Le PQ et le Bloc n’ont plus le monopole du combat indépendantiste
mardi 10 février 2009, par Jean-François Lessard
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M. Nicolas Girard, député péquiste de Gouin,
M. Bernard Bigras, député bloquiste de Rosemont-La-Petite-Patrie
En tant que militant de Québec solidaire et citoyen des circonscriptions que vous représentez, j’aimerais vous signifier ma déception d’avoir vu vos chefs, Mme Marois et M. Duceppe, répondre à M. Nicolas Sarkozy au nom du camp souverainiste sans l’assistance du député de Québec solidaire, Amir Khadir.
Il y a désormais un autre parti souverainiste qui siège à l’Assemblée nationale, et Québec solidaire devrait, selon moi, être invité par le PQ et le Bloc à faire avec eux toutes les sorties qui visent à prendre la défense du mouvement souverainiste, spécialement sur la scène internationale.
De la même façon que Messieurs Parizeau et Bouchard ont tendu la main à Mario Dumont lors du référendum de 1995, il est logique que Mme Marois et M. Duceppe en fasse de même avec M. Khadir en pareilles circonstances. Il en va de l’unité du mouvement.
En tant que membre de QS, je vous dirai que le fait que nous ayons fondé un parti politique distinct du vôtre relève moins des quelques divergences de vues sur la façon de mener le combat indépendantiste que sur une profonde différence de vision de la gouvernance de l’état québécois. Et parmi ces façons de gouverner l’état qui nous déplaise, il y a l’unilatéralisme partisan inopportun dont vos chefs ont fait preuve ici.
Si je crois pertinemment que la diversité des points de vues au sein du mouvement souverainiste est saine et que je crois qu’il soit naturel qu’elle puisse se manifester par la multiplicité des partis politiques à l’Assemblée nationale, je crois en revanche qu’il faut que le mouvement souverainiste fasse front commun sur les questions qui concernent l’ensemble du mouvement.
Notez bien, messieurs les députés, ce que je vous dis : le PQ et le Bloc n’ont plus le monopole du combat indépendantiste. Dans ce combat, nous avons besoin de toutes les forces en présence et je suis persuadé que pour ce qui est de défendre l’intégrité de l’image du mouvement sur la scène internationale, Québec solidaire sera toujours prêt à faire front commun avec le PQ et le Bloc. En n’invitantant pas Québec solidaire à cosigner la lettre adressée au président de la République française, vos chefs ont exprimé leur volonté de marginaliser l’électorat qu’il représente.
En ces temps où l’indépendance n’a pas la cote dans l’opinion publique, la division du camp souverainiste est une plaie. J’espère que vos partis respectifs sauront prendre acte de mes doléances qui sont, j’en suis persuadé, partagées par quelques centaines de milliers de québécois et de québécoises souverainistes contents de se voir à nouveau dûment représentés à l’Assemblée nationale après de longues années d’errance.
Les excuses publiques de Mme Marois et de M. Duceppe seraient grandement appréciées de moi-même et de la part des citoyens et des citoyennes solidaires de Gouin et Mercier avec qui j’ai partagé mon opinion. L’unité partisane autour du PQ est révolue. Je vous prie toutefois de bien vouloir enjoindre vos collègues à ne pas briser l’unité du mouvement souverainiste dans son ensemble.
Jean-François Lessard
Citoyen de Gouin et de Rosemont-La-Petite-Patrie
Membre fondateur de Québec solidaire
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