Édition du 11 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections 2018

Réponses aux préoccupations du regroupement des groupes de femmes de la région de la capitale nationale

Bonjour Mesdames,

Merci de nous permettre de vous faire part de nos engagements pour la défense des droits des femmes.

Nous vous rappelons que Québec solidaire est le seul parti féministe au Québec et que notre projet de société est basé sur les valeurs féministes de la Charte mondiale des femmes. Nous vous présentons donc en introduction un extrait de notre guide Pour une équipe électorale féministe, que nous avons produit pour outiller les femmes membres de Québec Solidaire et les inciter à s’engager dans la présente campagne électorale.
Les valeurs féministes portées par Québec solidaire
Québec solidaire est porteur de valeurs féministes. Ces valeurs sont celles de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité. Cette Charte se fonde sur les valeurs d’égalité, de liberté, de solidarité, de justice et de paix.
Égalité entre les peuples, entre tous les êtres humains, entre les femmes elles-mêmes.
Liberté de vivre en paix sans aucune violence, liberté de disposer librement de son corps, libertés collectives et individuelles, et enfin vivre libre dans des cadres démocratiques.
Solidarité dans le partage de la richesse et le respect du bien commun, la protection de l’environnement et du vivant.
Justice par le respect des droits humains, l’accès à un système judiciaire efficace et indépendant, à des revenus suffisants pour vivre dignement.
Paix par le droit de vivre dans un monde sans guerre et sans conflit armé, sans domination ni exploitation et où les conflits armés entre les pays, les communautés ou les peuples sont résolus par la négociation qui permet d’arriver à des solutions pacifiques.

Les femmes dans Québec solidaire

Les femmes sont des piliers de Québec solidaire. S’il y a un parti féministe aujourd’hui au Québec, c’est que le mouvement des femmes a largement investi l’Union des forces progressistes et Option citoyenne pour contribuer à la mise sur pied d’un tel parti. Il a eu comme co-fondatrice une des figures féministes québécoises parmi les plus importantes des 50 dernières années, Françoise David. Québec solidaire est le premier parti au Québec à se définir comme féministe et à se voter un programme féministe.

Les femmes sont très présentes dans le parti. En mai 2017, les nouveaux et nouvelles membres sont en majorité des femmes (52%), vivent à l’extérieur de Montréal dans une proportion de 60%, et sont en moyenne âgés de 39 ans, soit 10 ans de moins que la moyenne des adhésions antérieures.

En plus de la Commission nationale des femmes, des comités régionaux et locaux de la condition des femmes, les femmes sont présentes partout dans les instances.

De plus, la règle de la parité s’exerce au comité de coordination national, à la commission politique, dans toutes les commissions thématiques, dans les comités de coordination de chaque circonscription et de chaque région, là où ils existent. Actuellement, le comité de coordination national et les commissions sont paritaires. Pour ce qui est des comités de coordination de circonscription, nous atteignons globalement la parité. Notons que certains comités compensent en présence féminine pour certains autres où les hommes sont majoritaires mais cela demeure exceptionnel. Les délégations aux congrès et aux conseils nationaux sont obligatoirement paritaires et cette règle doit être strictement observée. 
Il est un fait que la parité constitue un défi mais qu’elle est surtout une richesse pour le parti. Pour qu’elle puisse apporter toute sa richesse, la parité doit être comprise non seulement en terme quantitatif mais aussi en terme qualitatif ce qui implique des changements à la culture organisationnelle politique, à la façon traditionnelle de faire de la politique. Par exemple, la façon de débattre fait partie de cette culture organisationnelle que nous voulons changer. Nous voulons des débats respectueux, des débats où les gens s’écoutent. Il serait intéressant de développer une éthique du débat, l’objectif du débat étant de prendre la meilleure décision possible pour l’organisation. Pour cela, nous devons faire preuve d’ouverture face aux diverses positions émises et non tenter à tout prix de convaincre l’autre d’adopter notre point de vue.

