Édition du 11 décembre 2018

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Éducation

Plan d'action numérique en éducation et en enseignement supérieur - La FPPC-CSQ favorable, mais surveillera l'implantation

MONTRÉAL, le 5 juin 2018 - La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), accueille favorablement le premier plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur, dévoilé au cours des derniers jours, mais elle surveillera de près l’impact de son implantation sur ses membres.

Telle est la réaction de la présidente de la FPPC-CSQ, Suzanne Tousignant, au plan d’action dévoilé par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, et la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

« Il s’agit d’un pas dans la bonne direction qui permettra au réseau collégial de poursuivre l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des programmes d’études. De plus, ce plan d’action permettra au Québec de se tourner vers l’avenir », soutient Suzanne Tousignant.

Des budgets à bien utiliser

Rappelons que le réseau collégial devrait recevoir près de 240 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour la réalisation de cette stratégie numérique.

« Ce montant servira notamment à soutenir le développement des compétences numériques des jeunes et des adultes, mais également à assurer la formation continue du personnel, tant enseignant, professionnel que de soutien. Les établissements disposeront aussi de budgets pour pouvoir se procurer les équipements numériques nécessaires afin d’assurer la formation et le soutien à l’apprentissage », explique la présidente de la FPPC-CSQ.

Le personnel professionnel au cœur de l’implantation

Cette dernière rappelle que le personnel professionnel jouera un rôle de premier plan dans le déploiement des nouveaux outils numériques et leur intégration dans la pédagogie collégiale.

« Les professionnels particulièrement interpellés seront les analystes du secteur de l’informatique, les spécialistes en moyens et techniques de l’enseignement, les conseillers pédagogiques aux technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que les conseillers pédagogiques aux programmes. Il faudra donc s’assurer qu’on retrouvera dans chaque établissement un nombre suffisant de ce personnel pour réussir l’implantation de ce plan d’action numérique », prévient Suzanne Tousignant.

Des inquiétudes liées au manque de personnel

La leader syndicale ne cache pas avoir certaines inquiétudes alors qu’il existe de réels problèmes d’attraction-rétention chez le personnel professionnel.

« Au cours de la dernière année, certains collèges ont eu de la difficulté à embaucher des analystes informatiques ou des conseillers pédagogiques TIC. Ce fut le cas dans quelques cégeps, notamment à Montréal et Québec, où il s’est écoulé près d’un an entre le moment du premier affichage de poste et l’entrée en fonction de la personne. La cause première est la rémunération versée dans le réseau collégial, qui n’est pas compétitive », précise Suzanne Tousignant.

Des chiffres significatifs

Les données provenant de l’Institut de la statistique du Québec démontrent d’ailleurs que le salaire versé en 2017 à un analyste informatique dans le réseau collégial variait entre 42 305 $ et 78 123 $ par année, alors qu’il était en moyenne de 62 909 $ à 86 155 $ dans les autres secteurs. Il s’agit d’une perte de salaire de 9 % à 33 % pour celui qui travaille dans un cégep. Même écart désavantageux pour les conseillers pédagogiques du réseau collégial, qui gagnent, en 2018, entre 42 391 $ et 80 368 $ dans les collèges, comparativement à un salaire annuel moyen variant entre 60 032 $ et 90 827 $ dans le secteur universitaire. Une différence qui varie entre 12 % et 29 %.

Ces chiffres font dire à la présidente de la FPPC-CSQ que, si l’on ne corrige pas la situation, le problème d’attraction-rétention va demeurer. « Dans ce contexte, il ne sera pas facile de procéder à l’implantation de la nouvelle stratégie, ce qui occasionnera du travail supplémentaire au personnel, alors que celui-ci se trouve déjà dans une situation de surcharge », dénonce Suzanne Tousignant.

Une surveillance attentive

La FPPC-CSQ entend donc être vigilante lors de l’implantation du plan d’action numérique annoncé.

« Les mesures dévoilées sont prometteuses, mais nous devons nous assurer que le plan d’action ne sera pas implanté d’une façon précipitée. Il faut aussi veiller à ce qu’on procède à l’acquisition des bons outils et qu’il y ait suffisamment de personnel compétent pour les utiliser », conclut Suzanne Tousignant.

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