Édition du 12 décembre 2017

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Raciste, homophobe, pro-torture : Bolsonaro, l’ancien militaire qui pourrait devenir président du Brésil

Mi-septembre, un général de l’armée brésilienne évoquait la possibilité d’un nouveau coup d’État, plus de 50 ans après celui qui avait instauré une brutale dictature militaire en 1964. Mais dans un pays bouleversé par une crise politique et institutionnelle profonde, ces appels à l’ordre trouvent un certain écho. À un an des présidentielles, un ancien militaire connu pour ses positions violentes et ultra-conservatrices, Jair Bolsonaro, fait partie des candidats bien placés. Qui est-il, et quels sont ses soutiens ? Bastamag publie la traduction d’un article issu du site d’information indépendant brésilien Agência Pública.

Tiré de Basta Mag.

Jair Bolsonaro, un ancien militaire de 62 ans candidat à la prochaine élection présidentielle brésilienne, ne se soucie pas de savoir si son discours va effrayer d’éventuels soutiens et donateurs. Face aux questions qui l’incommodent, il dégaine sa rhétorique habituelle : une logorrhée sans fin, qui l’amène à évoquer un « appel divin » pour sauver le pays « du bazar » actuel. Le député de l’État de Rio de Janeiro est bel et bien entré dans la course à la direction du pays tout entier.

Ces derniers mois, avec la montée en puissance de sa candidature dans différents sondages – selon les instituts, il est crédité de 15 à 20 % d’intentions de votes, en deuxième position derrière l’ancien président Lula –, les sollicitations des banques, des agences et fonds d’investissements, en plus des entreprises et des consultants, se sont multipliées. Tous veulent mieux connaître ce candidat d’extrême droite qui a conquis une légion d’admirateurs avec un discours autoritaire et plein de préjugés.

Discours nationalistes en défense de la famille

Bolsonaro commence aujourd’hui à séduire des milieux qui lui étaient étrangers auparavant, comme la communauté juive ou le cercle des grands propriétaires terriens. Selon les sondages, le politicien recueille de plus en plus de soutien parmi les électeurs les plus éduqués, jeunes et riches, ce qui bouleverse sa base traditionnelle, formée en majorité de policiers et de militaires. Son ton direct, ses discours nationalistes en défense de la famille et des valeurs chrétiennes, trouvent de l’écho dans un électorat toujours plus conservateur et se disant « anti-système », comme l’ont montré les résultats des élections municipales de l’année dernière (le Parti des travailleurs, de centre-gauche, y a perdu un grand nombre de grandes villes face à la droite, dont la capitale économique, São Paulo).

Le thème de la lutte contre la criminalité est aussi en bonne place dans ses discours, en phase avec ce qui apparaît comme l’une des principales préoccupations des Brésiliens. Bolsonaro promet de la combattre avec toujours plus d’armes. Selon les sondages, 57 % de la population brésilienne seraient en accord avec la déclaration suivante : « Un bon bandit est un bandit mort ».

Intérêt croissant des milieux industriels et financiers

« Je ne vais pas faire de pacte avec le diable pour me faire élire, a déclaré le politicien. Si c’est pour faire la même chose que les autres, on oublie. » Bolsonaro a mené sa carrière presque seul, sans la structure d’un grand parti ou d’un allié de poids. Son projet présidentiel le place aujourd’hui à un tout autre niveau. Il perçoit déjà combien sa candidature convient tout à fait à certains secteurs de la droite brésilienne qui ont profité de la destitution de Dilma Roussef. Au-delà du climat antipétiste (contre le PT, le Parti des travailleurs de Lula et Dilma Roussef) qui a gagné le pays, Bolsonaro attribue sa popularité à ses revendications, qui ont peu évolué depuis son arrivée à la Chambre des députés au début des années 90.

