Édition du 14 novembre 2017

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Asie/Proche-Orient

Palestine : le Hamas reconnaît les frontières de 1967

En abandonnant sa référence aux Frères musulmans et en reconnaissant les frontières de 1967, le Hamas présente une version plus "modérée" de sa charte. Mais pas de reconnaissance d’Israël pour autant.

Tiré du site de l’Association France Palestine Solidarité.

Le Hamas doit dévoiler lundi sa charte amendée, un texte qui était inchangé depuis près de 30 ans et est désormais plus "modéré", assurent ses dirigeants, notamment par la reconnaissance des frontières de 1967 et l’insistance sur le caractère "politique" et non religieux du conflit avec Israël. La nouvelle version de ce document rédigé à la création du Hamas est discutée "depuis quatre ans", dit à l’AFP Bassem Naïm, haut cadre dans la bande de Gaza du mouvement islamiste qui se présente comme le fer de lance de la "résistance" palestinienne à l’occupation israélienne et qui a combattu Israël à trois reprises à Gaza depuis 2008. Au terme de ces négociations, un nouveau document a été mis au point et il s’ajoute à la charte originelle datant de 1988 mais qui ne sera pas abandonnée.

Aucune reconnaissance de "l’entité sioniste"

La principale modification est la reconnaissance de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967, explique à l’AFP un haut cadre du Hamas sous le couvert de l’anonymat. La charte énoncera clairement comme objectif l’instauration d’un "Etat de Palestine souverain avec pour capitale Jérusalem dans les frontières de 1967", dit-il. "Cela ne signifie en aucun cas une reconnaissance de l’entité sioniste", (Israël ndlr), prévient-il.

Certes, le fondateur du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, assassiné en 2004 par Israël, avait plusieurs fois repris à son compte les frontières de 1967, mais c’est la première fois qu’elles sont écrites dans le texte qui régit l’ensemble des composantes du Hamas, y compris sa branche armée, souvent présentée comme concurrente de la branche politique. Ce texte, explique à l’AFP Ahmed Youssef, cadre du Hamas est "plus modéré, plus mesuré et permet de se prémunir contre les accusations de racisme, d’antisémitisme ou de contravention au droit international". Un enjeu majeur pour le mouvement, déclaré "terroriste" par les Etats-Unis et l’Union européenne. Dans ce nouveau document, le Hamas dit "faire la différence entre les juifs comme communauté religieuse d’une part et l’occupation et le projet sioniste d’autre part". Toutefois, a déjà prévenu Mahmoud Zahar, membre du bureau politique du Hamas, ce nouveau texte est "un outil pour le futur mais ne signifie pas que nous modifions nos principes". "La résistance demeure et elle combattra de toutes ses forces" Israël, a menacé ce tenant d’une ligne dure, incarnée selon les observateurs par la récente élection d’un militaire, Yahya Sinouar, à la tête du Hamas dans la bande de Gaza, gouvernée sans partage depuis 10 ans par ce mouvement.

Main tendue à l’OLP

La charte amendée sera dévoilée à Doha avant l’annonce du vainqueur des élections internes pour remplacer Khaled Mechaal, chef du mouvement exilé au Qatar. Ismaïl Haniyeh, ancien chef du Hamas à Gaza, est pressenti pour lui succéder. Le texte insiste sur le fait que le conflit avec Israël est "politique et non religieux" et modifie les références historiques du Hamas. Avant, le mouvement était "une branche des Frères musulmans", la confrérie égyptienne qui a essaimé à travers le monde mais a subi un violent coup d’arrêt avec la destitution du président Mohamed Morsi par l’armée égyptienne en 2013. Aujourd’hui, il est "un mouvement de libération et de résistance nationale palestinienne d’inspiration religieuse, dont le but est la libération de la Palestine", disent les mêmes responsables.

"Appartenance nationale et non religieuse"

La disparition de cette filiation et l’affirmation par le Hamas de sa volonté d’être un "partenaire" pour "tous les Palestiniens, sur la base de leur appartenance nationale et non religieuse" visent à ouvrir deux portes. Celle du dialogue avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) - l’entité reconnue à l’international comme représentant les Palestiniens, à laquelle seuls le Hamas et le Djihad islamique n’appartiennent pas - et celle du dialogue avec la communauté internationale. Le Hamas "tente de faire changer le regard de la communauté internationale et du monde arabe sur lui", décrypte Moukhaïmer Abou Saada, politologue gazaoui. "Mais s’il n’accepte pas la solution à deux Etats" et donc la reconnaissance d’un Etat israélien vivant en paix aux côtés d’un Etat palestinien, "la communauté internationale ne le sortira pas de la liste des organisations terroristes", dit-il. "Mais cela pourrait encourager certains Etats qui interagissaient déjà avec le Hamas à officialiser leurs relations", prédit-il, citant notamment la Russie, la Turquie, la Norvège et le Qatar.

L’Obs

Abrégé du Nouvel Observateur (France).

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