Édition du 5 décembre 2017

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Asie/Proche-Orient

Syrie - L’opposition et la médiation russe

A l’issue de la réunion d’Astana, la Russie, la Turquie et l’Iran ont convenu dans une déclaration commune, mardi 24 janvier, de consolider le cessez-le-feu en Syrie. Mais aussi d’user de « leur influence » sur les parties en conflit et de « prévenir toute provocation » qui relancerait les violences, selon un mécanisme de contrôle qui reste à préciser. Le texte n’a pas été ratifié par les belligérants concernés – le régime de Damas d’un côté, les groupes armés de l’opposition de l’autre –, qui se sont, pour la première fois, côtoyés pendant vingt-quatre heures dans la capitale kazakhe. Mais l’Iran, qui s’était tenu à l’écart du cessez-le-feu annoncé le 29 décembre 2016 par la Russie et la Turquie, a cette fois formellement rejoint les rangs.

Tiré de À l’encontre.

Les trois parrains de la réunion d’Astana promettent également d’assurer l’accès à l’aide humanitaire aux populations civiles. Ils affichent leur « détermination à combattre ensemble » contre l’organisation Etat islamique (EI) et le Front Fatah Al-Cham (ex-Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaida), et s’entendent pour séparer ces derniers « des groupes armés de l’opposition ».

« Aucun progrès tangible »

Les chefs rebelles réunis à Astana sont par ailleurs « invités » à participer « aux prochains rounds de négociation », prévus pour se tenir à Genève sous les auspices des Nations unies. Présent à la tribune aux côtés des représentants russes, turcs et iraniens, l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, a apporté sa caution. « On ne peut pas se permettre que ce cessez-le-feu échoue », a commenté le diplomate, en décrivant une « réunion réussie ». La référence à la résolution 2254 de l’ONU, qui ouvre la porte à un règlement politique en Syrie, figure dans le communiqué, malgré les réserves de l’Iran.

Mais pour les rebelles, rien n’est gagné. « Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun progrès tangible dans les négociations à cause de l’intransigeance de l’Iran et du régime », a affirmé Mohamed Allouche, chef de file de l’opposition, à l’issue des discussions. Venus avec un document de dix pages précis, notamment sur les lignes de front, les groupes armés syriens comptent bien que soient prises en compte leurs revendications.

Et leurs espoirs reposent désormais sur les pressions que la Russie pourrait exercer sur son allié Bachar Al-Assad. Moscou est en effet passé, de façon assez spectaculaire, du statut de pays agresseur, il y a peu encore, à celui de modérateur. « Nous nous attendons à ce que son rôle devienne vraiment positif », soulignait ainsi Mohamed Allouche. Dès vendredi, a annoncé dans la foulée le Kremlin, le président russe, Vladimir Poutine, devait s’entretenir avec le roi de Jordanie sur la Syrie. (Article publié dans Le Monde, daté du 26 janvier 2017 ; Isabelle Mandraud : « envoyée spéciale à Astana »)

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