Le présidentiable ne donne pas les noms de ses nouveaux interlocuteurs – « Je ne veux pas les cramer, c’est une relation de confiance ». De même, les industriels qui l’ont rencontré récemment sont réticents à assumer publiquement leur allégeance. La majorité d’entre-eux le considère comme un aventurier. Mais certains le défendent. « Je sais qu’il y a des gens qui utilisent mon nom pour demander de l’argent, j’ai même enregistré une vidéo pour dire de ne pas leur en donner. Un chef d’entreprise m’en a récemment offert, mais j’ai refusé. Ils offrent de bonne foi, mais je n’ai jamais accepté, et je n’accepterai pas. »

L’une des ces récentes rencontres était organisée avec des économistes de la banque BTG-Pactual, une grande banque d’investissements brésilienne. Des consultants de fonds d’investissement qui accompagnent au jour le jour le Congrès lui font des appels du pied pour entamer un dialogue, à l’exemple du fonds Oppotunity du banquier Daniel Dantas [un multi-millionnaire mis en cause dans plusieurs affaires de corruption, ndlr].

Un programme économique inexistant

Néanmoins sur les questions économiques, Bolsonaro renonce à son arrogance habituelle : il admet ne pas savoir grand chose et dit qu’il est prêt à apprendre. Le modèle économique qu’il défend reste inconnu. Sur ce point, sa popularité importante, moins d’un an avant les élections, reste inquiétante pour les marchés et la majorité des investisseurs.

XP Investimentos, l’un des géants du secteur du conseil en investissement au Brésil, a réalisé une analyse sur les élections de 2018 pour savoir comment réagiraient la bourse et le dollar en fonction des différents scénarios de victoire de l’un des candidats aujourd’hui en course : Doria (João Doria, entrepreneur et ancien présentateur de talk show, élu maire de São Paulo l’année dernière pour le parti de droite PSDB), Lula (ancien président du Brésil de 2003 à 2011, Parti des travailleur, PT), Alckmin (Geraldo Alckmin, du parti de droite PSDB, gouverneur de l’État de São Paulo), en plus de Bolsonaro.

Conclusion : le scénario le plus incertain est celui qui aboutirait à une victoire de l’ancien militaire. La plupart des investisseurs et analystes estiment que, dans le cas où Bolsonaro serait élu, l’indice boursier du Brésil (Ibovespa) chuterait fortement. De même, les analystes parient sur une dévalorisation importante du real, la monnaie brésilienne, par rapport au dollar.

Forte popularité sur les réseaux sociaux

À Brasilia, la capitale, la routine de Jair Bolsonaro a aussi changé. Vu comme un excentrique par ses pairs, il n’arpente plus les couloirs du Congrès seul, comme par le passé. Aux curieux qui s’approchent, il tient des discours enflammés, comme mi-août dans le salon vert du Congrès, lorsqu’il s’est adressé à une trentaine d’adolescents qui visitaient le Parlement avec leur école. Bolsonaro est toujours entouré de téléphones portables, chacune de ses apparitions alimentant les réseaux sociaux où il figure en leader absolu de l’audience parmi les présidentiables.

Son petit bureau – la plupart de ses employés et conseillers sont des anciens militaires – est également bondé. Des files se forment pour que les sympathisants se prennent en photos ou se filment aux côtés du député, qui a même peint à l’entrée de son bureau un drapeau national avec son nom pour servir de décor aux images et vidéos qui inondent ses réseaux de soutien. Le profil de ses visiteurs est varié : des policiers, des étudiants blancs et riches, des personnes originaires du Nord du Brésil, des gens plus ou moins pauvres.

Dans ses vidéos, il termine presque toujours par le refrain « Nous sommes unis », en mimant tenir une arme, avec l’index et le pouce tendus. Le geste est-il une stratégie pour s’opposer au slogan « Accélère » de João Doria, son rival éventuel parmi l’électorat riche et éduqué ? « Vous savez à quoi servent ces deux doigts ? » a-t-il demandé, tout faisant avec la main le signe popularisé par le maire de São Paulo. « À envoyer Doria se faire voir l’année prochaine ».

Un nostalgique des assassinats perpétrés par la dictature

La violence verbale est aussi l’une de ses marques de fabrique, et une manière de captiver son audience. Le Tribunal suprême fédéral a ainsi confirmé sa condamnation à payer 10 000 réais (2700 euros) de dommages moraux à sa collègue Maria do Rosário, du PT. En 2014, suite à une débat à la chambre, Bolsonaro avait déclaré qu’il ne violerait pas la députée car elle ne le « méritait pas ».

