Édition du 21 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Politique québécoise : trois exigences minimales

On peut s’interroger sur la façon de bien regrouper les forces de gauche au
Québec à la suite du résultat très décevant des élections du 7 avril
dernier.

Pour ce faire, rappelons-nous toutefois que les électrices et les électeurs ont une marge de manoeuvre assez mince, sachant que notre système électoral est fabriqué sur mesure pour favoriser la domination du bipartisme.

Il convient aussi de se demander qui sont ces quelque 25 % des personnes ayant voté qui ont accordé leur voix au Parti québécois. Quelle est la part de nationalistes traditionnalistes de droite ? Quelle est la part de socio-démocrates ultrapatients et résignés ?

Puis, chez l’électorat qui a appuyé le Parti libéral, très
vraisemblablement pour sanctionner le gouvernement péquiste, quelle est la part de modéréEs ?

Chez les caquistes, il y a sûrement des électrices et électeurs séduits par des propositions faciles à énoncer, qui semblent pleines de bon sens : alléger le fardeau fiscal des contribuables, faire le ménage dans
l’administration.

Étant donné le blocage que constitue le mode de scrutin actuel, qui a
toujours pour résultat que 60 % des électrices et des électeurs sont
ignorés par le pouvoir, il est plus que jamais nécessaire d’axer la
pédagogie politique sur trois exigences essentielles et minimales pour
assainir le climat politique et favoriser une diversité de propositions
plutôt que de toujours devoir choisir entre deux équipes qui se vantent
chacune à tour de rôle d’être la plus à même d’attirer les investisseurs.
N’est-il pas plus mobilisateur de promouvoir l’humanité plutôt que la
comptabilité ?

La première exigence est qu’on dispose enfin d’un mode de scrutin
proportionnel. Aucune concession ne devrait être faite là-dessus. Un parti qui prétend vouloir d’abord le pouvoir pour le partager ensuite se comporte de façon hypocrite. Il faut s’annoncer comme étant prêt à le partager d’avance, sinon ce n’est que tactique (très malencontreusement nommée stratégie).

La deuxième exigence que devraient avoir les électrices et les électeurs est une question de réalisme lié carrément à la survie des générations à venir. On aura beau avoir l’économie la plus florissante pour les 1 % dominants, à quoi cela sert-il si les générations à qui nous avons emprunté la terre doivent souffrir au point de respirer à peine ? Un parti politique qui ne s’engage pas dès maintenant dans la sortie de notre dépendance au pétrole se comporte comme un éthylique dansant à deux pas de la bouche d’un volcan actif.

La troisième nécessité est celle de fournir à l’État les moyens de ses
politiques. Ces moyens sont accessibles facilement puisque depuis 30 ans le
gouvernement se prive volontairement de revenus auxquels il avait déjà
recours. Il faut savoir qu’une meilleure répartition des catégories de
revenus imposables aurait pour effet de diminuer les impôts de la majorité
des citoyenNEs et de faire payer une plus juste part à celles et ceux,
ainsi que les entreprises, qui en ont les moyens.

Résumons-nous, dans les quatre ans à venir, il est possible de réunir un
électorat soucieux de son avenir, de la justice et du bien commun autour de trois revendications essentielles pour redonner un sens à la politique québécoise : le mode de scrutin proportionnel, la sortie de la dépendance aux hydrocarbures et l’accès de l’État aux moyens de ses politiques.

LAGACÉ, Francis

Francis Lagacé

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