Édition du 12 décembre 2017

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Éducation

Premier programme public de psychothérapie - La FPPC-CSQ demande également plus de psychologues dans les cégeps

MONTRÉAL, le 7 déc. 2017 - La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), salue l’initiative du gouvernement du Québec de créer un programme public de psychothérapie, mais espère que cela n’aura pas d’incidence négative sur les services des psychologues offerts dans les collèges.

La vice-présidente de la FPPC-CSQ, Élise Poudrette, voit d’un bon œil l’annonce, au cours des derniers jours, par le ministre de la Santé et des Services sociaux, d’un investissement récurrent de 35 millions de dollars pour la mise sur pied du nouveau programme. Celui-ci vise à rendre plus accessible la psychothérapie, notamment pour les personnes souffrant de troubles anxieux ou de dépression. Il faut remarquer que ce service est souvent rendu par des psychologues, mais pas exclusivement.

« Cette démocratisation de l’accès au service de psychothérapie est la bienvenue puisqu’elle répond à des besoins réels. En effet, le nombre de psychologues œuvrant actuellement dans le réseau public est insuffisant pour répondre aux besoins des personnes souffrant de troubles de santé mentale. L’annonce du ministre va corriger quelque peu la situation », explique Élise Poudrette.

Un âge critique pour le dépistage

La vice-présidente de la FPPC-CSQ invite cependant le gouvernement Couillard à manifester la même sensibilité à l’égard des besoins également importants de psychologues dans les cégeps du Québec.

« Les études démontrent que c’est particulièrement à l’âge des cégépiennes et des cégépiens qu’apparaissent les problèmes de santé mentale. Il est donc important d’avoir un nombre suffisant de psychologues dans nos établissements collégiaux pour faire le dépistage et l’évaluation de troubles mentaux, ainsi que la prévention et la sensibilisation auprès des jeunes comme de l’ensemble du milieu afin d’intervenir de façon plus précoce », fait valoir Élise Poudrette.

Elle ajoute que la proximité des services est aussi déterminante pour ce groupe d’âge.

Une offre de services nettement insuffisante

La vice-présidente précise qu’on est présentement loin du compte puisque l’on dénombre seulement une cinquantaine de psychologues dans l’ensemble des collèges fréquentés par 180 000 étudiantes et étudiants.

« Il est clair que les psychologues ne sont pas assez nombreux pour assumer l’ensemble des mandats qui leur incombent dans le milieu collégial. Il y a même des cégeps où l’on ne compte aucun psychologue. De plus, au contraire de leurs collègues travaillant dans le réseau scolaire ou dans le système de santé et de services sociaux, les psychologues dans le réseau collégial n’ont pas droit à une prime de rétention, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’attraction-rétention », mentionne la leader syndicale.

Un gouvernement qui doit faire un pas de plus

La vice-présidente de la FPPC-CSQ demande donc au gouvernement Couillard de poursuivre plus loin sa réflexion à l’effet que l’offre de services en santé mentale a été « probablement insuffisamment développée », en reconnaissant que c’est également le cas dans les cégeps.

« Le psychologue déjà présent dans le collège est le mieux placé pour établir un contact avec les jeunes, dépister ceux qui ont des troubles de santé mentale, évaluer leur situation et intervenir auprès d’eux pour les aider. Le psychologue joue souvent un rôle de liaison vers d’autres services. Le gouvernement doit donc également faire en sorte d’augmenter le nombre de psychologues dans les collèges pour, là aussi, développer une offre de services qui n’est malheureusement pas à la hauteur des besoins », conclut Elise Poudrette.

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