Ces types de déclaration se sont accumulés au fil de sa carrière parlementaire. Il répète à longueur d’interviews avoir des « préjugés et en [être] très fier », qu’il « ne pourrait pas aimer un fils qui serait homosexuel », que « la femme doit gagner un salaire moindre parce qu’elle tombe enceinte », que « la dictature aurait dû en tuer 30 000, à commencer par Fernando Henrique Cardoso » (éminent sociologue, président du Brésil de 1995 à 2003) et que, en tant qu’ancien capitaine de l’armée, sa « spécialité est de tuer ».

Il y a environ un an, Jair Bolsonaro s’est assis avec Olga Curado, consultante en image et en communication, pour un « training ». Ces séances de coaching ont été payées par le Parti social-chrétien (droite), auquel Bolsonaro s’est affilé l’année passée et dont il a déjà démissionné, après un désaccord avec son président. Il a ensuite conclu un accord avec un autre petit parti, le Partido ecológico nacional, une formation qui devrait bientôt changer de nom pour « Les patriotes » afin de lancer la candidature de Bolsonaro à la présidentielle.

Sympathie des milieux militaires

Le présidentiable se préoccupe beaucoup de son image – spécialement quand elle risque d’entrer en contradiction avec son discours anti-corruption. Accumulant sa retraite de l’armée et son salaire de député, il dépasse de beaucoup le plafond constitutionnel de 33 000 reais (8850 euros). Il affirme avoir récemment sollicité l’armée pour une révision de son salaire. Cette dernière a réagi dans une note, affirmant que, « jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait reçu aucune demande de lui à ce sujet ».

Comment un candidat qui se dit moraliste justifie-t-il un salaire supérieur au plafond légal ? Avec irritation et agressivité, comme de coutume en de telles occasions, en répondant : « Pose la question ! Tu es venu ici seulement pour ça ? » Une autre caractéristique partagée avec Donald Trump, que Bolsonaro dit admirer, est la critique de la presse et des journalistes, bien que son discours soit rempli de mensonges et d’informations sciemment déformées, à la manière de l’actuel président des États-Unis.

De la part de l’armée, où il e été actif pendant quinze ans et avec qui il entretient une relation marquée par la méfiance, Bolsonaro reçoit néanmoins aujourd’hui des signaux de sympathie. L’un des des 17 généraux qui font partie du haut-commandement militaire a déjà fait son éloge public dans les cercles de Brasilia. Selon un officier de réserve, son rapprochement avec les forces armées a une explicitation simple : l’opportunisme.

Pour le droit au port d’arme

Des préoccupations et des agendas convergents ont rapproché Bolsonaro et le commandant en chef de l’armée, Villas Boas – par exemple sur la revalorisation de la carrière militaire, l’armement, ou des modifications législatives dans l’intérêt des militaires. Les deux défendent une réforme pour que les homicides commis par des membres des forces armées en mission de sécurité publique – comme cela se passe en ce moment à Rio de Janeiro – soient soumis à la justice militaire, et non comme aujourd’hui à la justice civile. Les deux parlent de « sécurité juridique ».

Il existe une autre convergence à travers leur lobbying pour autoriser le port d’armes à feu pour les collectionneurs, chasseurs et membres de clubs de tirs, un sujet en discussion au Congrès brésilien. Villas Boas et Bolsonaro entretenaient d’ailleurs une relation étroite à la chambre des députés entre 2001 et 2003, période pendant laquelle le commandant de l’armée était conseiller parlementaire des forces armées.

Divisions au sein de la communauté juive

Récemment, le politicien a en outre opéré un rapprochement avec la communauté juive brésilienne. En 2016, quand le Sénat approuvait la destitution de Dilam Roussef, Bolsonaro se rendait à Jérusalem pour être baptisé dans le fleuve Jourdain. Depuis, sa relation avec les juifs du Brésil s’est encore renforcée – ce qui a divisé la communauté de Rio de Janeiro, où il dispose de quelques soutiens. Il y a quelques mois, l’évocation de son nom pour donner une conférence au sein d’une institution juive de São Paulo a suscité une vive réaction. La conférence a été annulée.