De plus, la parité exige la mise en place de mécanismes pour favoriser la participation pleine et entière de toutes les femmes et prenant en compte leur expérience politique, leur réalité financière et familiale, leur possibilité d’accès à Internet et leur niveau de littératie numérique, leur lieu de résidence de même que les barrières pouvant être liées à leur appartenance à un groupe racialisé ou marginalisé.

Les autres pratiques féministes pour atteindre l’égalité

Québec solidaire s’est inspiré des féministes progressistes québécoises dans ses pratiques et le parti s’est donné des exigences en termes de parité dont nous avons parlé plus haut, d’analyse différenciée selon les sexes (ADS) et d’intersectionnalité.

L’analyse différenciée selon les sexes vise à prévoir les effets distincts que des programmes, politiques, règlements, modes de fonctionnement peuvent avoir sur les femmes et à contrer les biais sexistes qu’ils peuvent contenir. Par exemple, au plan gouvernemental, quand des compressions massives s’exercent dans les domaines de la santé et de l’éducation alors que dans ces secteurs la main-d’œuvre est très largement féminine, une ADS nous permet d’identifier tout de suite le biais sexiste de ces mesures et ses effets néfastes sur les femmes. Pour être capable de faire une ADS, nous devons disposer de données ventilées selon le sexe. Si nous ne savons pas que la main-d’œuvre en santé est composée à 80% de femmes, nous ne pouvons pas détecter les biais sexistes. L’ADS débouche sur des revendications pour contrer les discriminations ainsi engendrées.

Dans Québec solidaire, nous nous sommes efforcées de donner une place transversale à toutes les questions touchant l’égalité pour les femmes dans l’élaboration du programme. On a tenté lors de l’étude et l’adoption de chaque enjeu de passer les textes au crible de l’ADS. Il nous reste encore du travail à accomplir à ce chapitre.

L’intersectionnalité est une approche dont découlent diverses pratiques pour reconnaître et contrer les inégalités entre les femmes elles-mêmes. Ainsi, les discriminations issues du patriarcat, notamment le sexisme, n’atteignent pas toutes les femmes de la même façon. Les femmes aînées, autochtones, handicapées, LGBTQIA1, racisées ou pauvres font aussi face à d’autres systèmes d’oppression que sont le racisme, l’homophobie, le colonialisme et le capitalisme. L’intersectionnalité c’est la compréhension des effets combinés de ces systèmes d’oppression sur les femmes ; c’est la reconnaissance des privilèges découlant de ces systèmes pour certaines femmes (blanches, riches, hétérosexuelles, éduquées) et des comportements oppressifs qu’elles peuvent avoir, consciemment ou non ; c’est la mise en place de pratiques respectueuses des réalités de toutes et susceptibles de faire entendre les voix minoritaires et de permettre la prise en compte de leurs besoins.

Des espaces de non-mixité pour les femmes. Pour permettre aux femmes de s’organiser et de faire entendre leurs voix dans le parti, des espaces de non-mixité ont été créés. Il s’agit de la Commission nationale des femmes, de l’Assemblée générale des femmes qui rassemble toutes les femmes membres de Québec solidaire généralement lors des conseils nationaux et des congrès, l’assemblée régionale des femmes et les comités régionaux de femmes. Le travail effectué dans ces espaces non-mixtes rend les femmes qui y participent plus habiles à intervenir dans les espaces mixtes. De plus, il a un impact positif sur la vie du parti car il nourrit son travail et enrichit ses réflexions et son action.

L’AUTONOMIE ÉCONOMIQUE DES FEMMES

12.7% des femmes de la région (ainées, femmes monoparentales, travailleuses au salaire minimum, etc.) vivent sous le seuil de pauvreté ! Alors que le cout moyen d’un loyer à Québec est le plus élevé de la province et que les logements sociaux sont insuffisants. -Quelles actions seront mises en œuvre pour améliorer la sécurité économique des femmes de la région et leur assurer un revenu décent ? Que ferez-vous pour assurer un meilleur accès au logement abordable ainsi qu’à du transport collectif abordable sur l’ensemble du territoire.
En ce qui a trait au logement, Québec solidaire
Soutiendra une forte augmentation de la propriété collective, associative, publique et parapublique de logements. Pour ce faire,

Il augmentera de 60% les sommes d’argent allouées au programme AccèsLogis

Il réalisera la construction de 50 000 logements sociaux (publics, coopératifs ou communautaires), universellement accessibles, visant à répondre aux besoins de toutes les catégories de la population ; Ces logements seront à la fine pointe des nouvelles technologies d’efficacité énergétique afin de réduire les coûts en énergie pour les locataires et de servir de pôle de développement pour les entreprises spécialisées en construction écologique.

