Édition du 18 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Ici comme ailleurs, notre combat contre un système capitaliste, extractiviste et patriarcal

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Plus de 50 000 étudiant.e.s stagiaires sont en grève ces jours-ci afin de faire reconnaître le principe d’une rémunération de leur travail. Maria-Alexandra Cracium explique les enjeux de ce mouvement. L’exclusion du régime des normes minimales du travail notamment font réagir. Que « la description du stage ne correspond pas à ce qui se passe réellement dans le milieu ». Et qu’ils et elles « revendiquont que soit reconnue la valeur de notre travail en tant que stagiaire » et explique que « la grève nous permet de rendre visible notre travail. » Le mouvement avait auparavant fait circulé des pétitions, organisé des conférences de presse et il avait sollicité l’attention des élu.e.s, sans résultat. D’où le besoin de passer à des moyens de pression plus visibles. Ce mouvement doit être soutenu par tous les progressistes. La déclaration collective du mouvementest aussi disponible.
 
La caravane des migrants approche la frontière américaine et Trump ne désarme pas devant ce qu’il présente comme une invasion. Leila Celis et Pierre Beaudet rappellent que le phénomène n’est pas nouveau : 350 000 personnes transitent par la frontière du Mexique à chaque année. Il s’agit plutôt pour Trump de « construire » une image négative de l’immigration. Les migrants qui fuient la violence dans leur pays, surtout le Honduras, sont présentés comme des criminels et sont déshumanisés. C’est ainsi qu’on prépare les esprits pour une répression sévère de ce mouvement par la militarisation des frontières.
 
La FTQ et la CSN tenaient un colloque sur l’assurance médicaments la semaine dernière. Nous vous présentons le document qui a guidé les débats en ce sens. La politique soutenue par les deux centrales syndicales veut assurer l’accessibilité aux médicaments pour tous et toutes, ce qu’un régime public permettrait. Par ailleurs, source d’une bonne partie de l’augmentation du budget de la santé du Québec, le prix des médicaments pourrait être réduit de 18% grâce à un système entièrement public.
 
François Lambert, un capitaliste arriviste et personnalité médiatique, a affirmé que les pauvres le sont à cause d’eux et d’elles mêmes et qu’ils sont la source de leurs malheurs. L’Association pour la défenses des droits sociaux du Québec métro réplique en affirmant que la pauvreté n’est pas un choix et que les moyens pour s’en sortit manquent lorsque l’Etat se retire de ses responsabilités de faire en sorte que chacun disposent des outils pour se sortir de ce cercle vicieux.
 
Faisant écho au Pacte pour la transition, Alain Denault et plusieurs auteur.e.s soulignent ) que nous ne sommes pas tous « égaux devant les bouleversements qui nous attendent  ». Que « ce sont les moins nantis du Québec et de toute la planète qui subissent le plus sévèrement les effets des changements climatiques et de la pollution en général » bien qu’il aient « la plus petite empreinte écologique. » Que les riches ont les moyens de se mettre à l’abri. Et qu’il faut tenir compte de ces réalités lorsque vient le temps de choisir des moyens « à la mesure de ma réalité et de mes capacités » pour mettre en lumière ces inégalités face aux moyens d’action accessibles à chacun. Ils invitent par le même geste les critiques « à adoucir leur regard, à mettre en perspective nos possibles maladresses pour garder les yeux sur notre objectif ».

SUR LA SCÈNE INTERNTIONALE

Les personnes migrantes font de plus en plus les manchettes que ce soit en Europe ou en Amérique latine. C’est la Marche des Honduriens et Honduriennes à la frontière américaine. Ce sont aussi les débats en France avec les positions de France Insoumise, ou la jeunesse marocaine attirée par l’Espagne. Nous vous invitons à lire ces articles.

Nous avons choisi de porter attention à la question de l’immigration en Israël.
Errances et migrations au 21ème siècle Cet article met en lumière comment la population perçoit les personnes immigrantes : « Selon les résultats, Israël, serait l’État présentant le plus fort taux d’opposition à l’intégration de réfugiés en provenance de zones de conflits violents. 57% des israélien-nes ayant participé à ce sondage ont fermement refusé d’accueillir, ne serait-ce qu’un seul demandeur d’asile. La Hongrie est le seul autre Etat présentant un taux de refus à peu près aussi élevé (54%).