En réponse, ses soutiens l’on invité au club Hebraica de Rio. Tenue en avril, la conférence a été précédée d’une manifestation d’opposants, des membres de la communauté juive et des mouvement sociaux. Dans son discours, Bolsonaro promettait, s’il est élu, d’en finir avec les terres indigènes et les quilombolas de descendants d’esclaves (communautés autonomes d’afro-descendants issues des rébellions d’anciens esclaves, ndt) et affirmait que le Brésil ne pouvait pas ouvrir ses portes à tout le monde.

Un futur soutien de l’ultra-droite israélienne ?

« Il envoie des signaux à l’extrême droite juive pour faire croire qu’il soutient Israël, mais son intérêt vise plutôt l’industrie militaire de ce pays, qui est puissante et dispose d’argent », affirme Sérgio Storch, fondateur du Réseau des juifs brésiliens progressistes (Juprog), l’une des voix critique contre la conférence de Bolsonaro au club Hebraica de Rio. L’une des ces entreprises est Elbit, qui a son siège à Haifa, et est présente au Brésil via une filiale, AEL Systèmes. Celle-ci est le principal fournisseur d’équipements électroniques avancés de la plupart des programmes militaires en cours au Brésil.

José Roitberg, journaliste et chercheur, membre de la direction de la fédération israélite de Rio de Janeiro (Fierj), est au contraire l’un des soutiens de Bolsonaro dans la communauté juive. Il attribue les « hurlements malpolis » prononcés contre le député lors de la conférence à des juifs « socialistes et communistes ». « Oui, il existe un soutien aux idées politiques de Jair Bolsonaro dans la communauté juive de Rio. Le pourcentage de 20% de Brésiliens qui soutiennent la gauche se reflète aussi dans la communauté juive brésilienne. Ainsi, il reste 80 % de la communauté qui a des bonnes chances de soutenir Bolsonaro », assure-t-il.

Lors de son voyage à Jérusalem, Bolsonaro était accompagné de son fils Eduardo, lui aussi député fédéral. À son retour, celui-ci a envisagé d’accrocher un drapeau israélien dans son bureau – voisin de celui de son père et rempli d’autocollants et de photos de campagnes pour le droit au port d’arme. Jair Bolsonaro garantit être revenu d’Israël avec la promesse du soutien du gouvernement israélien dans le cas où il serait élu président. « J’ai toujours admiré le peuple juif, le pays est une île de démocratie au milieu de tant de dictatures. C’est un peuple qui veut se rapprocher de nous », expliquait-il.

À l’armée : « ambitieux », « indiscipliné », « déloyal »

Député fédéral depuis plus de 25 ans, Bolsonaro a derrière lui l’une des carrières les plus discrètes du Congrès – « comme la majorité ici, » répond-il. En 2014, pour sa sixième réélection, il est pourtant le député le mieux élu de l’État de Rio de Janeiro avec un budget de campagne relativement modeste, selon les sommes déclarées au Tribunal suprême fédéral (environ 400 000 reais, soit 107 000 euros).

Né à Campinas, dans l’État de São Paulo, en 1955, il aurait dû s’appeler Messias, qui est devenu son deuxième prénom – c’était une exigence de sa mère, catholique. Mais c’est la passion de son père pour l’équipe de foot de Palmeiras qui a prévalu. Il a fini par recevoir le nom de Jair en hommage à Jair Rosa Pinto (1921-2005), milieu de terrain qui a joué pour le club de São Paulo entre 1949 et 1955. Des sept fils de cette famille, seuls deux ont fait carrière dans l’armée, où le jeune Jair entre en 1973, à l’âge de 18 ans, avant de se former en 1977 à l’académie militaire des Agulhas Negras, le cours préparatoire des futurs officiers.

