à des adversaires péquistes et caquistes qui font dans la dérive identitaire. Pourtant, le PLQ n’est pas blanc comme neige en matière d’immigration comme le démontre Nicolas Guay. Ces politiques visent à instrumentaliser les nouveaux et nouvelles arrivant-e-s au profit des capitalistes locaux. Ils font l’impasse sur la qualification des personnes qui souvent vont occuper des emplois qui les déqualifient. Ils font fi de la discrimination à l’embauche que vivent une importante part de ces personnes. Non le PLQ n’est pas le parti des immigrant.e.s.. Il prétend être le pompier face aux dérives identitaires alors qu’il est plutôt le pyromane.

G7

Le G7 arrive à grands pas et les préparatifs de l’opposition vont bon train malgré les menaces répressives. Nous reproduisons les propos tenus lors d’un atelier d’Attac-Québec lors de la Grande transition. Claude Vaillancourt et Christophe Aguiton, ce dernier d’Attac-France résume les enjeux de ce sommet et les raisons pour lesquelles il faut s’y opposer. Le Collectif contre le G7 ajoute sa voix à cette opposition et lance un appel à la mobilisation lors de la fin de semaine du Sommet. Des ateliers se tiendront le samedi 9 juin afin d’exprimer une autre vision du monde que celle des néolibéraux réunis à La Malbaie.

Ramenons Lucy

La récente histoire de Lucy Granados expulsée le 13 avril dernier a touché des milliers de personnes au Québec. C’est une autre conséquence des politiques dominantes dans les pays capitalistes avancés de fermer les frontières et de promouvoir la peur de l’autre. Heureusement, tous et toutes ne tombent pas dans le panneau des politiciens à la Trump ou dans les discours hypocrites comme ceux de Trudeau et Couillard. Des groupes de femmes se mobilisent pour son retour. Le Collectif des femmes sans statut de Montréal veut lutter contre la précarité que vivent ces personnes. Il questionne les véritables intentions de la nouvelle mairesse de Montréal Valérie Plante sur l’idée de faire de la ville un véritable sanctuaire pour migrant.e.s. Il souhaite que les revendications des femmes sans statut soient entendues et qu’elles puissent jouir des mêmes droits que tous et toutes.

Sur la scène internationale

Toujours, toujours Israël

La réprobation d’Israël et ses attaques contre les manifestations des Palestiniennes et Palestiniens dans la Bande de Gaza continue de s’amplifier. Le dossier Israël en fait rapport. Mais comment tout cela se vit-il au jour le jour ? Comment Israël exerce-t-il sa domination, sa répression sur l’ensemble de la population palestinienne ?
Palestine. « L’occupation est présente partout, tous les jours »

C’est ce que les auteurs de cet article ont tenté de nous faire comprendre à partir de l’exemple d’un travailleur palestinien M. Nackle qui a perdu son permis de travail, car son garçon a été un lanceur de pierres contre les soldats israéliens.

La situation de ce chômeur palestinien est généralisée : « Un autre résident, Raad Dalash, est également avec nous. Son fils de 13 ans a été arrêté le 1er février ; il est toujours en prison, dans l’attente de son procès. Le frère de Raad est également en prison, tout comme deux de ses neveux, l’un de 17 ans et l’autre de 19 ans. Son épouse a été arrêtée et libérée sous caution de 10 000 shekels pour avoir tenté de faire passer une carte SIM de téléphone cellulaire à son fils incarcéré »
Et l’article de conclure « Les histoires vous frappent de tous les côtés. Il n’y a personne ici qui n’a pas de tels récits. Aucune famille qui n’a pas été touchée. L’occupation est présente partout, tous les jours. »

L’interminable conflit israélo-palestinien... Quant à Jean François Delisle, il nous offre une réflexion sur les mythes entourant la nation juive. Il met le tout en perspective : « Ce qui frappe le plus dans cet argumentaire, c’est moins son caractère faux et superficiel que l’adhésion intransigeante des dirigeant-e-s occidentaux dans leur ensemble à leur égard. Cette attitude ne peut qu’entraîner de leur part par contrecoup un point de vue très négatif sur les Arabes en général, et les Palestinien-ne-s en particulier, ces derniers-ères étant les ennemi-e-s les plus directs (et les plus vindicatif-ve-s) d’Israël. Ce qui peut étonner aussi, est la persistance des politiques pro-israéliennes de la part des classes politiques occidentales, en dépit de la spoliation flagrante dont les Palestinien-ne-s ont été victimes de la part des sionistes. » Ensuite il va aux sources de la création de l’État hébreu et illustre le processus de domination sur les populations arabes.

