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    Jean-Claude St-Louis

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    Le Canada en guerre

    mardi 3 février 2009, par Jean-Claude St-Louis

    Le Canada est en guerre en Afghanistan, mais la plupart des canadiens ignorent pourquoi. Habituellement, une guerre fait suite à une agression armée ou une déclaration de guerre, ce qui n’est pas le cas avec celle-ci. Alors, « Qu’est-ce que le Canada, un pays pacifique, fait en Afghanistan ? », se demandent un grand nombre de canadiens.

    Au début, on a cru que les bombardements contre l’Afghanistan faisaient suite aux attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. Les américains accusaient Oussama Bel Laden d’en être le responsable et comme ce dernier se cachait en Afghanistan, ils ont décidé de bombarder ce pays.

    Il fallait bien que les américains se vengent contre quelqu’un, mais comme les pirates de l’air étaient saoudiens, il était gênant de bombarder l’Arabie Saoudite, un pays ami. L’attaque contre l’Afghanistan était donc dans le but de capturer Oussama Ben Laden, mort ou vif et de démanteler les bases d’entraînement d’Al Qaeda, une organisation terroriste.

    Au fil des ans, et comme Ben Laden demeurait introuvable, la guerre menée en Afghanistan s’est transformée en guerre contre les talibans, des fanatiques religieux qui dirigeaient le pays. Est-ce que les talibans avaient une responsabilité quelconque dans les attentats du 11 septembre 2001 ? Absolument pas ! Sauf qu’ils donnaient asile à Ben Laden et qu’ils refusaient de le livrer aux américains.

    La raison invoquée pour justifier une guerre contre les talibans fut donc la défense de la démocratie et de nos valeurs si chères. On a démonisé les talibans en les présentant comme des monstres, assoiffés de sang, qui torturaient les femmes et martyrisaient le peuple afghan. Nous, canadiens, étions en Afghanistan pour combattre les talibans et instaurer une démocratie. Il fallait bien se donner bonne conscience !

    UNE CERTAINE ODEUR DE PÉTROLE

    Tout comme la guerre menée en Irak, celle en Afghanistan cache des intérêts autres que le départ des talibans et l’instauration d’une démocratie. L’Afghanistan est un pays plus vaste que la France. Il est bordé à l’ouest par l’Iran, au sud-est par le Pakistan, à l’est par la Chine et au nord, par le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan, trois anciennes républiques soviétiques, très riches en pétrole.

    C’est dans ce coin du globe, aux caractères extrêmes, que s’affrontent les géants pétroliers, au grand dam des peuplent qui tentent d’y survivre. Car il ne faut pas oublier que l’Afghanistan est une mosaïque de plusieurs petits peuples avec chacun leur langue et leur culture. On y retrouve les pachtouns (38%), les tadjiks (25%), les hazaras (19%), les turkmènes et baloutches (12%) et les ouzbeks (6%). On y parle le dari (50%), le pachto (35%) et les langues turkmènes. Le pays est musulman et comprend les sunnites (84%) et les chiites (15%). Les chrétiens ne représentent que 1% de la population.

    Il y a longtemps que les grands financiers internationaux sont présents en Afghanistan, à cause de l’exploitation pétrolière. Avec la révolution islamique en Iran, il était absolument indispensable pour les compagnies pétrolières américaines, de trouver un moyen de franchir l’Asie Centrale. La prise de contrôle de l’Afghanistan par les américains devenait donc, à leurs yeux, une nécessité absolue.

    Les compagnies pétrolières et leurs financiers ont investi des milliards de dollars en Afghanistan en vue de construire un oléoduc donnant accès aux riches gisements des pays de l’ancienne Union Soviétique. Étonnamment, Oussama Ben Laden, un riche homme d’affaires saoudien, s’est avéré un intermédiaire efficace au début des tractations financières. Non seulement a-t-il agi comme agent de la CIA dans la guerre de l’Union Soviétique contre l’Afghanistan, mais lui et sa famille, de même que la famille de George Bush, ont des intérêts communs dans le pétrole.

    Les grandes compagnies américaines ont commencé les tractations avec la République d’Afghanistan et les ont poursuivies avec les talibans lorsque ces derniers ont pris le pouvoir. Mais comme les talibans se montraient un peu trop réticents, les grandes compagnies pétrolières et leurs financiers internationaux, dont faisait partie la famille Ben Laden, ont décidé de mettre les talibans à l’ombre pour que les affaires économiques et pétrolières puissent se poursuivre normalement.

    Et le Canada, en bon serviteur docile des intérêts des grandes entreprises pétrolières et des grands financiers internationaux, poursuit sa guerre contre les talibans, en stimulant l’esprit patriotiques des canadiens qui, naïvement, croient défendre des valeurs démocratique et défendre le bien dans la lutte contre le mal.

    C’est drôle, mais il me semble que le bien a une certaine odeur de pétrole !


    Image : Jose Mercader


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