Mais la suite de sa carrière militaire n’a rien de glorieux : il est parfois sanctionné, et a même été accusé et jugé pour avoir planifié avec un autre officier des attentats à la bombe dans des unités militaires de Rio. En 1983, alors lieutenant, il s’engage dans une activité de prospection d’or. Selon un document de l’armée, il fait alors preuve d’ « immaturité » et d’« ambition excessive dans ses projets financiers et économiques ». Quelques années plus tard, il est également accusé d’ « indiscipline » et de « déloyauté » pour avoir écrit dans la revue Veja un article sans autorisation de son supérieur.

« J’ai un tamis dans ma voiture »

Les poursuites contre Bolsonaro sont finalement classées. Mais en 1988, l’armée l’exclut des services actifs et le « place en réserve rémunérée ». Il entre alors en politique. Son « ambition excessive à se réaliser financièrement et économiquement », se concrétise ensuite. Dans la déclaration de biens transmise à la justice électorale en 2014, il a déclaré un patrimoine de 2 074 692 réais (525 000 euros), incluant un appartement à Brasilia, trois maisons à Rio, des placements financiers, des voitures, un bateau – il a demandé au ministère public l’autorisation de pêcher dans des zones interdites – et une maison à Mambucaba, un district de Angra dos Reis, sur le littoral de Rio, aux eaux cristallines.

« Y a -t-il un crime à être ambitieux ? Mon père a prospecté pendant longtemps, c’est une chose qui ne vous quitte pas. C’est comme voir un beau fleuve et vouloir y pêcher ; c’est la même chose avec la prospection d’or. J’ai un tamis dans ma voiture. Si je vais quelque part où il y a un fleuve, je vais jeter un œil. J’ai de l’ambition », a-t-il répondu à ses détracteurs.

Il a fait montre à plusieurs reprises de cette ambition. En 1996, il choisit sa première femme comme conseillère municipale à Rio de Janeiro. Puis en 2000, son fils le plus âgé – Carlos, qu’il appelle « zéro-un », tandis que ses deux autres fils sont « zéro-deux » et « zéro-trois »... – est choisi pour disputer et battre dans les urnes sa propre mère, Rogéria qui, face au barrage de son ex-mari, n’a plus été élue à aucune charge.

Objectif de père en fils : « Droitiser » le pays

Après son fils ‘“zéro-un” – conseiller municipal à Rio depuis, et qui doit candidater pour le Sénat l’année prochaine –, l’ex-militaire pousse “zéro-deux” (Flávio, député de l’État de Rio), et “zéro-trois” (Eduardo, député fédéral) à se faire réélire à leurs charges respectives aux prochaines élections. Les trois fils – qui reproduisent les manies et préjugés du père – vont s’affilier au parti Les Patriotes. Leur objectif ? « Droitiser » le pays. Le plus grand défi de l’ex-militaire sera de maintenir un haut niveau d’intentions de vote jusqu’à l’année prochaine – le Brésil a déjà vu un très grand nombre de pré-candidats qui paraissaient bien positionnés un an avant l’élection, avant de se disperser comme de la poussière ensuite.

Sa relation trouble avec le parti PSC (lié à l’Assemblée de Dieu, la plus grande église évangélique du pays) et les critiques récentes du pasteur Silas Malafaia – qui a déclaré son soutien à João Doria et a critiqué la machine à fake news qui entoure la candidature de Bolsonaro – montrent que sa route ne sera pas aussi facile que le suggèrent les sondages. Sans parler du temps de parole à la télévision, qui peut être décisif pendant les élections présidentielles : son micro-parti ne bénéficiera que de quelques petites secondes d’antenne seulement.

Bolsonaro promet néanmoins de continuer à incarner l’outsider radical de toujours, le candidat au profil « anti-système » valorisé par un électorat profondément désillusionné : « Je suis seul contre tous, et tous ont peur de moi ».

Lucas Ferraz
Traduction : Rachel Knaebel / Basta !

Cet article a été publié à l’origine par le site d’information indépendant brésilien Agência Pública.

Lucas Ferraz

Journaliste pour le site d’information indépendant brésilien Agência Pública. https://apublica.org/

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