Reconnaît le rôle indispensable des organismes communautaires. À cet effet, il s’engage à :

respecter l’autonomie de leur organisation ;

rehausser progressivement le financement de leur mission de base et ainsi couvrir, pour chaque organisme les frais salariaux au niveau du salaire moyen québécois, de même que les autres frais généraux permettant l’accomplissement de sa mission ;
indexer annuellement le financement à la mission pour l’ensemble des organismes pour suivre l’inflation et assurer le maintien des conditions de travail, incluant les avantages sociaux.

À Noter Pour l’ensemble des groupes communautaires, le cadre financier de Québec solidaire prévoit 272 M $ additionnels par année à cet effet.

De plus, nous portons une attention particulière à la violence que rencontrent les femmes dans leur logement en créant des lieux sécuritaires pour toutes et pour tous.

En ce qui a trait au transport, Québec Solidaire

Réduira de moitié les tarifs de transport collectif dans un premier mandat (5 ans). L’objectif est de rendre le transport collectif plus abordable pour augmenter son utilisation et pour des motifs de solidarité sociale (faciliter l’accès pour les personnes à faible revenu et réduire les coûts pour la classe moyenne).
Augmentera considérablement les investissements en transport collectif.
Développer de nouvelles infrastructures pour autobus, tramways et métro dans toutes les villes du Québec.

Créera un réseau public de transport interurbain par autobus.

L’État créera une société d’état du transport interurbain qu’il dotera d’un capital de 2 G$. Ce fonds lui permettra de racheter les compagnies d’autocars existantes, de créer à partir de leurs actifs un réseau public d’autobus interurbain, de bonifier ce réseau bien couvrir le territoire et d’acheter de nouveau véhicules.

La future Agence du transport interurbain (ATI) aura pour mandat d’augmenter l’achalandage du transport collectif interurbain dans toutes les régions. La fréquence sera augmentée et le nombre de destinations sera bonifié.

Il est aussi proposé de mettre en place des gares multimodales dans les capitales régionales, qui seront des liens efficaces entre les autobus interurbains, les réseaux de transport collectif urbain et le transport inter-municipal ou rural.

Encouragera les transports actifs en allouant des fonds aux municipalités pour qu’elles développent leur réseau cyclable et conçoivent des aménagements physiques afin d’améliorer la sécurité des piétons.

De plus, nous prendrons les dispositions afin d’assurer la sécurité des femmes et aînées dans les transports collectifs ainsi que dans les déplacements en transport actif.

En ce qui a trait à la sécurité économique, Québec Solidaire

Augmentera significativement les prestations d’aide sociale, dès la première année de son mandat, En même temps, un projet pilote de revenu minimum garanti sera mis en place dans plusieurs municipalités comptant une proportion importante de ménages à faible revenu, afin d’évaluer l’impact économique, social, éducatif et sanitaire du revenu minimum garanti que nous voulons mettre en place et qui remplacera à terme les prestations d’aide sociale. Dans ce sens, notre engagement s’adresse à toute personne dans le besoin incluant les personnes sans contraintes à l’emploi.

Augmentera le salaire minimum à 15 $ / h, puis l’indexera annuellement au coût de la vie et le premier budget après son élection.

Exemptera les pensions alimentaires du calcul des revenus des personnes à l’aide sociale, mais aussi des personnes bénéficiant de bourses d’études, de l’aide juridique ou de l’aide au logement.

Abolira les sanctions prévues par le programme Objectif emploi pour les personnes sans contraintes à l’emploi.

