Édition du 16 janvier 2018

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Afrique

Sale temps pour Jacob Zuma à trois jours de la Conférence nationale de l’ANC

La semaine a très mal commencé pour Jacob Zuma alors que la Conférence nationale de l’ANC est convoquée le 16 décembre. La justice lui ordonne de se plier aux recommandations du rapport de la médiatrice Thuli Madonsela, State Capture, de réunir une commission d’enquête dans les 30 jours et à payer tous les frais de justice.

Tiré du blogue de l’auteure.

Les juges n’y sont pas allés de main morte ! Ils n’ont pas épargner au Président Zuma des remarques acerbes qualifiant son attitude de « désinvolte » « d’insensée » « de grossièrement négligente » pour quelqu’un qui veut plaider sa cause, montrant un « mépris évident » pour ses devoirs, et pour le Président du tribunal, le juge Dustan Mlambo, pas question de faire payer au contribuable les frais de justice d’un Président aussi peu digne de sa fonction.

Dans leur document de 72 pages, les juges considèrent que le Président a exercé ses pouvoirs pour son propre intérêt et ceux d’une famille privée sans se soucier de l’intérêt public et que la famille Gupta a eu assez d’influence pour décider de la nomination des ministres, des directeurs des entreprises publiques, des contrats de l’état au profit de leurs amis et affiliés, en particulier le fils du président, Duduzane Zuma.

Après le renvoi du procureur général, Shaun Abrahams, homme lige du Président dont la nomination vient d’être invalidée, celui-ci va devoir aborder l’ouverture de la conférence de l’Anc dans une ambiance désastreuse qui sape les chances à sa succession de son ex épouse N Dlamini-Zuma, déjà largement devancée par son rival, l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa.

La direction de l’ANC vient d’accuser le coup en faisant une brève déclaration, affirmant sa « confiance dans le Président Zuma pour qu’il applique le jugement sans délai dans l’intérêt du pays . » Le Cosatu est plus incisif et espère que « le Président va mieux comprendre les limites de son pouvoir et le principe de la séparation des pouvoirs » et l’allié de l’Anc appelle les délégués à la Conférence nationale « à élire le Camarade Cyril Ramaphosa, un dirigeant clairement engagé dans la lutte contre la corruption et la main mise sur l’état ».

Cette 54ème Conférence nationale de l’Anc ne sera vraiment pas une conférence comme les autres ; l’enjeu est bel et bien l’avenir de l’Anc comme parti hégémonique, la reconfiguration du paysage politique et l’avenir du pays dans un contexte social explosif et une économie mal en point.

Jacqueline Derens

Collaboratrice au site de Mediapart (France).

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