Édition du 18 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le souffle de l'urgence climatique mobilise

Point de mire du 13 novembre 2018

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Plus de 50 000 personnes se sont mobilisées dans les rues de Montréal et d’autres municipalités du Québec à l’invitation du collectif La planète s’invite au Parlement. Michel Pilon y était et nous fournit une réflexion sur le contexte de cette mobilisation ainsi que les obstacles qui risquent de se mettre en travers du chemin tracé par les organisateurs et organisatrices. Les lobbies de tout sorte d’intérêts opposés aux objectifs de réduction des GES ne demeurent pas inactifs. Aucun des principaux partis politiques ne possèdent de programme sérieux de lutte aux changements climatiques. Il questionne aussi l’absence d’un plan global, d’une approche sociale des enjeux, précisant que la plupart des slogans aperçus lors de la manifestation de Montréal reposaient sur des gestes individuels. Un reportage photo accompagne l’article.
 
Bernard Rioux, tout en soutenant l’initiative, questionne l’absence de réflexion sur les fondements sociaux et économiques du basculement climatique de l’Appel du Pacte pour la transition. « Il est largement admis que la situation est le résultat de l’activité humaine » explique l’Appel. Pourtant, c’est bien le capitalisme et ses logiques destructrices qui sont à l’origine du réchauffement climatique. Il explique alors que les partis politiques dominants sont des véhicules des élites, des capitalistes qui n’ont pas intérêt à ce que des mesures contre les changements climatiques ne viennent réduire leurs profits. Depuis des dizaines d’années, des scientifiques sonnent l’alarme sans que bougent réellement les grands de ce monde. Il se prononce contre les mesures dites du capitalisme vert qui ne s’attaquent pas au fonds du problème, le productivisme inhérent du capitalisme.
 
Le même jour, plus de 1000 personnes manifestaient contre le projet de 3e lien dans la région de Québec à l’appel de militant.e.s étudiant.e.s. Ce projet si cher à la droite extrême, ses radios populistes et au lobby de l’automobile ne tient pas la route de la critique qui souligne que la construction d’un 3e pont ne va qu’aggraver les problèmes de congestion tout en soustrayant des milliards de dollars nécessaire à la mise en place d’un système de transport en commun de qualité. Le comité organisateur plaide pour une approche rationnelle et scientifique dans ce dossier et pointe du doigt la démagogie des tenants du 3e lien.

Confrontant l’unanimisme ambiant suite au décès de l’ancien premier ministre Bernard Landry, Jean-François Delisle souhaite mettre des bémols au concert d’éloges en provenance des élites de la société et de la plupart des médias. Bernard Landry a oeuvré par exemple à titre de ministre de l’économie et des finances aux vagues de coupures des gouvernements péquistes dès le printemps 1981 puis plus tard sous Lucien Bouchard et sa cure d’austérité et à la lutte pour le déficit zéro. Il a participé à l’implantation du rétrolibéralisme au Québec. Il était parmi les plus ardents partisans du traité de libre-échange (Alena) et fut l’un des principaux appuis à la mise en place du Québec Inc. Bref, un politicien conservateur malgré le vernis social-démocrate qui lui servait de camouflage.

Sur la scène internationale

Plusieurs sujets retiennent l’attention sur la scène internationale. Nous avons retenu, en premier, un petit article sur la marche vers les États Unis. Marche en Amérique centrale : laissez-les entrer ! Cet article en trois temps place la Marche dans la crise de 2008 en Amérique Latine, brosse ensuite un portrait de la dictature hondurienne et conclut avec la nécessité de la solidarité avec les personnes marcheuses et de la nécessaire hospitalité.

La situation au Brésil continue d’inquiéter. Un premier article est en fait une déclaration des plus percutantes des femmes noires : « Nous sommes nombreuses et nous sommes fortes. Nous savons d’où nous venons et quelles leçons nous avons héritées de nos ancêtres, que nous louons et vénérons, maintenant et toujours. Le chemin a été pavé de sang et de sueur, faire marche arrière n’a jamais été une option viable ni imaginée. » Des mots pour tisser des plans : nous autres,...
Les auteures poursuivent en abordant la période électorale. Elles la situent dans la longue lignée des souffrances et discrimination dont elles sont victimes : « Vous vous demandez encore ce qui s’est passé, car vous pouvez vous permettre de ne pas tenir compte du fait que nous sommes dans un pays esclavocrate, raciste et génocidaire. Cette immense masse conservatrice n’est pas un phénomène récent, mais le portrait fidèle d’une nation qui a résisté à toute idée de changement fondé sur les droits humains comme valeur, la solidarité et l’égalité entre les peuples. Nous n’avons pas été surprises et nous y étions préparées. » Cet article tellement bien écrit finit poétiquement en parlant d’actions collectives, de solidarités et d’amour : « Notre résistance est sur l’asphalte et aussi là où vivent les arbres et le sacré. Déclamant ou en silence mais toujours en train de tisser des plans, baignées par l’amour de nos égéries. Nous savons quoi faire. »

En plus de mettre en lumière la situation des femmes noires au Brésil, nous attirons votre attention sur celle des paysans-paysannes Brésil : Quilombo Campo Grande est menacée par le fascisme Dans cette article, il y est décrit comment les paysans et paysannes ont réussi à se créer une vie collective égalitaire pour tous et toutes : « Le campement génère également une distribution des revenus. Le terrain, qui n’avait qu’un seul propriétaire, apporte aujourd’hui de la dignité à environ 450 familles, soit plus de 2 000 personnes qui en étaient presque à rêver de posséder le terrain par décret de l’Etat. »
Mais maintenant ces personnes vivent dans l’inquiétude depuis les résultats des élections : « Mais maintenant, à travers une conspiration légale entre les grands propriétaires terriens, les députés du groupe ruraliste et les entreprises agroalimentaires de la région, un processus d’expulsion pour ces familles est en train de s’organiser. » L’article conclut à la nécessaire solidarité.

