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Double discours sur la torture
Les valeurs "édifiantes" du Gouvernement Harper24 novembre 2009
par
Le 20 novembre 2009, le Canada a présenté aux Nations Unies une résolution dénonçant la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants qui ont cours en Iran, suite à la dernière élection. Pouvons-nous suggérer au gouvernement canadien de mettre en application la suggestion qu’il dicte au gouvernement iranien ?
Monsieur Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères, dans un communiqué du 20 novembre (no 352) s’est réjoui de l’adoption de cette résolution :
« Il s’agit d’un message d’espoir pour les victimes des violations et les défenseurs des droits de la personne qui veulent apporter des changements positifs en Iran [...] Nous continuons d’inviter le gouvernement iranien à prendre des mesures significatives pour assurer le respect des droits de la personne en Iran. »
Le Canada se préoccupe de l’Iran mais ferme les yeux ou oublie de se préoccuper des tortures y autres violations infligées aux soldats afghans remis par l’armée canadienne à l’autorité du pays. Les 18 rapports de Richard Calvin et son récent témoignage ne sont pas assez concluants dit-il !
Le Canada laisse se faire torturer à Guantanamo un enfant soldat, Omar Khadr, refuse de le rapatrier, ce qui va à l’encontre du droit international concernant un enfant-soldat. Le gouvernement Harper n’obéit même pas aux 2 ordonnances de ses propres institutions, la Cour fédérale et la Cour d’appel. Celles-ci « ont toutes deux conclu qu’Ottawa se devait de réclamer le rapatriement d’Omar Khadr. » Pourtant monsieur Cannon se réjouissait vendredi, le 20 novembre 2009, de la résolution de l’ONU en soulignant que « La communauté internationale réaffirme que toutes obligations en matière de droits de la personne doivent être respectées, tant sur le plan législatif que pratique »
Le Canada a fourni aux États-Unis en 2002, sous l’administration Bush, une liste de citoyens canadiens susceptibles d’être des terroristes, sans aucune vérification de la véracité de ces informations !
Le Canada, couvert par sa loi C-36, a permis aux USA la déportation et la détention sans inculpation en Syrie, du canadien Maher Arar. Il l’a abandonné et l’a laissé se faire torturer durant un an !
Faut-il aussi souligner que déjà dans son rapport de mai 2009, Amnistie internationale « reprochait au Canada son comportement envers les détenus en Afghanistan et son refus d’intervenir dans le dossier du Canadien toujours détenu dans une prison américaine à Guantanamo Bay, Omar Khadr. Il dénonçait également le rôle joué par les fonctionnaires de l’État dans le cas de trois Canadiens détenus et torturés à l’étranger ! »
Aujourd’hui, l’image internationale du Canada est celle d’un pollueur impénitent. Devant les Nations-Unies, est-il en train de devenir aussi un fieffé hypocrite ?