Édition du 21 novembre 2017

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Logement

Pénurie de logements sociaux - Des occupations du FRAPRU débutent à Montréal, Québec et Sherbrooke

MONTRÉAL et QUÉBEC, le 22 mai 2017 - Les membres du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) de Montréal, Québec et Sherbrooke débutent en ce moment même une série d’occupations de bâtiments et de terrains.

À Montréal, après une manifestation de quelques centaines de personnes dans les rues du centre-ville, le bâtiment de l’ancien Hôpital de la Miséricorde, appartenant au gouvernement du Québec a été investi. À Sherbrooke, une manifestation vient également de s’arrêter sur un terrain vacant du centre-ville, où une trentaine de personnes sont en train de s’installer pour plusieurs jours. À Québec, avec l’appui de quelques dizaines de sympathisants et sympathisantes, des membres du FRAPRU de la région occupent une des nombreuses maisons vacantes des terrains militaires de Sainte-Foy ; les groupes prennent au mot le gouvernement de Justin Trudeau qui disait, dans son dernier budget, vouloir rendre « des terrains et des bâtiments excédentaires du gouvernement fédéral accessibles, à coût faible ou nul, aux fournisseurs de logements ». D’autres actions du même type se succèderont en Montérégie, en Abitibi et dans le Bas-du-Fleuve dans le courant de la semaine.

« Les prochains mois seront cruciaux pour l’avancement du droit au logement », explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. Le regroupement rappelle que le ministre Jean-Yves Duclos a promis une Stratégie canadienne sur le logement pour l’automne et que le ministre québécois responsable de l’habitation, Martin Coiteux, qui complète actuellement une révision d’AccèsLogis, promet une version améliorée du programme également à l’automne. « Nous augmentons aujourd’hui la pression pour les convaincre de relancer le développement des logements sociaux partout où des familles et des personnes mal-logées en ont besoin », poursuit la porte-parole.

Alors que 270 000 ménages locataires québécois ont des besoins urgents parce qu’ils vivent dans des logements insalubres, trop chers ou trop petits, le FRAPRU s’explique mal que les investissements cumulés des deux gouvernements ne se traduisent que par 3000 nouveaux logements sociaux, en 2017-2018, pour tout le Québec. Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU a d’ailleurs lui-même dénoncé dans son plus récent rapport « la pénurie de logements sociaux » au Canada et dans les provinces. Il recommande aux deux paliers de gouvernement « de prendre des mesures efficaces pour accroître considérablement le nombre de logements sociaux abordables disponibles ». Actuellement, à peine 11 % de l’ensemble des logements locatifs disponibles au Québec sont des logements sociaux et on dénombre 41 149 ménages inscrits sur les listes d’attente des offices municipaux d’habitation pour un HLM, dont 24 102 dans la seule Ville de Montréal, sans parler de ceux qui souhaiteraient vivre dans une coopérative ou un organisme sans but lucratif (OSBL) d’habitation.

Le FRAPRU et ses membres revendiquent que la Stratégie canadienne reconnaisse formellement le droit au logement, assure le financement de nouveaux logements sociaux à la hauteur des besoins et qu’Ottawa confirme, sans plus tarder, la poursuite des subventions à long terme versées aux locataires à faible revenu qui habitent dans les logements sociaux que le fédéral a participé à réaliser avant 1994. Les groupes logement réclament également, qu’avec la contribution du gouvernement canadien, Québec finance la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux sur 5 ans.

Selon le FRAPRU, les deux gouvernements disposent des revenus nécessaires à la réalisation du droit au logement. « Le gouvernement de Philippe Couillard vient d’engranger les surplus budgétaires parmi les plus importants de l’histoire », note Véronique Laflamme. « Ottawa et Québec continuent par ailleurs de se priver de sommes considérables en ne revoyant pas les abris fiscaux dont bénéficient les plus riches contribuables et les grandes entreprises », ajoute-t-elle, rappelant qu’à elles seules, les pertes fiscales québécoises de 1 milliards $ causées par le recours aux paradis fiscaux permettraient de financer la réalisation de 10 000 nouveaux logements sociaux par année.

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