En Amérique latine Mexique : quels mouvements sociaux deux décennies après la « transition vers la démocratie » ?

L’Amérique latine ne fait pas la une de la situation internationale, mais les dernières élections mexicaines imposent un regard sur la situation. Depuis les Zappatistes, premières forces en lutte contre la mondialisation naissante en 1995, qu’en est-il de la situation ? « Deux décennies plus tard, ces espoirs ont, en grande partie, disparu. Le PRI a retrouvé la présidence de la République en 2012, le pays souffre de la violence du crime organisé et des violations constantes des droits humains par l’armée. 40 % de la population mexicaine (soit 54,3 millions de personnes) vit sous le seuil de pauvreté, l’accès à la santé est compliqué pour la plupart et l’écart entre les pauvres et les riches ne cesse de croître. »

Sous la neige de l’apathie, souffle un vrai volcan. Le respect des droits humains et la lutte contre la violence sont le premier pilier des luttes qui se mènent au Mexique. L’autre repose sur les luttes contre l’extractivisme, contre le bafouement de la terre mère. C’est ce travail de résistance dans les communautés qui est au coeur de ce volcan : « Au centre et au sud du pays, un nombre croissant de villages et de communautés s’organisent de manière autonome, s’appuyant souvent sur des groupes d’autodéfense. En milieu urbain comme dans certaines communautés indigènes, le Mexique connaît un renouveau des mouvements féministes. Malgré les risques, des familles s’organisent pour retrouver les disparus. Et au milieu du chaos naissent des résistances et des alternatives. »

En Afrique

Ressources africaines : Pas de cobalt, pas de véhicules électriques LA RDC produit les deux tiers du cobalt utilisé dans les batteries des voitures électriques et des téléphones cellulaires. Mais dès 2020, la rareté va devenir réalité. Comment poursuivre ces technologies présentées comme écologistes alors que l’épuisement du minerai est à nos portes ? Un court texte de Jacqueline Derens qui nous montre les limites de nos changements technologiques.

Et de la géographie politique

Leurs blocages et les nôtres L’article de Dimitris Fasfalis prend comme point de départ la grève étudiante de mai 68 pour nous amener à réfléchir aux différents blocages que connaît notre société actuelle « qu’aucune voix dans la presse dominante et parmi les "responsables politiques" des différents partis n’a opposé à la haine conservatrice des blocages l’idée que le capital et l’État organisaient eux aussi des blocages quotidiennement. Mais des blocages qui passent inaperçus parce qu’au lieu de remettre en cause le système capitaliste, ils en sont des rouages systémiques et invisibles ». Au lieu d’un monde fluide comme on veut bien nous le faire croire nous vivons dans une société de séparation et de franchissement.Le franchissement repose sur l’accessibilité et là nous voyons la société se diviser entre les gens qui ont accès, qui sont mobiles et les autres démunis de tout. La dimension de la sécurité et de la militarisation de l’Europe est ainsi posée : les quartiers dangereux sont aussi identifiés.

Et en conclusion : « La géographie de la domination sociale à laquelle nous assistons au quotidien dans les villes d’aujourd’hui n’a rien d’inéluctable : elle est le produit de trente ans de reculs du mouvement ouvrier, de défaites de l’État social et de renoncements des gauches de gouvernement. L’État libéral sécuritaire qui en résulte a de moins en moins les allures d’un espace commun de la délibération démocratique ».

Quant à l’avortement

8e amendement - Référendum historique sur le droit à l’avortement : l’Irlande a dit oui à la légalisation de l’IVG

Le 25 mai dernier, l’Irlande a connu un référendum important pour les femmes. Ce référendum remporté par un oui retentissant 66,4% consacrait le droit des femmes de décider de leur maternité.

L’article décortique le vote pour montrer l’accord dans les différentes couches sociales : « Selon les sondages de sortie des urnes, les campagnes (60 %) ont approuvé la libéralisation de l’IVG, presque autant que les villes (71 %), les hommes (65 %) presque autant que les femmes (70 %), les jeunes (87 % des moins de 25 ans) nettement plus que leurs aînés (63 % des 50-64 ans). »

L’auteur poursuit en montrant la perte d’influence de l’Église catholique « En 1995, les Irlandais n’avaient approuvé la légalisation du divorce que par 50,3 % des voix ; en 2015, ils ont dit « oui » au mariage homosexuel par 62,07 % et ils viennent donc de légaliser l’avortement par 68 %. Une progression qui reflète la disparition de l’ascendant moral de l’Église catholique, qui a longtemps servi d’armature à l’État, après les guerres civiles des années 1920, qui ont libéré l’Irlande de la tutelle britannique »  Il conclut son article avec le rôle du gouvernement actuel.

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