Édition du 16 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Planète

Réchauffement climatique… à quand les mesures ?

Le rapport du GIEC est très médiatisé ce matin. Il est inquiétant, peu de temps reste aux humains pour inverser la tendance. Et qu’en fera le gouvernement français, l’Europe et les autres pays du monde ?

Tiré du blogue de l’auteure.

Depuis la Conférence de Paris (COP21) de novembre 2015, petit à petit les différents phénomènes météorologiques ont pu être reliés au dérèglement climatique. Et cette année, devant des événements naturels inhabituels de plus en plus fréquents, les médias évoquent pour chacun d’eux le réchauffement climatique, et il y en a !

Des périodes de pluie et d’orages violents provoquent des inondations.

Les glaciers fondent. Un village du Groenland est même évacué à cause de la dérive d’un iceberg.

Des ouragans se déchaînent, avec ses pluies diluviennes.

Des périodes de sècheresse intense sont suivies d’incendies dévastateurs qui détruisent des hectares de forêts.

Les températures sont anormalement élevées dans l’hémisphère nord avec ses conséquences meurtrières sur les humains et la nature : en avril 2018, le Pakistan a enregistré une température de 50,2°C .

L’été 2018 voit des périodes de températures caniculaires en Europe, le record de température a été battu le 17 juillet en Laponie, 31,6° et un été qui dure (40° en septembre au Portugal).

En France, c’est l’un des trois étés le plus chaud depuis 1900. Des jours et des jours de ciel bleu qui se succèdent et perdurent encore en octobre… Ce qui réjouit les présentations de bulletins météorologiques comme si c’était souhaitable de ne plus voir un seul nuage dans le ciel ni la pluie tomber.

Des tsunamis dévastent des terres entières comme dernièrement en Indonésie le 7 octobre 2018.

Et le 8 octobre 2018 le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rend son rapport.

Depuis 1850, le réchauffement a déjà atteint + 1° et le risque de ne plus pouvoir inverser la tendance est devenu important. Très vite, il va s’accélérer et atteindre + 1,5°, c’est beaucoup plus rapide que prévu.

Le précédent rapport du GIEC de 2014 nous alertait déjà sur le fait qu’atteindre + 2° serait un point de non-retour.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique, il faudrait qu’elles baissent de 45 % d’ici à 2030 et que la part des énergies renouvelables passe à 80 % (voire 85 %) en 2050.

40 milliards de tonnes de CO2 sont émis dans l’atmosphère par an !

Pour limiter le réchauffement à +1,5 °C, il faudrait arriver à une neutralité en émissions de CO2 en 2030 et au plus tard en 2050, c’est-à-dire de ne pas en émettre dans l’atmosphère plus que ce que nous pouvons en retirer.

Si aucunes mesures ne sont prises avant 2030, ce sera perdu !

L’hémisphère nord connaîtra des périodes d’inondation, de fortes températures et de sécheresse plus fréquentes et plus fortes. Les cyclones tropicaux deviendront plus violents. Le sud de l’Europe pourrait même devenir un désert avant la fin du siècle. 

Et la feuille de route pour limiter la hausse à 1,5° n’est toujours pas construite !

Même si les pays respectaient l’accord de Paris – ce qui n’est pas le cas –, le réchauffement atteindrait +3° d’ici 2100. Les territoires les plus vulnérables n’auront pas le temps de s’adapter. Le niveau des océans montera et entraînera des catastrophes irréversibles autant pour les humains que pour beaucoup d’autres espèces vivantes.

Ce retard dans la prise de décisions provoque déjà des effets irréversibles sur plusieurs parties de la Terre. Et la situation sera bien pire avec +1,5°, +2 °, alors avec + 3° !

Beaucoup de professionnels s’alarment déjà du déclin du nombre d’espèces animales, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Ce serait la sixième extinction, la précédente date de 66 millions d’années.

La destruction des abeilles s’amplifie, pourtant elles contribuent à la reproduction de 80 % des espèces de plantes à fleurs. Or, 30 à 4O % de leurs colonies ont été décimées en moins de 10 ans en Europe. L’Union européenne interdit trois néonicotinoides (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), mais des dérogations pourront être prises… Quant à l’herbicide de Monsanto le glysophate, même s’il est cancérigène et dangereux pour les abeilles, il restera autorisé encore pendant cinq ans (et 3 ans en France), il ne faut pas trop fâcher les gros agriculteurs.

Les arbres sont indispensables pour retenir le CO2 et on détruit des forêts entières. Ce sont des arbres qui non seulement ne le retiendront plus, mais le relâcheront une fois coupés...

Un monde à + 1,5 °C, même si la hausse affecte et affectera tous les territoires, impactera surtout l’humanité la plus pauvre.

Les dérèglements climatiques poussent des hommes, des femmes et des enfants à fuir la désertification, la montée des eaux et les conflits qu’ils engendrent. Dans le monde, ainsi plus de 68,5 millions de femmes, d’hommes et d’enfants quittent leur habitat, leur terre, leur famille. La grande majorité d’entre eux se retrouvent dans les pays les plus pauvres, moins de 10 % sont accueillis par les pays les plus riches du monde. Et l’Europe est en train de limiter son accueil, de fermer ses ports aux navires qui les sauvent comme l’Aquarius en Méditerranée !

