Édition du 18 avril 2017

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Un autre chaos signé Gaétan Barrette

Nous sommes dans la dernière semaine du vote d’allégeance syndicale en santé et services sociaux qui touche plus de 180 000 travailleuses et travailleurs en provenance de toutes les régions du Québec. Cette opération d’envergure est rendue nécessaire par les décisions du ministre Barrette qui a regroupé, sans grande considération, les services de santé dans de gigantesques structures.

Le Tribunal administratif du travail (TAT) supervise cette opération, notamment le déroulement du vote et ses lendemains. Or, depuis le début de cette campagne, nous sommes témoins de plusieurs changements de directives qui ne seront pas sans conséquence sur le personnel déjà fort bouleversé par les nombreux soubresauts dans ce secteur.

En plein milieu du processus, le Tribunal a décidé que les changements d’accréditation, initialement prévus le 21 avril pour l’ensemble du Québec, se feraient au fur et à mesure du dépouillement des votes et seraient effectifs sur-le-champ.

Le TAT base sa décision sur la réalisation du projet Optilab annoncé pour le 1er avril. Or personne, pas même le TAT, n’a la confirmation du ministre de son entrée en vigueur. Rappelons que ce projet implique le regroupement et le déplacement de personnel dans certaines régions, ce qui pourrait mener à une reprise du vote. Par exemple, un technicien de laboratoire de Joliette pourrait être transféré à Laval dès le 1er avril. Il aurait donc voté inutilement et dans la mauvaise région.

Des inquiétudes ignorées

Le personnel de la santé est en droit d’être inquiet puisque toute cette opération n’est pas sans conséquence. Qu’adviendra-t-il des griefs et des dossiers juridiques en cours, des régimes d’assurance collective et des transferts de renseignements personnels et de dossiers (harcèlement, santé et sécurité, etc.) ? Toutes ces questions nécessitent une période de transition pourtant prévue à l’origine.

En cas de transfert d’accréditation, il sera extrêmement difficile de prendre adéquatement en charge les nouveaux dossiers à si courte échéance.

Il est surréaliste de penser que plusieurs dizaines d’audiences fixées devant différents tribunaux, entre le 1er mars et le 21 avril 2017, pour tenir compte du calendrier initial, pourront se dérouler comme prévu. En cas de transfert d’accréditation, il sera extrêmement difficile de prendre adéquatement en charge les nouveaux dossiers à si courte échéance.

Nous déplorons qu’en l’absence d’une période transitoire, les organisations syndicales soient dans l’impossibilité de tenir des assemblées visant à informer les membres des changements auxquels ils seront confrontés. C’est un manque de considération flagrant tant de la part du TAT que de celle du ministre Barrette à l’égard du personnel de la santé et des services sociaux.

Une solution pourtant bien simple

Devant une telle improvisation et en tenant compte des controverses entourant Optilab, le ministre Gaétan Barrette n’a d’autre choix que de reporter la mise en œuvre de ce projet dont personne ne veut.
Cela permettrait également au TAT de revenir à son échéancier initial du 21 avril.

Le personnel de la santé et des services sociaux prend soin de notre monde quotidiennement dans des conditions souvent difficiles. Il mérite bien qu’on prenne ses conditions de travail au sérieux.

Louise Chabot

Présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (depuis 2012)

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