Édition du 23 mai 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Congrès de Québec solidaire en fin de semaine

POUR L'OPTION « B » AMENDÉE : amendements de l'Association de Jean-Lesage

J’ai travaillé trois ans à l’Assemblée nationale avec Amir, Manon et Françoise. Je les ai vus se donner et même plus, avec des moyens et des ressources limitées. Malgré toute leur bonne volonté, bien souvent on n’était plus frustré que ravi des résultats. Combien de fois ont-il et elles été dans la « Hot room » pour tenir un point de presse devant pour seule audience une caméra (au moins on pouvait se servir du vidéo sur les médias sociaux…) ? Combien d’heures passées en commission parlementaire pour écouter les groupes et experts venir exposer leurs points de vue pour au final avoir moins de deux minutes d’échanges avec eux (fallait essayer parfois la dernière ligne de l’article qui va peut-être en parler le lendemain) ? Que de déchirements sur le choix de LA question qu’un-e d’entre elles ou lui posera cette semaine (est-ce que ça sera assez « punché » pour retenir une « clip » au Téléjournal ?). Et je pourrais continuer la liste encore longtemps…

Tout cela pour dire que les règles actuelles à l’Assemblée nationale accordent très peu de moyens aux député-e-s dits « indépendants », donc issu-e-s d’une formation politique qui n’a pas obtenu au moins 20% d’appuis aux dernières élections ou qui n’a pas fait élire au moins 12 député-e-s. Et pour rajouter, les député-e-s exclu-e-s de leur parti (Paradis, Skavounos, Ouellet, Lelièvre, etc.) deviennent « indépendants » et viennent gruger les moyens accordés à ces député-e-s. Bref, quand tu es député-e « indépendant » à l’Assemblée nationale, à l’exception des miettes qui te sont données, tu dois compter sur la « générosité » des autres partis politiques pour obtenir un peu plus… à peine plus. Un exemple : on était bien content quand Françoise obtenait 2 minutes de plus, ici et là, en commission parlementaire pour interpeller le ministre Blais sur la réforme de l’aide sociale, grâce à la « générosité » de Dave Turcotte du PQ.

QS reconnu comme formation politique à l’Assemblée nationale

Je dis tout cela pour expliquer en partie mon impatience de voir Québec solidaire prendre sa place à l’Assemblée nationale et faire élire au moins une dizaine de député-e-s en 2018 (la CAQ a déjà obtenu le statut officiel de formation politique avec 6 député-e-s). C’est pour ça que j’ai proposé à mon Assemblée générale dans Jean-Lesage un amendement que mes compatriotes ont appuyé en majorité (et qui sera donc soumis au Congrès cette fin de semaine) qui ferait en sorte qu’un des objectifs du parti aux prochaines élections soit de faire élire un nombre de député-e-s qui lui permette d’obtenir le statut de formation politique reconnue à l’Assemblée nationale. Ça peut paraître « secondaire », mais pour ce ne l’est pas. Car si on se donne cet objectif, il faut aussi se donner les moyens de l’atteindre.

C’est là que j’arrive avec mon appui à l’option B, en faveur d’un pacte électoral avec le PQ en 2018. Pour autant qu’il soit amendé, entre autres dans le sens des autres amendements que l’Association de Jean-Lesage propose.

Des discussions « exploratoires » avec le PQ

Tout d’abord, je me réjouis que le comité-synthèse ait décidé d’intégrer l’amendement visant à dire que les discussions avec le PQ devraient être « exploratoires » (merci Pierre pour l’idée). J’espère aussi que les congressistes seront d’accord avec le fait que l’objectif de ces discussions devrait être « de mesurer précisément les gestes immédiats et porteurs ainsi que les engagements réels et détaillés que le PQ serait disposer à prendre ».

Des conditions minimales pour pactiser et un projet de société plus clair

L’Association de Jean-Lesage propose aussi que « ce pacte repose sur un certain nombre d’engagements électoraux communs et que parmi-ceux-ci se retrouvent nécessairement l’instauration d’un mode de scrutin mixte compensatoire, la mise en place d’une Assemblée constituante, le réinvestissement massif dans les services publics et le début d’une transition vers un développement écologiste du Québec. » Pour nous, il s’agit là de conditions (somme toute assez « minimales ») en-dessous desquelles un pacte avec le PQ n’est pas acceptable. C’est pour cela qu’un autre amendement vise à inclure à l’alinéa 3 de l’option B la résolution adoptée au dernier Conseil national qui exprime bien les balises du projet de société que QS veut mettre en place, en lieu et place des « conditions » qui sont proposées par la proposition originale de l’option B.

Un échéancier final aux discussions exploratoires

Finalement, l’Association de Jean-Lesage, en collaboration avec l’Association de Joliette, propose qu’un échéancier final soit fixé aux discussions exploratoires avec le PQ au sujet de la possibilité de conclure un pacte électoral. Nous proposons qu’au plus tard en janvier 2018, une décision finale soit prise afin que nous ayons le temps de se préparer aux prochaines élections en toute connaissance de cause. Le prochain Congrès de QS aura lieu la première fin de semaine de décembre 2017 (selon mes sources). C’est donc à ce moment que QS va statuer au final. Je suis bien content de voir que Jean-Lesage et Joliette avait bien « deviné » le calendrier… :)

Décider de discuter et non de se compromettre

Ceci m’amène à ma conclusion : en fin de semaine, QS ne va décider de ne pas présenter un certain nombre de candidatures dans un certain nombre de circonscriptions en 2018. QS ne va pas décider de contribuer à porter au pouvoir un PQ raciste, corrompu et néolibéral. On va juste décider d’aller discuter de vives voix, face à face et non plus par médias interposés. On va tester la température de l’eau… à deux… pis quand l’autre va trop s’approcher, on va lui donner une petite tape dans le dos pour qu’il tombe à l’eau…

Stéphane Lessard

p.s. ne pensez pas s.v.p. qu’il s’agit des seules raisons pour lesquelles j’appuie l’option B, en faveur d’un pacte électoral entre QS et le PQ en 2018. Ici, j’ai déjà exprimé (mieux) le fond de ma pensée.

Stéphane Lessard

Stéphane Lessard, Ex-membre du Comité de coordination national de Québec solidaire (2006-2010)

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