Édition du 17 octobre 2017

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Trump et l’Accord de Paris

TRUMP – Réseau Environnemental Autochtone (IEN) : « A propos du retrait de l’Accord de Paris » – Des voix autochtones…

Bemidji, MN – A la suite des rapports selon lesquels Donald Trump va mettre un terme à la participation des Etats-Unis à lAccord de Paris, les groupes autochtones qui constituent le Réseau Environnemental Autochtone répondent, dénonçant ce tournant et appelant à une résistance permanente contre les politiques environnementales désastreuses de Donal Trump.

Publié le 5 juin 2017 | tiré du site Entre les lignes entre les mots | 1er juin 2017

Tom BK Goldtooth, directeur exécutif du Réseau Environnemental Autochtone, a émis la réponse suivante :

« Donald Trump est en train de nous montrer l’art de rompre un accord. En abandonnant l’Accord de Paris, cette administration va perpétuer un racisme environnemental et une injustice climatique envers les peuples autochtones qui font face aux pires effets du changement climatique à travers le monde. Nous avons déjà établi que l’Accord de Paris a échoué à embrasser les solutions climatiques qui garantiraient les droits humains et les droits des peuples autochtones. En considération de ces actualités, il est crucial que les États-Unis soient tenus responsables pour leur contribution au chaos climatique auquel nous sommes en train dassister à travers la planète et entreprennent une action ambitieuse pour atteindre l’objectif de l’accord de limiter une augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius. Le fait de revenir sur cet accord poursuit une longue histoire de promesses rompues et met en péril les cycles de vie essentiels et sacrés de la Terre Mère. »

Eriel Deranger, Directeur exécutif dAction Climat Autochtone, Canada :

« L’annonce d’aujourd’hui est un assaut direct à lencontre des communautés autochtones à travers le monde. Les peuples nord-amérindiens ont travaillé ensemble, par delà les frontières coloniales, pour trouver des solutions communes qui répondent au changement climatique et à l’oppression systémique qui ont laissé notre peuple en dehors de la conversation. Maintenant cette décision crée une nouvelle barrière à surmonter pour notre peuple, rendant la connaissance et la prise en main dautant plus cruciales et vitales pour assurer futur durable et juste pour chacun ».

Monique Verdin, Secrétaire au Conseil Tribal de la Nation Unie Houma, Louisiane :

« L’Accord de Paris n’est pas une parfaite solution, mais en sortir est faire un pas en arrière. Nos communautés côtières sur le Delta de la Rivière du Mississippi sont entourées par un réseau d’oléoducs, de canaux pour lhuile et le gaz, alors que nos terres naufragées sont vérolées par les fuites dhuile. On nous dit que nos terres traditionnelles doivent être sacrifiées jusqu’à la mer et que nos accords postcoloniaux doivent être abandonnés avec cette élévation sans précédent du niveau de la mer. Si nous ne changeons pas nos rapports à l’extraction extrême la peine de perdre une part de la plus précieuse biodiversité du monde sera ignorée au profit des désillusions d’un dit « progrès ».

Lisa Deville, Présidente de P.O.W.E.R. (Protecteurs de l’Eau et Droits de la Terre), Ft. Berthold, Dakota du Nord :

« Nous sommes attristés mais non surpris que notre président ait choisi de suspendre la participation des États-Unis à l’Accord de Paris sur le Climat. Nous vivons à une époque où les droits humains ne sont pas égaux face aux corporations, et ces corporations ne sont ni en charge ni responsables des peuples et des communautés qu’elles exploitent »

Faith Gemmill, Vice Chair de REDOIL (Résister à la Destruction Environnementale sur les Terres Autochtones), Alaska :

« L’Administration Trump est encore une fois en train de se mettre aux pieds des sociétés d’énergie fossile avec cette décision qui sacrifie ultimement notre futur en tant que peuples autochtones de l’Arctique. Nous assistons aux impacts du changement climatique en Alaska, le sol gelé depuis des milliers d’années fond, les modèles d’élevage de notre saumon changent. Nous croyons que pour notre survie nous avons besoin de garder 100% du pétrole et du gaz de l’Arctique dans le sol au lieu de mettre en cause les mécanismes régulateurs tels que l’Accord de Paris, qui nous aurait offert une chance de se battre ».

Deborah Parker « tsicyaltsa », citoyen des tribus Tulalip, porte-parole du Rayonnement des Femmes Autochtones :

« Nous voulons garantir la protection de nos femmes autochtones d’une façon optimale en incluant la protection de nos aliments sacrés qui nourrissent nos enfants, nos médecines traditionnelles pour prendre soin de nos familles et de la santé, de notre eau, de notre air, et de notre terre qui connectent et pérennisent nos connections à l’ensemble de la création. Nous devons travailler globalement pour s’assurer que nos droits inhérents en tant que personnes autochtones soient protégés. »

Pennie Opal Plant, Idle No More SF Bay :

L’allégeance du Président Trump aux corporations dénergie fossile va continuer à violer les Traités entre le gouvernement états-unien et les nations tribales amérindiennes. Cela va continuer d’exacerber le changement climatique et détruire l’eau, l’air et le sol dont a besoin l’ensemble de la vie pour simplement exister, non seulement maintenant, mais pour les générations futures. Nous devons nous tenir debout ensemble pour la santé de l’environnement et contre la décision imminente du président de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat. »

Joye Braun, organisateur communautaire, camp de résistance Lakota de la Rivière Cheyenne, Réseau Environnemental Autochtone :

« Trump continue de jeter avec l’eau du bain, selon le proverbe, le petit progrès que nous avions fait, approfondissant la tentative de destruction et le modèle de génocide détruisant les façons de vivre des peuples autochtones, leurs ressources alimentaires, leurs femmes, leurs enfants. N’ayant que faire de cela, il sait exactement ce qu’il est en train de faire, détruisant avec jubilation notre espoir de sauver l’humanité de l’extraction extrême d’énergie et de l’exploitation des communautés déjà en dehors de la dite majorité acceptable. Il doit être stoppé. Cette administration est en train de prouver que le démon dont nous voulions nous prévenir a été lâché dans ce monde. »

Le Réseau Environnemental Autochtone a été formé par des personnes d’origines autochtones et des individus dans les années 1990 pour soulever des questions environnementales et de justice économique à travers l’Île Tortue, aussi connue sous le nom d’Amérique du Nord.

Traduction : Aurélie Journée (CSIA-Nitassinan)

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article83

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