Édition du 14 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Syndicalisme

Extrait du plan d’action

Plan d’action : Investir le terrain politique par l’action syndicale

Propositions du comité exécutif de la CSN

Depuis l’élection du gouvernement Couillard, le mouvement syndical et populaire a pris l’offensive pour s’opposer aux politiques d’austérité qu’il a appliquées méthodiquement et implacablement.

Dans ce mouvement de lutte qui s’est engagé aux quatre coins du Québec, dès le mois d’août 2014, la CSN a été des plus actives et a soutenu la mobilisation de ses membres pour défendre la vision d’un État québécois qui joue un rôle majeur pour un meilleur partage de la richesse : des services publics et des programmes sociaux répondant aux besoins de la population, des politiques de création d’emplois dans le respect du développement durable, des lois sociales progressistes et une fiscalité plus équitable. Cette bataille concerne aussi la qualité des emplois dans le secteur public.

Malgré tous nos efforts déployés aux côtés de nos alliés des organisations progressistes, le gouvernement libéral, fort de sa majorité, a inexorablement continué son entreprise de démolition de cet État social fort et interventionniste qui distingue le Québec du reste de l’Amérique du Nord.

Comme ailleurs dans le monde, la conception de « diminuer la taille de l’État » par des finances publiques équilibrées, le remboursement de la dette et la privatisation des services l’emportent sur toute autre considération. La capacité de l’État québécois à réaliser ses missions est alors carrément compromise.

Le gouvernement libéral, entraîné lui aussi dans cette spirale idéologique du déficit zéro, impose une cure d’amaigrissement sévère tant sur le plan des services publics que sur celui du développement économique, sans jamais rechercher de nouveaux revenus.

Son objectif de démantèlement de l’État québécois se confirme dans cette obsession à consacrer des sommes démesurées au Fonds des générations, alors qu’il a poursuivi ses mesures d’austérité même si le gouvernement engrangeait des surplus depuis 2015-2016.

À ce rythme, si nous ne les stoppons pas, non seulement nous rejoindrons les autres provinces canadiennes en matière de fiscalité et de filet de sécurité sociale, mais pire, nous basculerons vers l’américanisation économique et culturelle du Québec.

La faiblesse des réinvestissements annoncés lors du dernier budget et la poursuite du versement des surplus budgétaires dans le Fonds des générations démontrent clairement son intention de continuer à aller de l’avant dans ses visées néolibérales. Le danger qui nous guette est d’être soumis à un cycle d’austérité permanente qui fera sentir ses effets durant de longues années. À moins que les choses ne changent. Il y a donc urgence à agir.

Lors du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, le gouvernement Couillard a annoncé qu’il interviendrait sur la problématique des agences de placement, vecteurs d’exploitation de travailleuses et de travailleurs soumis à des employeurs sans vergogne, et sur la Loi sur les normes du travail.

S’il n’a donné aucune orientation quant à ses intentions en ces domaines, il est clair que nous devons poursuivre la campagne 5-10-15 aux côtés de nos alliés pour faire valoir nos revendications à cet égard.

Au cours de cette prochaine année électorale, la question politique continuera donc à occuper le devant de la scène au Québec. Il en va de la qualité de vie et des emplois des classes moyenne et populaire, en raison de l’orientation idéologique des libéraux au pouvoir. C’est pourquoi la CSN doit se déployer dès maintenant sur le terrain syndical, mais aussi politique, afin d’expliquer la portée de son projet de société qui heurte de plein fouet la conception néolibérale qui domine actuellement à l’Assemblée nationale.

Nous devons relever le défi de mener efficacement une campagne auprès de nos membres, et plus largement auprès de la population, sur ce Québec que nous voulons.

Il nous faudra réunir nos membres, intervenir publiquement, manifester pour décrier les effets dévastateurs de l’austérité libérale sur les travailleuses et les travailleurs et sur la population en général. Nous devrons aussi interpeller les partis politiques et les différents candidats et candidates sur la base de nos propositions en insistant sur le bilan lamentable du mandat du PLQ.

Nous devons occuper tout l’espace nécessaire pour déconstruire le discours néolibéral en portant un projet porteur pour les travailleuses et les travailleurs et pour la société québécoise.

C’est pourquoi nous proposons des choix visant à améliorer concrètement les conditions de vie, à redynamiser les régions, à répartir plus équitablement la richesse et à accroître la participation citoyenne dans les orientations de l’État.

Nous militons au sein d’une organisation libre. Nous ne devons rien aux partis politiques et n’avons aucune attache à leur endroit.

Nous n’avons jamais fait de politique partisane, en appelant par exemple à voter pour un parti ou pour un candidat. Toutefois, nous ne nous sommes jamais privés d’intervenir sur les politiques gouvernementales en défendant une société plus juste et égalitaire dans laquelle nos membres aspirent à vivre. Notre action politique se déploie dans la société, car nous sommes de la société civile. Nous ne devons pas abandonner ce terrain à nos adversaires. Ce serait baisser les bras devant le discours de la droite et l’antisyndicalisme primaire.

Une telle démarche correspond aux préoccupations de nos membres et est en parfaite harmonie avec notre action syndicale depuis des décennies. Si nous devons agir dans nos usines, nos commerces, nos établissements, pour améliorer nos conditions de travail, nous devons aussi agir solidairement sur le front social et politique. Nous ne devons pas laisser le champ libre à celles et ceux qui cherchent, par leurs politiques, à diminuer nos conditions de vie, comme nous le démontrent les effets des mesures d’austérité sur les services de garde éducatifs, le développement économique et le maintien d’emplois de qualité dans toutes les régions, par exemple.

Les revendications du manifeste sont issues des besoins exprimés par les syndicats, les fédérations et les conseils centraux.

Si elles prenaient effet dans les mois suivants, les conditions de vie et de travail s’amélioreraient d’une manière indéniable ! Ainsi, l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure aurait un impact certain sur la qualité de vie de centaines de milliers de familles, mais aussi sur les finances publiques ; la hausse des budgets en santé et en services sociaux permettrait de ralentir l’augmentation du coût des assurances collectives ; un réinvestissement en éducation, notamment dans les services aux élèves, serait des plus bénéfiques pour les familles ; la relance du secteur manufacturier dynamiserait les économies régionales en créant des emplois de qualité qui manquent cruellement ; le renforcement des normes du travail aurait un effet positif sur les conditions de travail, etc.

L’approche d’une élection générale est un bon moment pour susciter des débats et une mobilisation sur des enjeux cruciaux pour la société québécoise.

Le manifeste est la bougie d’allumage visant à rassembler les travailleuses et les travailleurs qui veulent en finir avec l’austérité libérale ! Il est porteur de notre projet pour une société plus démocratique, plus juste, plus équitable et trouvera son sens véritable dans l’action syndicale qui le fera vivre et qui permettra d’atteindre nos objectifs.

C’est l’engagement que doit prendre le 65e Congrès.

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