Derniers articles de la rubrique :
Québec solidaire

  • Économie : un autre monde est possible
  • Vers un parti anticapitaliste s’inscrivant dans un large mouvement de lutte au néolibéralisme
  • Construire Québec solidaire comme parti des urnes et de la rue, une perspective incontournable
  • Amir Khadir dénonce le blocus de Gaza et la répression contre la flotille de la paix
  • Un plan de lutte qui manque de courage et rate sa cible
  • Derniers articles de ce thème :
    Québec solidaire

  • Présentation de la candidate de Québec solidaire
  • Québec solidaire : Lancement de l’enjeu 2
  • Pour interdire l’utilisation d’un ticket modérateur en santé
  • Gouvernement sous influence : M. Charest doit déclencher une enquête publique ou démissionner
  • Appel de Québec solidaire aux manifestants-es du 11 avril

  • Derniers articles de ce pays : Québec

  • La souveraineté alimentaire, rafraîchissante pour la planète !
  • Les Journées Alternatives 2010 : un succès populaires et politique
  • Les Métallos et la FTQ à la Commission parlementaire sur les mine
  • La FAE recommande le rejet des offres salariales du gouvernement
  • Le recrutement militaire dans les écoles primaires dénoncé

  • IMPRIMER
    IMPRIMER

    AUTEUR


    Amir Khadir

    envoyer l'article par mail envoyer par mail


    Vous êtes ici : Accueil > Politique québécoise > Québec solidaire > Le député, qu’est-ce ça donne ?

    Le député, qu’est-ce ça donne ?

    mardi 17 février 2009, par Amir Khadir

    Celui qui m’a posé la question, victime de plusieurs exclusions sociales et de ses propres déboires, était bien légitimement assez sceptique face à la société. L’homme voulait entendre des exemples concrets, peut-être pour surmonter son scepticisme face au « système ». Sa question était en fait : députés, parlement ou gouvernement, sont-ils encore au service des citoyens ?

    Je lui ai répondu que je commence mon travail et bien sincèrement, je ne sais pas encore quelle sera la portée de mes interventions au parlement. Le 14 janvier, cela a bien marché. Le jeu des règles parlementaires qui exige le consentement unanime des députés pour présenter une motion sans préavis, a forcé le gouvernement à accepter mon amendement et d’inclure dans les demandes du Premier ministre Charest au Fédéral d’améliorer l’accessibilité et augmenter les prestations d’assurance emploi. En sera-t-il toujours ainsi ? Ce sera probablement difficile. On verra.

    Pour le moment, je rencontre beaucoup de personnes et d’organismes – pas uniquement du comté - qui me demandent d’intervenir pour obtenir un soutien ou un service. Au bureau, Isabelle et Josée m’épaulent dans ce travail. Plusieurs démarches ont déjà porté fruits. Nous le devons en partie au personnel et aux titulaires de certains ministères qui nous accueillent avec un remarquable esprit de collaboration. Sans doute parce que je représente un nouveau parti à l’Assemblée nationale et tout le monde est amusé par la nouveauté de notre présence. Je souhaite que cette lune de miel se poursuive le plus longtemps possible au bénéfice des citoyens de Mercier.

    Je me rends compte aussi que parfois des personnes viennent au bureau d’abord pour trouver une écoute, tant elles ont besoin d’être soulagé du poids d’une injustice subie ou d’insupportables ennuis bureaucratiques. On tente bien sûr de faire quelque chose, de trouver une solution. Mais c’est surtout un exercice d’humilité auquel j’apprends à me plier, car des fois on ne peut rien du tout.

    Mais le plus grave, c’est le sentiment d’impuissance collective devant la dépression économique qui nous menace. Les gouvernements du Québec et du Canada présentent leur propre impuissance comme une fatalité. On demande au peuple de se contenter du petit pain mais on allonge des dizaines de milliards aux banques et aux patrons des grandes industries. Alors, pour en revenir à la question, devant tout ça : le député, qu’est-ce ça donne ?

    Individuellement, rien du tout. Collectivement beaucoup ! Car, la liberté d’un peuple, sa marge de manœuvre pour effectuer des choix conformes à ses intérêts ne peut être garantie que si le gouvernement protège la nation contre l’abus de ceux qui sont en position de force. Mon rôle de député sera alors de rappeler que les responsables de la déroute économique actuelle sont les mêmes détenteurs du pouvoir financier qui ont poussé nos gouvernements à réduire l’impôt des plus riches et à consentir des avantages scandaleux aux grandes entreprises. Or les gouvernements ont besoin de revenus importants pour sortir de la crise car il faut investir massivement pour créer de l’emploi et pour protéger la société et la nature. Mon devoir sera d’inviter le gouvernement à cesser de fermer les yeux sur l’évasion et l’évitement fiscal sophistiqué des plus nantis et des grandes corporations et d’exiger un système fiscal plus équitable.

    Mon devoir sera de convaincre le gouvernement de la gravité du ravage environnemental qui découle de la consommation sans limite que nous imposent les maîtres de l’économie actuelle. Mon devoir sera de rappeler au gouvernement, qu’aussi désolant que puisse être la crise économique, c’est aussi une formidable occasion de bousculer l’inertie de ceux à qui profite le système actuel. D’écarter du pouvoir ceux qui bloquent les nécessaires virages vert et social dont nos politiques ont besoin pour qu’enfin l’économie soit au service de la société - et non l’inverse.

    Amir Khadir, député de Mercier


    [Accueil]

    - Pour proposer un article à Presse-toi à gauche ! lisez notre protocole.


    Conception et réalisation du site Web : GRF Ressource Informatique