Le Proche -Orient demeure toujours une poudrière. Nous avons choisi un article de Gidéon Lévy parce que ce journaliste nous rapporte toujours des descriptions très prenantes des actes fascistes d’Israël mais à partir de petits faits quotidiens.
Gaza-Israël. Le fossé entre les destins des enfants de Jabalya et ceux de Mefalsim est devenu un terrible gouffre Dans ce texte, il part d’un enfant en bicyclette qui fuit un incendie : « Cependant, il a un foyer équipé d’électricité et d’eau potable, un abri et une chambre d’enfant. Et ce garçon est libre de se déplacer où il veut. Il a peut-être déjà séjourné à l’étranger. Pour autant qu’on puisse le prédire, son avenir est assuré et son sort est entre ses propres mains. C’est un enfant comme tous les autres enfants du « premier monde », même si sa vie n’a pas été facile ces derniers mois et si ses nuits sont terrifiantes. » et le compare avec la vie d’un enfant palestinien : « De l’autre côté de la clôture, d’où sont lancés les cerfs-volants incendiaires, ils veulent rendre la vie malheureuse à Yonatan et à ses amis. C’est le seul moyen dont ils disposent pour rappeler à Yonatan, aux Israéliens et au monde que leur vie est bien plus terrifiante. Peut-être espèrent-ils que le fait de rendre la vie difficile à Yonatan fera que quelqu’un se souviendra de leur triste sort et fera quelque chose pour les sauver. » L’article finit sur les morts tragiques des jeunes dans la bande de Gaza. Très émouvant.

Les médias en ont tellement fait leur chou gras, qu’il était difficile de passé à coté de la commémoration des 100 ans de l’Armistice. Commémoration des 100 ans de la fin de la 1ère guerre mondiale : Cent ans d’hypocrisie. L’auteur reconnaît que depuis 100 ans, plusieurs situations scandaleuses de discrimination ont été dévoilées : « Certes, on oublie moins qu’autrefois ce que la France doit aux soldats de ses colonies, enrôlés de force ou par des promesses jamais tenues (cela se reproduira en 39-45), on évoque le massacre des innocents perpétrés par des généraux arrogants, la lâcheté de la plupart des parlementaires soumis aux marchands d’armes. On a même pu entendre l’évocation des mutins de Craonne. Mais la version officielle de l’État ne retient guère, au fond, toutes ces trahisons infligées à la République. » Mais il insiste sur la situation actuelle : « Derrière les discours de paix, la compétition absolue n’a pas cessé, incluant désormais des multinationales privées. On espionne et contre-espionne. On invente et vend des armes toujours plus meurtrières qui perpétuent les boucheries d’antan : larmes de crocodile à Verdun, contrats juteux à Ryad… » Et hop, le beau Forum de Macron sur la paix bat de l’aile.

Enfin nous concluons avec un article sur le climat en lien avec les manifs tenues un peu partout au Québec. Les droites dures, le choix du pire pour le climat
L’auteur commence par relater les positions anti-écologiques du nouveau gouvernement brésilien pour ouvrir son analyse sur l’ensemble des gouvernement de droite : « Bolsonaro n’est que le dernier d’une longue liste : Donald Trump aux États-Unis, Scott Morrison en Australie, Ivan Duque en Colombie (qui soutient un modèle économique et de développement s’appuyant fortement sur l’industrie minière et agroalimentaire), Vladimir Poutine en Russie, Rodrigo Duterte aux Philippines, Andrzej Duda en Pologne, Matteo Salvini en Italie (qui vient de donner son feu vert au projet climaticide TAP, un gazoduc dans le sud du pays)… Tous ont en commun de représenter une droite dure, voire une extrême droite. Et tous ont en commun d’afficher un climato-scepticisme assumé ou, à tout le moins, d’apporter un soutien tout aussi assumé aux industries polluantes. »

L’auteur poursuit en se questionnant sur le carbo-facisme comme nouvelle tendance du populisme.« L’expression « carbo-fascisme » mise à part, le constat de Jean-Baptiste Fressoz n’en demeure pas moins réel. Et pose plusieurs questions : pourquoi les électeurs sont-ils séduits par ces figures autoritaires et climato-sceptiques ? Pourquoi le déni climatique semble-t-il plus toucher la droite que la gauche ? Enfin, des climato-sceptiques et de l’industrie carbonée, qui soutient qui ? » La notion de virilisme et masculinisme très fort est aussi avancé. L’article aborde ensuite plus concrètement la situation américaine et conclut sur les politiques de Trump.

Bonne lecture

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