A titre de comparaison : dans quatre États européens (Espagne, Hollande, Allemagne et Suède), les citoyens se prononcent à plus de 80% en faveur de l’ouverture leur pays aux réfugiés des guerres (79% en France, et 66% aux Etats Unis). » L’auteur se pose aussi la question suivante : « On peut se demander comment un État fondé par des réfugiés et des migrants a pu devenir, dans le monde Occidental, l’État qui refuse le plus fermement de venir en aide aux réfugiés et aux rescapés de violents affrontements » Tout le reste de l’article est une réponse à ce questionnement.

La colère des masses a éclaté en France. Les gilets jaunes ont exprimé leur frustration face aux nouvelles hausses des prix de l’essence. Ce sont toujours les moins nanti-e-s qui subissent les compressions : le patronat et les multinationales bénéficient de privilèges fiscaux et financiers. 8 organisations politiques progressistes se sont unies pour dénoncer cet état de fait mais aussi pour avancer des propositions allant vers une réelle transition écologique. À lire.

Face à la crise économique et suite au expériences de 2008 où les États ont renfloué à coup de milliards les banques, il faut se questionner sur ce qu’on peut faire avec les banques pour construire un monde meilleur. Que faire des banques ? Mesures immédiates pour aller vers la socialisation L’article commence par montrer l’ampleur du sauvetage des banques par les différentes États. Ensuite il propose ses propres orientations : « Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :
1. Restructurer le secteur bancaire ; 2. Éradiquer la spéculation ;3. Mettre fin au secret bancaire ; 4. Réguler le secteur bancaire ; 5. Financer autrement les dépenses publiques ; 6. Renforcer les banques publiques »
La suite de l’article consiste à expliciter ces éléments. Super pédagogique pour quiconque ne connaît pas les ressorts des institutions bancaires. Super concret pour faciliter les revendications dans nos luttes.

Enfin nous avons retenu deux déclarations internationales qui nous propose une analyse claire des systèmes capitaliste, extractiviste et patriarcal. Parce que nous tissons des réseaux, parce que nous sommes vigilantes. Nous continuerons à marcher jusqu’à ce que toutes les femmes soient libres. Dans cet article, nous voyons que la Marche mondiale des femmes, à partir des expériences et des luttes des femmes un peu partout dans le monde contre les minières, tissent des liens entre les pillages des ressources naturelles, les violences faites aux femmes et la militarisation de nos sociétés. « Aujourd’hui, les féministes sont confrontées à défis importants, des menaces et des attaques du néolibéralisme contre les avancements des mouvements sociaux, contre la liberté d’expression, contre la défense des corps et des territoires en réprimant et en militarisant les zones qui offrent une résistance à ses objectifs d’homogénéiser la région des Amériques sous le regard impérialiste et politique du pouvoir économique. »

Déclaration du Forum social thématique sur l’économie minière et extractiviste – Johannesburg, 12-15 novembre 2018 Au-delà de l’extractivisme : notre droit de dire Non !. Cette déclaration est vraiment complémentaire à la précédente. L’industrie minière y est décriée. Le saccage de la nature y est rejeté. Le texte se bâtit autour de NON dénonçant les exploitations des communautés, des femmes, des paysans et paysannes, et surtout la détérioration de la terre. Mais le texte expose aussi des OUI pour le futur, pour préserver la nature, pour freiner la consommation, pour la construction de communautés solidaire. Il conclut : « Dans la vision du monde de bon nombre de nos peuples, groupes et communautés autochtones, la nature n’est pas une propriété. La nature ne peut être vendue ni séparée des êtres humains. Nous sommes la nature, nous appartenons tous à la même communauté de vies. Chaque écosystème a le droit de vivre et de se développer « l’eau a le droit de couler et les oiseaux de boire et de voler ». Les rivières et les terres sont des entités porteuses de droits et nous devons reconnaître leur caractère sacré. »

Bonne lecture

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