Édition du 9 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Elections et mouvements sociaux

Vous dites le féminisme dans la campagne électorale ?

La présente campagne électorale est loin d’en être une où le féminisme est mis en évidence. Les revendications touchant les femmes sont présentes et concernent les familles, les CPE et les maternelles 4 ans, la gratuité scolaire, les transport publics, les lunchs scolaires, etc.…

Mais mentionner comment tout cela touche spécifiquement les femmes….c’est silence absolue. Mais, quand même, à certains moments, la dimension féministe est apparue. Nous allons tenter d’en donner quelques exemples.

La parité

La dimension féminisme avec la place des femmes en politique est apparue par la notion de la parité. La CAQ et QS ont 65 candidatures femmes, le PLQ : 55 et le PQ bon dernier avec 50. Les pressions des groupes de femmes ont été énormes ces dernières années pour obliger les partis politiques a avoir la parité dans leurs candidatures et à assurer, un coup élu, à avoir un conseil des ministres paritaire.

Des questions aux partis et des activités

Beaucoup de débat avec les personnes candidates ont été organisé y compris dans les campus étudiants. Et plusieurs assos étudiantes ont ajouté, à leur liste de questions, des questions portant sur les dimensions de harcèlement, violences et culture du viol. Il faut dire que le milieu de l’éducation a connu une forte sensibilisation avec les mobilisations à l’Université Laval et avec la loi de la Ministre David contre toutes les formes de harcèlement.

Plusieurs groupes de femmes, souvent en lien avec des groupes communautaires, ont interpellé les personnes candidates. Là, les besoins réels des femmes ont été mis de l’avant et les revendications touchant la pauvreté, l’aide sociale, la santé, le logement social ont fait l’objet de questions claires et précises.

Des regroupements nationaux dont le Groupe des 13 a émis des critiques claires autour du thème « Femmes et campagne électorale : le silence qui vaut mille mots ! »Le Réseau des groupes de femmes du Québec a produit une analyse des plates-formes des différents partis politiques. D’autres groupes régionaux comme le Regroupement des femmes de la Capitale nationale ont demandé des réponses des candidats et candidates à partir de leur canevas de questions.

La Fédération des Femmes du Québec a organisé des rencontres pour parler féminisme et politique. Dans la Capitale nationale la conversation a débuté sur la notion de parité : veut-on des femmes pour des femmes ou des féminismes.Les interventions ont ensuite pris différentes directions. Madame Gabrielle Bouchard nous a illustré son propos avec l’image des verres de champagne posé en pyramide et le champagne du verre du dessous qui se déverse dans les autres. Ainsi est expliqué le partage de la riche actuellement par certains économistes. Le résultat : la pauvreté s’agrandit. Elle nous a invité à ne pas faire un féminisme de verres de champagne, Il faut revendiquer pas simplement pour les femmes blanches privilégiées mais pour les femmes de la marginalité. C’est la notion de l’intersexualité. Le mouvement syndical a aussi été interpellé dans ses structures. La relève des femmes féministes s’y fait rare. Les impacts sur les femmes immigrées du débat sur l’immigration a aussi été souligné. Les éléments de mépris des chefs des partis politiques à l’égard de madame Manon Massé ont été énoncé, de même que le 75 $ pour l’épicerie qui pose toute la pauvreté des femmes.À la fin, l’importance de l’unité des femmes malgré leur diversité a aussi été avancée et mise en priorité.

Québec Solidaire Capital nationale a organisé un 5 à 7 invitant les femmes à venir jaser politique et féminisme. Une trentaine de femmes sont venues parler de l’attitude de mépris et même de violence de certains chefs politiques, de l’approche présentée par Manon qui découle des attitudes et interventions des femmes dans les groupes de femmes. La question du corps en politique et évidement de la moustache de Manon a aussi fait partie du débat. Élisabeth Germain, candidate de Charlesbourg a lu deux de ses textes : un pour souligner le vent nouveau qui souffle sur la campagne depuis le débat des chefs et l’autre portant sur l’utopie et l’environnement. Maria, Cécila et Greis ont aussi présenté les luttes des femmes chiliennes à travers un texte percutant sur les seins. Cette lutte commencée par des femmes instruites dans une université et portant sur les violences faites aux femmes est devenue un vaste mouvement social portant sur un ensemble de revendications pour les droits des femmes.

Conclusion

Ce rapide et très partiel tour d’horizon de la dimension féministe de la campagne électorale 2018 nous montre que des femmes dans différents milieux écrivent, organisent, publient, se mobilisent pour que les revendications des femmes ne passent pas inaperçues mais le silence est dur à briser.

ginette lewis

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