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lundi 13 mars 2017, par Francis Lagacé

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Politique québécoise

On cherche de l’humanité, on trouve la brutalité


Le gouvernement Couillard du Parti libéral du Québec avait promis de changer par rapport au gouvernement Charest : plus de consultation, plus de sensibilité aux préoccupations sociales, plus de transparence...

En fait, on a eu droit à encore plus de néolibéralisme, à la novlangue qui habille l’austérité du joli nom de rigueur, à des consultations bidons ou à l’absence de consultation. Quant à la transparence, s’il s’agit d’affirmer clairement qu’on favorise les affairistes au détriment de la population, on pourrait dire que c’est le cas, comme l’illustre la situation de cette municipalité gaspésienne qui a voulu protéger son eau potable : poursuivie par une entreprise d’exploration d’hydrocarbures, elle n’a reçu aucun appui du gouvernement qui s’est rangé du côté de l’industrie.

On a expérimenté l’absence totale d’empathie des deux médecins qui dirigent ce gouvernement comme une business : le ministre de la Santé et le Premier ministre. L’empathie est pourtant la qualité première recherchée chez un médecin. Ce n’est pas le cas du deumvirat qui centralise et « austérise » à tout-va.

L’affaire de la quasi-disparition de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques est aussi symptomatique. La Commission de représentation électorale soumet d’abord un projet de modification des circonscriptions qui fusionnent deux circonscriptions libérales dans l’Île de Montréal. Les Libéraux en sont insatisfaits et demandent un nouveau découpage. La Commission revient avec une nouvelle proposition qui fait disparaître une circonscription représentée par Québec Solidaire, amalgamant ce quartier populaire avec le quartier huppé de Westmount. On imagine les belles moyennes socio-économiques, servant à mesurer les besoins en programmes sociaux et les subventions aux organismes communautaires, que cela aurait donné !

Il faut voir l’absence totale de sympathie et de compréhension du gouvernement. On affirmait qu’il faut respecter la Commission de représentation électorale. Beau respect ! Il s’applique seulement quand ça fait l’affaire du parti au pouvoir. Devant le tollé général et les arguments solides que les citoyenNEs du quartier ont soumis, la Commission est revenue à sa proposition initiale.

Et voici que Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole de la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante), pose sa candidature au poste de porte-parole de Québec Solidaire. Les Libéraux nous ressortent les cris d’orfraie qu’ils nous servaient en 2012 : « Il défie les lois ! Il ne condamne pas la violence ! »

Moi, j’aimerais bien soumettre à ce gouvernement une liste de violences à condamner : La violence des pétrolières et gazières qui peuvent exproprier quiconque réside sur un gisement d’hydrocarbures ; la violence des mesures antisociales qui restreignent l’accès à l’aide sociale et en réduisent les versements ; la violence de l’absence de contrôle des loyers qui jette les gens à la rue ; la violence de la centralisation à outrance qui déresponsabilise les intervenantEs en santé et en services sociaux ; la violence de la prétendue optimisation des services qui transforme les employéEs de l’État en machines à remplir des feuilles de temps, qui les place en compétition les unEs avec les autres, les accule à l’épuisement et à la dépression... et j’en passe.

Les membres de ce gouvernement font donc comme si ce n’était pas le gouvernement libéral qui avait été la source de la plus grande crise sociale des 40 dernières années. Ils reprennent l’antienne brutale qui trouve normale la violence policière et juge scandaleuse la contestation sociale. Où donc est ce changement que monsieur Couillard avait promis ? Quelle est donc la différence entre le gouvernement Couillard et le gouvernement Charest ?

LAGACÉ, Francis