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    AUTEUR


     pressegauche.org"> Bernard Rioux

    Militant actif dans le mouvement étudiant et les mouvements de solidarité internationale (Chili, Nicaragua, El Salvador…)durant les années 70, il a milité plusieurs années dans le mouvement syndical enseignant, au niveau local, tant à la CSN qu’à la CEQ. Militant socialiste depuis le début des années 70, il a été impliqué dans le processus d’unification de la gauche politique. Il a participé à la fondation du Parti de la démocratie socialiste et à celle de l’Union des Forces progressistes. Militant de Québec solidaire et membre de sa commission politique, il participe au collectif de Gauche socialiste où il a été longtemps responsable de son site, lagauche.com. Il est un membre fondateur de Presse-toi à gauche.


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    Stephen Harper en Afghanistan

    Que sommes-nous allés faire dans cette galère ?

    lundi 13 mars 2006, par Bernard Rioux

    Les jours se suivent et se ressemblent pour les soldats canadiens en Afghanistan. Depuis leur transfert dans la région de Kandahar, ces derniers sont attaqués et certains sont tués. Pourquoi des contingents de l’armée canadienne se retrouvent-ils en Afghanistan ? Pourquoi ne pas rapatrier les troupes ?

    Ces questions se sont rapidement posées. D’autant plus que, selon un sondage Strategic Counsel réalisé pour CTV en février dernier, 62% des Canadiennes et des Canadiens sont opposés à l’envoi de troupes du Canada en Afghanistan, contre 27% qui sont en faveur. Au Québec, l’opposition atteint même 76%, soit 20 de plus que dans le reste du Canada.

    Comment réagissent Harper et cie ?

    Stephen Harper, au mépris des aspirations pacifistes de la population canadienne, affirme que l’armée du Canada est en Afghanistan pour y rester et qu’il ne prendra pas de décision dans ce domaine en fonction des sondages. Il prétend même que ce sont les officiers de l’armée qui lui indiqueront le temps qui sera nécessaire pour la réalisation de l’opération. Le Premier ministre et son ministre de la Défense ne veulent même pas débattre de la question aux Communes et encore moins prendre un vote sur ces questions comme le demandent le Bloc Québécois et le Nouveau parti démocratique.

    Le gouvernement fédéral mijote plutôt, avec l’armée, un plan visant à multiplier les efforts pour vendre la mission à la population. La tournée du Premier ministre en Afghanistan s’insère dans ce plan et démontre la détermination du gouvernement conservateur à défendre l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Et cette campagne de propagande s’avérera d’autant plus nécessaire que le chef d’état-major de l’armée canadienne en Afghanistan, Rick Hillier, prévoit que cette mission pourrait s’étendre sur une dizaine d’années. Des éditorialistes comme André Pratte de La Presse, en faux démocrate reconverti aux vertus de la guerre, affirme que le débat à la Chambre des communes serait nuisible s’il n’aboutissait pas à un appui ferme du Parlement à cette intervention.

    L’apport canadien à la stratégie américaine dans la région

    L’engagement canadien en Afghanistan vise essentiellement à appuyer la stratégie américaine dans la région en permettant à Washington de concentrer ses forces sur l’Irak. Le Canada, comme sous-traitant des États-Unis et sous le haut-commandement de l’OTAN, prétend travailler à la reconstruction de l’Afghanistan alors qu’il cherche à imposer les recettes habituelles de la privatisation et de l’ouverture au marché international avancées par la Banque mondiale, recettes qui ont donné des résultats pitoyables pour l’ensemble des pays du tiers-monde. En réalité, le Canada cherche à garantir des avantages économiques (le pipeline gazier trans-afghan) et une présence militaire importante des grandes puissances dans toute la région de l’Asie centrale. Le Canada s’inscrit ainsi dans une logique de légitimation du "droit" d’envahir des pays plus faibles et de les "reconstruire" au profit de leurs grandes entreprises.

    Le complexe militaro-industriel canadien derrière cette intervention

    Le complexe militaro-industriel canadien en profite pour mener une campagne pour la rénovation du matériel militaire de l’armée. En ce sens, il a reçu un appui sans réserve du PLC au pouvoir et des Conservateurs de Stephen Harper. Dans le budget de 2005, le PLC a annoncé une hausse des dépenses militaires de 12,8 milliards sur 5 ans, ce qui aura pour effet de presque doubler le budget de la "défense canadienne". Bell Helipcoter, Oerlikon et quelques autres entreprises de production de matériel miliaire profitent déjà des retombées de ce cette nouvelle mission belliciste de l’armée canadienne.

    Troupes canadiennes hors d’Afghanistan

    La population canadienne et la vaste majorité des Québécoises et des Québécois en particulier rejettent la participation de l’armée canadienne à des guerres d’agression comme celle d’Afghanistan. Elle est descendue massivement dans les rues pour le clamer haut et fort. Le retrait immédiat des forces canadiennes d’Afghanistan est une exigence démocratique essentielle. Le 18 mars prochain, il y aura des manifestations pour commémorer le troisième anniversaire de l’intervention américaine en Irak. Ce sera l’occasion de faire entendre notre voix et de dire non au ralliement des autorités canadiennes à la logique guerrière de l’administration de Georges Bush. Nous y serons.


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