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    Alexandre St-Onge-Perron

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    Manifestation contre la brutalité policière

    Ce que j’ai vu cette journée m’a convaincu de la démesure des pouvoirs policiers

    mardi 17 mars 2009, par Alexandre St-Onge-Perron

    Ceci est le récit de ce que j’ai vu en tant que citoyen, qui ne participait pas à la manifestation, mais qui l’observait.

    J’avais entendu parler de la manifestation du Collectif Opposé à la Brutalité Policière

    Grâce à différents médias alternatifs et dans des médias de masse, où il était rapporté qu’il y aurait de la casse. Je n’étais pas certain d’y aller au départ. Un peu plus tôt dans la même journée, j’avais une action pour l’Aide Financière aux Études. À la fin de notre action, nous étions plusieurs à nous demander si nous allions observer la manifestation de COBP, intrigués par la tournure qu’elle prendrait. Finalement, nous décidâmes d’y aller. Nous partîmes donc du carré Square Victoria pour prendre le métro afin de se rendre à la station Mont-Royal. Après que chacun ait payé son billet, nous arrivâmes sur la rame et nous constatâmes que le métro était hors service en raison d’un « problème technique ». Nous quittâmes donc la station pour nous diriger au lieu de la manifestation. En nous rendant, nous constatâmes que le service d’autobus était également interrompu, du moins pour le trajet que nous aurions dû suivre. En se rapprochant de la manifestation, la présence policière était de plus en plus évidente. La rue que nous prîmes pour se rendre était fermée. Deux des personnes de notre groupe, composé de sept membres, en voyant le déploiement policier prirent peur et décidèrent de quitter. Ils voulurent s’informer à la police pour savoir comment se rendre à un métro fonctionnel, mais se firent indiquer par les policiers eux-mêmes de ne pas les approcher. Nous étions à plus de 20 mètres des policiers. Nous reculâmes et nous prîmes une rue transversale pour se rapprocher de la manifestation.

    Nous réussîmes à nous approcher assez de la manifestation pour voir les détachements policiers et certains manifestants, tout près du métro Mont-Royal. Je me faufilai jusqu’aux policiers qui empêchaient les gens d’approcher. Je vis qu’ils empêchaient aussi les gens de sortir de la manifestation. Je demandai à un policier si l’état d’émeute était déclaré et il me répondit que non. Puis, une dame de plus de 60 ans, toute petite, avec l’œil en sang, s’avança et demanda au policiers ce qu’ils allaient faire pour cela. Elle expliqua que des policiers lui avaient fait cela. La réponse de l’agent fut la suivante : « La prochaine fois que des policiers approchent, éloignez-vous madame ». Une dizaine de minutes plus tard, la police ainsi que celle montée chargèrent.

    Nous pûmes ainsi avancer jusqu’au métro Mont-Royal. Nous restâmes là une quinzaine de minutes. Ce que je vis à ce moment me convainquit de la nécessité d’une manifestation contre la brutalité policière. Un jeune homme d’à peu près 16 ans se tenait sur la place sans bouger lorsque des policiers approchèrent et se mirent à le pousser sans raison. À ma grande surprise, le jeune adolescent se laissa pousser. Il gardait son sang froid et ne répliquait pas. Puis, un des policiers se mit à lui donner des coups de matraque sur les cotés. Le jeune commença à s’éloigner du policier. Deux autres policiers vinrent attraper le jeune alors que leur collègue continuait de frapper le jeune sans raison, sous le regard d’une bonne douzaine de policiers. Les policiers tentèrent de faire trébucher le jeune. Ils lui passèrent les menottes et l’amenèrent. À aucun moment, l’adolescent ne résista à son arrestation. Je ne comprends toujours pas le comportement des policiers. Était-ce dû à la manière dont il était habillé ? Sa couleur de peau ? Après avoir assisté à cet acte de violence parfaitement gratuit, nous assistâmes à un détachement policier d’une bonne trentaine d’agents qui passèrent devant nous. Nous décidâmes ensuite de prendre le métro pour retourner chez nous, sur la rive sud. À notre entré, nous virent que des policiers se tenaient en haut des marches, nous obligeant à passer tout près d’eux pour descendre.

    Ce que j’ai vu cette journée m’a convaincu de la démesure des pouvoirs policiers. En tant que citoyens, nous avons à nous inquiéter. L’instauration d’un État policier n’est pas impossible et elle pourrait être mise en place beaucoup plus rapidement que ce qui est pensé en général. Je serai à la manifestation l’an prochain, j’en suis maintenant certain.


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