Édition du 16 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections 2018

Plus de place mais plus le mépris...une coïncidence ?

L’élection québécoise de 2018 marquera l’histoire par le nombre record de femmes candidates. En 2014, ce sont 241 femmes sur 814 candidatures qui ont été candidates soit 30%. Résultats : 34 femmes soit 27% ont été élues : 18 pour le PLQ, 8 sur 30 élus pour le PQ, 6 sur 22 pour la CAQ, 2 sur 3 pour QS ( Le Devoir, Grand bond de la députation féminine, 2 octobre 2018, p. A5).

En 2018, pour tous les partis confondus y compris les candidatures indépendantes, ce sont 375 candidates qui se sont présentées sur 940 candidatures soit 40% (Le Soleil, 940 candidatures en lice, 17 septembre 2018 p.11). Le PLQ en a présentée 55, le PQ bon dernier avec 50, la CAQ 65 et QS 65 (Le Soleil, Candidatures aux élections, Patricia Cloutier, p. 12). Et les résultats : 52 femmes ont été élues soit 42% de la députation : 38% des femmes caquistes ont été élues, 16 femmes sur 32 pour le PLQ, 5 sur 10 pour Qs et 3 sur 9 (soit 33% ) pour le PQ. (Le Soleil, Une percée pas si profonde pour Qs, Jean-François Cliche, p.8)

À noter une candidature non genrée a été présenté par QS.

Mais au-delà des chiffres

Mais au-delà des chiffres, il faut se réjouir de la place que les femmes ont décidé de prendre. Les campagnes du Conseil du Statut de la femme et des groupes communautaires et féministes comme Femmes démocratie et politique ont donc porté fruits. Les femmes hésitent moins et ont plus confiance en elle.

Il faut ici mentionner l’impact des mouvements ME TOO qui ont incité les femmes à dénoncer le harcèlement et les violences dont elles ont été victimes. Ce mouvement de dénonciation a créé un climat de mobilisation des femmes. Pour les primaires aux États-Unis, un nombre record de femmes se présentent aux élections. Cela n’est pas sans influence au Québec.

Mais il reste beaucoup de chemin à faire pour une réelle reconnaissance des femmes en politique.

Présenter une femme pour atteindre la parité est une chose mais présenter une femme pour qu’elle soit élue en est une autre. La CAQ a été reconnu comme ayant présenté plus de femmes mais dans des comtés moins gagnables.

« Et c’est tout a fait cohérent avec l’enquête de l’Actualité, notons le, qui avait trouvé que la CAQ envoyait beaucoup plus de femmes (350 que d’hommes (7%) dans les circonscriptions perdues d’avance et, à l’inverse, plus d’hommes ( 46%) que de femmes (18%) dans des ‘comtés sûrs’ ». (Le Soleil, Une percée pas si profonde pour Qs, Jean-François Cliche, p.8)

Plus de femmes comme candidates, mais où, voilà un premier questionnement qui relativise la présente poussée des femmes en politique.

Et, un coup élues, auront-elles un rôle et des responsabilités politiques à assumer ? La CAQ s’est engagé à créer un conseil des ministre paritaire. C’est à suivre.

Et le mépris

Malgré le nombre record de candidates aux élections de 2018, un aspect doit être mis en corrélation.

Plus de femmes mais aussi plus de mépris 

C’est le ton paternaliste de monsieur Couillard envers madame Massé au premier débat et ce sont, envers madame Massé encore, les propos des plus violents de monsieur Lisée qui se sert de sa mère féministe pour poser une question difficile à madame Massé.

Du jamais vue. Mais il faut dire que les femmes n’étaient pas au débat des chefs. Maintenant elles y sont et sont victimes de violence.

Plus de femmes mais aussi plus de mépris 

« C’est tiré par les cheveux », « c’est l’erreur de Lisée », « il faut pas généraliser » ‘c’est une coïncidence »

Du mépris, du mépris, du mépris

Il n’y a pas de coïncidence. La place des femmes pour le système capitaliste c’est à la maison et au besoin comme cheap labor sur le marché du travail...pas en politique. Et si jamais les femmes n’en font qu’à leur tête, la bête noire de la violence et du patriarcat veille au grain.

Plus de femmes aux primaires aux États-Unis...que fait Trump. Il mène campagne contre le Dr Ford qui accuse le juge Kavanaugh de violences sexuelles. Il la ridicule et qualifie l’époque de terrifiante pour les jeunes hommes justifiant ainsi les actions de violences faites aux femmes.

Les femmes sont tolérées en politique pas acceptées. Qu’on s’en souvienne.

Chloé Matte Gagné

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