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L’inanité des projets de gouvernance
Le retour de l’aristocratie1er septembre 2009
par
L’affaire Vandal, le pdg d’hydro-Québec qui a voulu donner des centaines de milliers de dollars à des collèges privés, montre bien l’inanité des projets de loi de la ministre Courchesne (ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport) concernant la gouvernance des cégeps et des universités.
En effet, Hydro-Québec est régie, quant à sa gouvernance, par une loi semblable à celles que la ministre veut imposer aux établissements d’enseignement post-secondaires. Or, la présence de membres dits « indépendants » (que l’on devrait plutôt appeler externes) n’a pas empêché la décision incongrue d’un dirigeant d’une société d’État de faire dévier des fonds publics vers des organismes privés. C’est la connaissance du public qui l’a fait revenir sur sa décision.
Un grand bonze des finances aux États-Unis, Warren Buffet lui-même, démolit assez clairement ce rôle de « sages » des externes. Il se base sur le fait qu’il a rencontré près de 250 personnes ayant joué ce rôle. Je le cite : « Ces personnes, aussi honnêtes et intelligentes qu’elles fussent, n’en savaient tout simplement pas assez sur l’entreprise ou ne se préoccupaient pas suffisamment des actionnaires pour contester des achats farfelus ou des compensations énormes. » (Buffet, Warren, « Letter to shareholders », in Berkshire Hathaway Annual Report, 2002)
Le fait de nommer des administrateurs venant d’entreprises diverses ne garantit en rien une gestion éthique, mais favorise bien les échanges de services entre gens « de bonne famille ».
Ajoutons à cela les cinq universités (d’Alberta, de Colombie Britannique, de Montréal, McGill et de Toronto) à fort volume de recherche qui prétendent mériter à elles seules l’essentiel des subventions pour les cycles supérieurs et qui veulent laisser l’enseignement de premier cycle aux autres, et nous avons un autre bel exemple des dérives aristocratiques de nos sociétés.