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mardi 21 février 2017, par Bernard Rioux

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Environnement

Le premier ministre Justin Trudeau a capitulé complètement face aux pressions des pétrolières


Le gouvernement de Justin Trudeau s’est doté d’un plan climat qui devait selon le premier ministre constituer une nouvelle ère pour la lutte aux changements climatiques. Ce plan devait rendre possibles une croissance économique durable, la mise en place d’entreprises canadiennes de nouvelles technologies, une stratégie d’électrification des transports et la mise en place d’un mécanisme de reddition de comptes quant à ses engagements internationaux sur la réduction des gaz à effet de serre.

Phrases creuses et écran de fumée…

Pourtant, en décembre, Justin Trudeau approuve la construction du pipeline Kinder Morgan qui acheminera chaque jour 890 000 barils de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta à la Colombie-Britannique où il attirera 400 navires pétroliers par année le long de la côte du Pacifique. Il a aussi permis la construction du projet d’Enbridge entre l’Alberta et le Wisconsin. Le 24 janvier dernier, il se réjouissait de la décision du président des États-Unis Donald Trump de renverser la position du président Obama et de permettre la construction de l’oléoduc Keystone XL. Contrairement à ce qu’il affirme, la construction de ces pipelines ne réduira pas le transport ferroviaire du pétrole bitumineux. Au contraire, le transport ferroviaire connaît une expansion considérable. En fait, Justin Trudeau se donne comme mission de rendre disponibles les ressources naturelles sur le marché mondial. Il avoue par là que ce qui est en jeu, ce n’est pas de répondre aux besoins domestiques en pétrole. La preuve en est que la consommation canadienne est d’environ 2,5 barils par jour alors que les pétrolières visent à augmenter la production de ce pétrole sale de 3,9 millions de barils par jour à plus de 5 millions.

Oublier les avertissements des scientifiques

Les scientifiques ont clairement établi que l’exploration des sables bitumineux est un facteur très important d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, tant au niveau de leur exploitation qu’au niveau de leur utilisation. Il faut laisser ce pétrole extrêmement polluant dans le sol. Il est établi que le Canada sera incapable de respecter ses cibles de réduction d’émission de GES pour 2030 même si ces dernières sont les mêmes que celles fixées par le gouvernement Harper. Le Parti libéral du Canada avait dénoncé ces cibles comme étant tout à fait insuffisantes lorsqu’il était dans l’opposition. Maintenant, le gouvernement fédéral laisse même entendre qu’il ne sera peut-être même pas possible de les atteindre.

Le premier ministre a cédé aux pressions des pétrolières sur toute la ligne. Justin Trudeau s’est même excusé et a avoué s’être mal exprimé pour avoir affirmé l’importance d’éliminer progressivement l’exploitation des sables bitumineux. Pas très déterminé, pour un premier ministre qui a osé se présenter comme un représentant de la croissance propre.

Un discours mensonger et hypocrite

En fait, Justin Trudeau est empêtré dans sa rhétorique mensongère. Il prétend que le Canada peut sortir des combustibles fossiles tout en augmentant leur production et leur exportation sur toute la planète. Il prétend soutenir l’exploitation des énergies fossiles pour créer des emplois alors que c’est la transition énergétique vers les énergies renouvelables qui permettrait de créer massivement des emplois. Il prétend, de plus en plus discrètement que le Canada respectera les engagements pris à Paris alors qu’il mène une politique qui conduira le Canada à demeurer un dinosaure basant sa stratégie économique sur le renforcement des énergies fossiles.

Justin Trudeau est prêt à souligner l’importance de la lutte aux changements climatiques. Mais, il refuse de se rendre aux arguments et aux propositions des scientifiques. Il est prêt à se prendre en autoportrait avec un ours polaire, mais il accepte de collaborer et de soutenir le renforcement de l’exploitation des énergies fossiles tout en refusant d’accepter les conséquences désastreuses de ses politiques pour l’avenir de la planète.