Édition du 20 novembre 2018

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Nucléaire

Quatre-vingt-sept groupes demandent une enquête sur la gestion fédérale des déchets nucléaires

Les récentes fortes tornades à Ottawa-Gatineau soulignent leurs préoccupations

Ottawa, le 26 septembre 2018. Deux grands chefs des Premières nations du Canada comptent parmi les 43 nouveaux cosignataires qui ont ajouté leurs voix le 21 septembre à un appel officiel visant à obtenir une enquête du vérificateur général du Canada, M. Michael Ferguson, sur la gestion par le gouvernement du Canada des déchets radioactifs hautement toxiques de longue vie.

La demande d’enquête, envoyée une première fois au Bureau du vérificateur général du Canada le 21 août 2018, a maintenant été signée par 87 groupes ou organisations de partout au Canada : Premières nations, ONG et groupes de citoyens. Les grands chefs Glen Hare de la Nation Anishinabek et Joseph Tokwiro Norton du Conseil Mohawk de Kahnawake comptent parmi les cinq cosignataires autochtones.

Les préoccupations portent sur l’élimination de grandes quantités de déchets nucléaires de longue vie et hautement toxiques à côté des rivières des Outaouais et Winnipeg. Les projets visant à créer un monticule géant de déchets nucléaires (autres que le combustible nucléaire irradié) aux laboratoires de Chalk River appartenant à l’administration fédérale et à « enterrer » dans le béton deux réacteurs nucléaires hors service appartenant au gouvernement fédéral entrent en conflit avec les directives de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), un organisme des Nations Unies dont le Canada est un État membre.

Le vendredi 21 septembre 2018, le jour même où la lettre révisée a été adressée au vérificateur général, la région d’Ottawa-Gatineau a été frappée par deux fortes tornades qui ont causé de graves dommages aux habitations et à l’infrastructure électrique. Quatre tornades additionnelles de moindre force ont causé des dommages importants à l’ouest et au nord d’Ottawa-Gatineau à peu près au même moment.

Réal Lalande, d’Action Climat Outaouais, un des groupes faisant appel au vérificateur général, a laissé entendre que les récentes tornades sonnent l’alarme au gouvernement du Canada pour qu’il reconsidère ses plans de créer un monticule géant pour entreposer des déchets radioactifs de longue vie près de la rivière des Outaouais.

« Un coup d’œil à l’horrible destruction qui a eu lieu à Ottawa-Gatineau la semaine dernière devrait indiquer clairement que vous ne pouvez pas empiler des déchets radioactifs de longue vie dans un monticule géant », a déclaré M. Lalande « Il y a de très bonnes raisons pour lesquelles l’Agence internationale de l’énergie atomique préconise la mise en terre de ces déchets et le gouvernement du Canada doit commencer à y prêter attention », a-t-il ajouté.

Ole Hendrickson, chercheur chez Concerned Citizens of Rewfrew County and Area, note qu’il existe des preuves scientifiques que les tornades deviennent plus fortes dans notre climat changeant. Les précipitations extrêmes et les inondations sévères, telles que celles qui se sont produites dans la vallée de l’Outaouais l’année dernière, sont également caractéristiques d’un climat changeant. « Cela souligne qu’il est inacceptable de laisser des déchets radioactifs exposés dans un monticule de surface ou de les abandonner à côté de cours d’eau qui fournissent de l’eau potable à des millions de personnes », a-t-il déclaré.

Cent trente-cinq (135) municipalités du Québec ont adopté des résolutions exprimant leur opposition et/ou leurs préoccupations à propos des plans fédéraux d’entreposage des déchets nucléaires qui contamineraient la rivière des Outaouais.

La lettre au vérificateur général décrit de graves problèmes tels que des déficiences majeures aux politiques nationales sur les déchets radioactifs, l’augmentation rapide des dépenses dans un cadre de privatisation, la « capture du régulateur » dans la mesure où la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) sert les intérêts de l’industrie qu’elle devrait réglementer plutôt que les intérêts des Canadiens, ainsi que les évaluations environnementales ratées. Ces problèmes sont détaillés dans une série de pétitions en matière d’environnement adressées au commissaire à l’environnement et au développement durable, qui travaille pour le vérificateur général.

« Ces échecs et les dépenses inappropriées des fonds publics créent de graves risques pour la santé des générations actuelles et futures de Canadiennes et Canadiens et pour notre environnement », a déclaré Theresa McClenaghan, directrice générale et avocate de l’Association canadienne du droit de l’environnement. « Nous pensons que l’argent est dépensé sans tenir dûment compte de l’économie, de l’efficacité et de la protection de l’environnement », a-t-elle ajouté.

Les fonctions du vérificateur général du Canada consistent à porter à l’attention des instances parlementaires les dépenses qui seraient effectuées sans tenir dûment compte de l’économie, de l’efficacité et des effets environnementaux de ces dépenses dans le contexte du développement durable.

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