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le Regroupement constate qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour contrer toutes les formes de violences envers les femmes. Notamment en matière d’agressions sexuelles, le phénomène #Moi Aussi a mis en lumière une culture du viol présente aussi chez nous, qui perdure depuis longtemps et continue de se perpétuer chez nos jeunes. Que ferez-vous pour vous attaquer au phénomène des violences sous toutes leurs formes, et mieux soutenir les ressources communautaires pour femmes, qui viennent en aide aux victimes, font de la prévention, sensibilisation, etc.?

En ce qui a trait aux violences faites aux femmes, Québec Solidaire :
Mettra en place une campagne de sensibilisation contre la banalisation de la violence envers les femmes, des agressions sexuelles et la culture du viol notamment dans le système éducatif.

Modifiera le processus judiciaire pour que les victimes ne soient pas pénalisées.
Instaurera une politique pour contrer le harcèlement sous toutes ses formes et travaillera avec les groupes communautaires concernés et augmentera leur financement.

Mettra en place des mesures de sensibilisation quant à la stigmatisation des personnes prostituées/travailleuses du sexe.

LA SANTE ET BIEN-ETRE DES FEMMES

Dans le réseau de la santé et des services sociaux, les récentes réorganisations et coupures ont eu un impact sur les femmes : perte d’emplois et pression accrue sur les travailleuses, ruptures de services, moins d’accès aux soins et services pour la population, etc. Il est de plus en plus difficile d’avoir du soutien à domicile, de l’aide psychosocial, du répit pour les proches aidantes, un rôle assumée majoritairement par les femmes.

Qu’allez-vous faire pour améliorer l’accès aux soins de santé incluant les soins psychosociaux et les services de soutien à domicile ainsi qu’aux proches aidantes ?
Pour améliorer la santé et réduire les inégalités en santé, Québec Solidaire :
Garantira l’accès public, universel et gratuit aux soins de santé et aux services sociaux.

Garantira des soins de santé et de services sociaux de qualité et de proximité, 24h/24h, 7 jours/7, grâce à un réseau de cliniques multidisciplinaires comprenant des CLSC renforcés, ayant une vision globale de la santé axée sur la prévention permettant l’intervention de proximité.

Garantira un soutien à domicile élargi, un médecin de famille pour chaque personne, une sage-femme pour celles qui le désirent.

Garantira un meilleur soutien psychiatrique.
Instaurera une assurance dentaire publique et universelle.

Pour ce qui est de la proche aidance, Québec solidaire

Votera une loi visant à attribuer une reconnaissance légale et une loi-cadre sur la proche aidance.

Offrira du soutien à tous les proches aidants et aidantes, quel que soit leur âge, leur situation et l’âge et la situation de la personne aidée.

Renforcer le soutien à domicile partout sur le territoire québécois.

Augmentera le financement des organismes communautaires offrant des services aux proches aidantes et aidants ainsi que de développer les synergies avec le milieu de la recherche.

Développera des offres de répit pour les proches aidantes et aidants et des services psycho-sociaux à tous les stades de la vie d’aidant (annonce du diagnostic, fin de vie, déménagement...)

La reconnaissance de la contribution et de l’expertise des groupes de femmes
Les groupes de femmes, présents sur notre territoire, comme ailleurs au Québec, sont sous-financés depuis trop longtemps et de plus en plus sollicités, mettant une pression sur les travailleuses qui sont déjà surchargées. Qu’entendez-vous faire pour reconnaitre financièrement à leur juste valeur, la contribution des groupes de femmes et leur expertise tout en respectant leur autonomie ?

En ce qui a trait à la reconnaissance des groupes de femmes, Québec Solidaire

Augmentera le financement des groupes communautaires principalement ceux de défense des droits et les groupes de femmes. À cet effet, il s’engage à :
respecter l’autonomie de leur organisation ;

rehausser progressivement le financement de leur mission de base et ainsi couvrir, pour chaque organisme les frais salariaux au niveau du salaire moyen québécois, de même que les autres frais généraux permettant l’accomplissement de sa mission ;
indexer annuellement le financement à la mission pour l’ensemble des organismes pour suivre l’inflation et assurer le maintien des conditions de travail, incluant les avantages sociaux.

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