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mardi 14 mars 2017, par Comité des femmes de Québec Solidaire Capitale-Nationale

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Féminisme

Les féminicides en Amérique latine


Durant l’année 2016, quatre femmes, leaders écologistes et féministes, ont été assassinées. Elles luttaient contre les politiques extractivistes des grandes industries minières et l’installation de centrales hydroélectriques sur leurs territoires.

1) En Colombie, le premier mars 2016, Maricela Tombé est assassinée. Cette dirigeante a consacré une grande partie de sa vie au travail communautaire. Elle avait 33 ans, elle était mère de 4 enfants.

2) Au Honduras, le 4 mars 2016, Berta Caceres, du Conseil national des organisations populaires et indigènes d’Honduras (COPINH) est assassinée à son tour. Activiste et leader de la communauté indigène du Lenca, ayant en 2015 reçu le prix Goldman pour l’environnement, elle s’était fait connaître dans une campagne pour la défense du fleuve Gualcarque, dans le département de Santa Barbara, au nord-ouest du Honduras, là où une entreprise voulait construire un barrage hydroélectrique et menaçait de priver d’eau des centaines d’habitants de la région. Pour protéger la rivière Gualcarque, Berta Caceres s’est opposée à la Banque mondiale et à la société d’Etat chinoise Sinohydro. Cette société Sinohydro s’est retirée du projet de même que la Banque mondiale qui finançait les travaux. Elle avait 40 ans et était mère de 4 enfants.

3) Au Honduras, le 6 juin 2016, c’est au tour de Lesbia Yaneth Urquía, du Conseil national des organisations populaires et indigènes d’Honduras (COPINH) d’être assassinée. Activiste, tout comme Berta Cáceres, elle s’était, elle aussi, opposée à des projets hydroélectriques. Parmi ceux-ci, il y avait un chantier promu par la présidente du Parti National et par une vice-présidente du Congrès, Gladys Aurora López. Lesbia Yaneth Urquía avait 49 ans et était mère de trois enfants.

4) Au Chili, le 22 août 2016, Macarena Valdés Muñoz, activiste Mapuche est assassinée, alors qu’elle et sa famille étaient en conflit avec l’entreprise Global PR qui voulait installer des tours de haute tension dans le territoire de la communauté et qui construisait sur leur territoire une centrale hydroélectrique. Des individus de cette entreprise les auraient menacées quelques jours avant sa mort. Elle avait 32 ans et était mère de trois enfants.

"La mort de militantes écologistes, communautaires et féministes constitue un féminicide politique ayant pour objectif de faire taire les voix des femmes qui avec courage défendent leurs droits à l’encontre du système patriarcal, raciste et capitaliste en vigueur en Amérique Latine. "

Aux assassinats de ces dirigeantes qui ont défendu leurs territoires avec leur vie, on peut ajouter les femmes qui ont été tuées par des hommes les considérant comme leur propriété. En 2015, 18% d’entre elles avaient moins de 20 ans.
Aujourd’hui, en Amérique latine les féminicides font partie de l’actualité.
Le féminicide «  est une des formes les plus extrêmes de violences faites aux femmes, c’est l’assassinat d’une femme par un homme qui la considère comme sa propriété » … « ce sont des meurtres sexistes, des violences de genre.
Pour l’Organisation mondiale de la Santé, le féminicide est défini comme « tout meurtre de filles ou de femmes pour le simple motif qu’elles sont des femmes ».

Face à cette violence, la réaction collective des femmes :

Sous le mot d’ordre « Ni Una Menos]] » « Pas une de moins », le collectif argentin du même nom ainsi qu’une cinquantaine d’associations féministes, de syndicats et autres organisations, avaient appelé les femmes à se mobiliser et à faire grève, d’une heure de travail, le 19 octobre 2016, pendant la même semaine où se sont passés les événements de l’université Laval. Au même moment, des manifestations de solidarité ont eu lieu, au Chili, au Mexique, au Brésil, en Uruguay et en Espagne.

Aujourd’hui le mouvement de femmes en Amérique latine fait grève ce 8 mars 2017, et elles seront dans la rue pour manifester contre les politiques néolibérales qui renforcent le Patriarcat.