Édition du 13 novembre 2018

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Elections et mouvements sociaux

Réaction à la position de la CAQ sur Anticosti

Les Québécois ont assez payé pour le pétrole, place à l’UNESCO et au tourisme mondial sur l’île !

« Les Québécois ont payé trop cher l’aventure pétrolière désastreuse sur Anticosti pour avoir le goût d’y retourner. Il faut maintenant obtenir l’inscription d’Anticosti comme joyau du patrimoine de l’UNESCO, protéger l’île et en faire une destination touristique mondiale », ont déclaré d’une seule voix John Pineault , maire d’Anticosti, et Christian Simard de Nature Québec. Ils réagissaient à la réponse donnée par la CAQ et les autres partis politiques sur l’avenir de l’île dans le cadre du questionnaire soumis par les groupes environnementaux aux différents partis politiques dans le contexte électoral québécois.

Rappelons que la CAQ a inscrit une fin de non-recevoir à la demande d’appui à la reconnaissance de l’île à l’UNESCO et à la création d’un fonds de développement et de mise en valeur de 30 millions $. Le parti a plutôt rouvert la porte à un éventuel retour du pétrole en ces termes : « Si d’autres projets (pétroliers) venaient à être présentés prochainement, un gouvernement de la CAQ sera ouvert à les évaluer à leur mérite avant de prendre une décision sur le statut de l’île d’Anticosti. »

La municipalité d’Anticosti et Nature Québec invitent les électeurs à interpeller les candidats locaux et à relancer les chefs des partis politiques sur le sort qu’ils entendent réserver à la plus grande île du Québec. Anticosti est le seul site québécois à être inscrit sur la liste indicative canadienne pour le patrimoine mondial, un répertoire des lieux patrimoniaux naturels et culturels les plus susceptibles d’être reconnus par l’UNESCO.

« Redonner des titres pétroliers sur Anticosti, avec son cortège de forages financés par les fonds publics, replongerait l’île dans l’insécurité, menacerait des milieux hydriques fragiles et ruinerait toute chance qu’elle soit reconnue par l’UNESCO », selon Christian Simard de Nature Québec.

Les intervenants rappellent que l’exploration pétrolière a coûté plus de 92 millions de dollars en fonds publics, selon les données compilées par le journal Le Devoir. De ce montant, 30 millions de dollars ont été dépensés pour les travaux d’exploration sur l’île. Par ailleurs, 62 millions de dollars de fonds publics ont été versés en guise de compensations aux entreprises impliquées dans le projet Hydrocarbures Anticosti, mais aussi à deux entreprises qui détenaient des permis d’exploration sur l’île. Bien que les résultats des forages réalisés n’aient pas été rendus publics, tout indique qu’ils se sont avérés décevants et qu’aucune exploitation des hydrocarbures n’y aurait été rentable compte tenu des particularités géologiques de l’île et des coûts faramineux qui y seraient associés.

La municipalité d’Anticosti et Nature Québec sont par ailleurs globalement satisfaits des réponses des autres partis politiques, bien qu’ils regrettent qu’aucun n’ait pris l’engagement formel d’investir au moins 30 millions $ dans un fonds de relance pour l’île dont la communauté doit se relever de l’aventure pétrolière, faire face à une baisse tendancielle des activités de chasse et de pêche, rendre son territoire plus accessible et son économie plus diversifiée.

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