Militant actif dans le mouvement étudiant et les mouvements de solidarité internationale (Chili, Nicaragua, El Salvador…)durant les années 70, il a milité plusieurs années dans le mouvement syndical enseignant, au niveau local, tant à la CSN qu’à la CEQ. Militant socialiste depuis le début des années 70, il a été impliqué dans le processus d’unification de la gauche politique. Il a participé à la fondation du Parti de la démocratie socialiste et à celle de l’Union des Forces progressistes. Militant de Québec solidaire et membre de sa commission politique, il participe au collectif de Gauche socialiste où il a été longtemps responsable de son site, lagauche.com. Il est un membre fondateur de Presse-toi à gauche.
Avec 143 sièges, le Parti Stephen Harper est encore au pouvoir même s’il reste minoritaire. Face à un Parti libéral aux abois, il pourra continuer, durant les prochains mois, à mener ses politiques réactionnaires contre la majorité de la population canadienne. Cette situation pose à la gauche des défis importants.
Le gouvernement conservateur, un gouvernement illégitime
Plus de 60% de la population canadienne a voté contre un gouvernement conservateur et a rejeté ses politiques. Si on tient compte que la participation électorale a été de 59%, ce gouvernement a donc été élu par une minorité (22%) des citoyennes et citoyens de ce pays. Mais Stephen Harper se retrouve avec 46% de la députation et pourra appliquer les politiques qui ont été rejetées par la majorité.
Peut-on avoir confiance au chef conservateur pour tenir compte de ces réalités et des aspirations de la population ? Il faudrait être d’une naïveté innommable pour le croire. Si les grands partis néolibéraux ne réforment pas le mode de scrutin, c’est qu’ils en tirent avantage. Une représentation véritable des volontés de la population est la dernière de leurs préoccupations. Et cela sans parler du fait que ce sont les partis tiers qui en subissent les pires préjudices. C’est pourquoi les voix du NPD sont sous-représentées et que les 940 000 votes du Parti Vert n’ont droit à aucune représentation.
La crise du PLC sanctionnée par les élections
La crise du PLC est une crise d’orientation et une crise de direction. Elle s’est révélée dans toute son ampleur durant cette campagne électorale. Les Libéraux ont perdu 28 sièges. Cette dégringolade a permis entre autres choses aux Conservateurs non seulement de rester en selle mais de consolider leur gouvernement. Le PLC se retrouve avec 77 député-e-s seulement et avec 27,3% des votes ce qui est, pour ce dernier taux, le pire résultat de son histoire.
La crise de direction va s’exacerber. Stéphane Dion va être éjecté de façon plus ou moins élégante. On peut s’attendre à ce que le PLC sera en processus de reconstruction pour toute la prochaine année. Cela, c’est sans mentionner les problèmes financiers qui l’accablent. Dans une telle situation, il ne pourra même pas envisager de renverser le gouvernement conservateur ce qui donnera à ce dernier, une importante marge de manœuvre pour toute une période.
La performance du Bloc québécois exprime le refus des politiques conservatrices... dans de larges secteurs de la population
Au Québec, le Bloc a su maintenir le nombre de ses élu-e-s et incarner le refus de la vague conservatrice. Ses efforts ont réussi à donner une dimension identitaire à l’opposition au Parti conservateur et ont permis ainsi que ne se concrétise pas la percée conservatrice. Mais, ces succès du Bloc entraveront-t-il vraiment les possibilités des Conservateurs de mettre en place leurs politiques ? On peut en douter. Car ce qui le lui permettrait vraiment, ce serait la fin de la domination politique des Conservateurs sur la politique canadienne. Et cet objectif, ne peut être atteint à partir du seul Québec. Voilà une discussion stratégique essentielle.
Le Nouveau Parti démocratique, une progression déniée par le mode de scrutin
Le Nouveau Parti Démocratique a également exprimé les volontés de secteurs de la population qui aspirent à plus de justice sociale et à une répartition moins inégalitaire de la richesse. Avec 37 député-e-s et 18% du vote, il a connu une progression et a su conserver ses votes jusqu’au scrutin contrairement à ce qui s’est souvent produit dans les élections antérieures. Au Québec, avec 12,2%, soit à peine moins du tiers du vote bloquiste, il y obtient un seul député, soit des dizaines de fois moins que le nombre des député-e-s du Bloc québécois. Cela démontre le caractère profondément anti-démocratique du vote uninominal à un tour.
Le bataille pour l’unité des forces sociales progressistes est incontournable
Le gouvernement Harper se servira du contexte de crise économique pour approfondir la remise en question des acquis sociaux de la population. L’opposition devra se mobiliser dans la rue comme elle a déjà commencé à le faire durant la période électorale.
L’opposition la plus déterminée trouvera sans doute certaines voies pour s’exprimer à la Chambre des communes, mais pour trouver sa véritable force, elle devra occuper la rue, créer des alliances à l’échelle du pays tout entier, dans le respect des spécificités nationales sans doute, mais dans la certitude que c’est ensemble que les mouvements sociaux progressistes pourront véritablement bloquer l’offensive conservatrice.