Édition du 12 juin 2018

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Arts culture et société

The Party

L’incontournable et prestigieuse revue française les Cahiers du cinéma inclut le film The Party de Blake Edwards dans la liste des 100 Films pour une cinémathèque idéale. Cette comédie a été réalisée en 1968, à une époque où se chevauchaient au moins deux manières, un tantinet différentes, de faire la fête en Californie.

(Blake Edwards)
 
La première, en droite ligne avec une vielle époque sur son déclin, digne du burlesque des films muets des années vingt et trente, où se multipliaient les quiproquos sans fin et où l’alcool coulait à flots et la deuxième, à peine abordée dans le film, mais néanmoins un peu présente vers la fin, à la manière des hippies en émergence, avec un peu de drogues et surtout des dessins aux couleurs pastel et slogans Flower power sur différents objets inusités, ici un éléphant. 
 
Synopsis : Un acteur indien de deuxième ordre, du nom de Hrundi V. Bakshi, est recruté par une maison de production hollywoodienne pour jouer un soldat autochtone dans un remake du film Gunga Din. Il est chargé de sonner la charge à la trompette. Il joue faux. Pire, il joue terriblement faux. Il se fait tirer dessus et continue, malgré ses nombreuses blessures, à jouer de plus en plus faux. 

Précisons que ce comédien présente la particularité d’être magistralement maladroit. Durant le tournage, il sera à l’origine de la destruction d’un des décors les plus coûteux de la production. En guise de punition, le producteur du film demande au directeur du studio de l’inscrire sur une liste noire. Par une malencontreuse erreur, Bakshi se retrouvera inscrit sur la liste des invités de la fête annuelle du studio qui se déroule dans une luxueuse résidence hollywoodienne assez avant-gardiste à l’époque en raison des gadgets hi-tech qu’on y retrouve (bar escamotable, piscine intérieure avec des objets mobiles). 

Durant la fête, Bakshi et d’autres personnages du film ne cessent d’accumuler gaffe, sur gaffe, sur gaffe… Certaines de ces bourdes sont des chorégraphies très bien exécutées. C’est donc dire que tout au long du film, le réalisateur met l’accent sur les situations comiques et les gags visuels. Le lendemain de la fête se termine dans une ambiance un peu morose pour certains personnages qui ont à ramasser les dégâts, qui sont nombreux.
 
Si ce film mérite d’être vu aujourd’hui c’est principalement en raison du fait que l’acteur qui tient le rôle-vedette n’est nul autre que le quasi indépassable Peter Sellers. Il nous donne toute une performance, à la hauteur de son grand talent. Son interprétation est réellement exceptionnelle. J’ai eu quelques fous rires à plus d’une reprise durant ce film. Je pense ici à la scène des portes battantes et à celle où Bakshi se tord de douleurs tant il n’en peut plus de se retenir à cause de son envie d’uriner. La scène avec l’éléphant dans la luxueuse villa est assez hilarante. 
 
Ce film est une des comédies les plus drôles à avoir été réalisées durant les années soixante.
 
Yvan Perrier

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).

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