La France et les autres États signataires de la COP 21 veulent bien faire des efforts à condition qu’ils ne touchent pas à leur croissance économique, le fait que la Terre soit un espace fini ne les concerne pas. Les intérêts immédiats l’emportent sur les décisions à prendre aujourd’hui pour sauvegarder demain l’environnement et assurer la vie sur Terre dans 50 ans. Leurs gouvernements ne pensent pas à leur population, notamment les enfants qui vont subir fortement les dérèglements climatiques et leurs conséquences.

Aujourd’hui, François De Rugy, le nouveau ministre de la transition écologique ne se précipite pas – à part la réintégration d’ours dans les Pyrénées et le soutien aux chasseurs qui peuvent ainsi continuer le piégeage cruel des oiseaux et dépenser moins pour obtenir leur permis de chasse. 

Que va-t-il faire du « Plan climat » de son prédécesseur Nicolas Hulot ?

Rappel des principaux objectifs d’ici 2040 du « Plan climat », présenté le 6 juillet 2017 :

- Atteindre la neutralité carbone le « zéro émission net » d’ici 2050. À cette date, la France ne devra pas en produire plus que ses forêts ne pourront en absorber. 

- Donner aux ménages les plus modestes une prime de remplacement pour les vieux véhicules (essence d’avant 2001 et diesel d’avant 1997). Pas de précision sur le montant de la prime.

- Arrêter la vente des véhicules diesel et essence d’ici 2040. Nicolas Hulot ne propose pas de mesures concrètes pour y parvenir.

- Augmenter la taxe carbone : la tonne de carbone coûtera 140 € en 2030.

- Réduire de 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025. Là aussi, aucune information sur les moyens d’y parvenir.

- Atteindre 32 % de production d’énergies renouvelables en 2030. Lesquelles et comment ?

- Ne plus exploiter d’ici 2040, les énergies fossiles en France.

- Interdire dés 2022 la production d’électricité par le charbon.

- Terminer la « déforestation importée » en France : tous les produits (comme l’huile de palme) responsables de déforestation ne seront plus admis en France. 

- Éradiquer dans dix ans « les passoires thermiques » que représentent les bâtiments mal isolés.

Les principales mesures réalisées du « Plan climat » :

- La prime à la casse étendue à tous les ménages souhaitant remplacer leurs véhicules dès 2018... à condition de se séparer d’un vieux véhicule. 

- Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) prolongé jusqu’au 31/12/2018, mais qui élimine certaines dépenses comme les portes extérieures et les volets isolants et le double vitrage à partir du 1er juillet 2018. De plus, le taux du crédit d’impôt que les contribuables peuvent déduire de leur impôt sur le revenu est abaissé de 30 à 15 %. 

- Le chèque énergie annuel donné aux ménages aux revenus modestes pour le règlement des factures. Il remplace les tarifs sociaux de l’énergie, du coup le bénéficiaire doit payer le plein tarif tout au long de l’année avant de recevoir son chèque…

- Le « coup de pouce économie d’énergie » pour aider les ménages qui ont du mal à payer leurs factures d’énergie ou à se chauffer… 

« En même temps » – spécialité d’Emmanuel Macron – une série d’ajustements, de renoncements s’enchaînent pour convenir aux intérêts particuliers du libéralisme

- Le report de la réduction de 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité française, initialement prévue pour 2025 a été reportée à 2030, voire 2035.

- La revue à la baisse des ambitions pour l’éradication des « passoires thermiques » : rénover d’ici 10 ans d’abord les logements occupés par leur propriétaire ce qui délaisse les locataires et pénalisent les plus modestes, pourtant les plus nombreux, qui ont moins accès aux emprunts pour les travaux de rénovation.

- La candidature de Paris pour les jeux olympiques de 2024 pour flatter les intérêts politiques et économiques. De nouvelles constructions pour les touristes argentés tout en laissant les installations sportives de la région dans leur état de vétusté.

- La prolongation de l’autorisation de concessions d’exploitation des hydrocarbures au-delà de 2040 si le titulaire du permis « démontre (…) qu’une telle limitation ne permet pas de couvrir ses coûts de recherche et d’exploitation en vue d’atteindre l’équilibre économique par l’exploitation du gisement découvert. »

- L’autorisation de l’extraction de l’hydrogène sulfuré et l’ouverture de la voie à des méthodes d’extraction des gaz de schiste (seule la technique de la fracturation hydraulique est à ce jour prohibée).

- La suppression des aides de l’État au maintien de l’agriculture bio pour les transférer sur le financement des contrats d’aide à la conversion laissant la responsabilité aux régions de financer… ou pas le maintien des aides à l’agriculture bio.

- Le retour de la déforestation importée avec l’autorisation de raffiner l’huile de palme par Total.

- Le refus de l’Assemblée d’inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate.

- L’assouplissement de la loi Littoral.qui va permettre de bétonner les bords de mer.

- Sans oublier la complicité de la France aux traités de libre-échange qui offre plus de libertés aux entreprises au détriment du droit environnemental. Ils vont à l’encontre des économies d’énergie à réaliser pour la survie de la planète, car ils entraînent de fait, le développement des échanges commerciaux internationaux. 

Urgence ! Urgence ! Urgence !

Pour que la Terre reste bleue et ne devienne pas ainsi :

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