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    AUTEUR


    André Frappier

    Militant au Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, il est également membre du Bureau de direction du Conseil régional FTQ de Montréal.


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    5e Sommet citoyen de Montréal

    Un bilan positif

    mardi 9 juin 2009, par André Frappier

    Le sommet citoyen qui a eu lieu les 5 et 6 juin se voulait d’abord un exercice de participation ouvert à tous et toutes. C’est en quelque sorte un Forum social à l’échelle municipale. Les groupes populaires, syndicats, groupes environnementaux, groupes de femmes et différents groupes de pression municipaux ou altermondialistes y étaient représentés en plus des représentants et représentantes des partis politiques municipaux.

    Ce n’était probablement pas suffisant pour le PDG de l’Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, qui questionnait la représentativité du Sommet citoyen dans un article paru dans La Presse du 5 juin. Le club très sélect qu’il représente doit surement représenter un meilleur exemple de consultation citoyenne et de démocratie.

    D’entrée de jeu, les panélistes de la première table ronde nous ont entretenus des besoins de la région de Montréal ; plus de mécanismes de consultation, prendre en compte les besoins des citoyens et citoyennes en ce qui a trait au logement social, au développement urbain, au transport. Les femmes sont particulièrement concernées par les besoins en logement abordables, l’accessibilité au transport en commun qui constitue une sécurité urbaine.

    À Montréal la majorité des citoyens et citoyennes sont locataires et 39% ont des problèmes de logement et y accordent plus de 30% de leurs revenus. Dans certains cas c’est même de 50% à 80% du revenu qui est accaparé par le loyer. Les groupes sociaux revendiquent la construction de 20,000 logement sociaux au cours des cinq prochaines années, en mettant la priorité sur l’achat de terrains et bâtiments vacants.

    L’accès au logement représente également une grande difficulté pour les nouveaux arrivants qui font face à la discrimination. Un meilleur accès à l’emploi peut représenter une partie de solution et la Table des femmes de Montréal revendique à cette fin la reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger.

    Le transport en commun est également au cœur des préoccupations du Forum. Son développement peut constituer une réponse à la pollution urbaine d’une part et permettre une démocratisation des droits citoyens par la réduction des coûts. Le développement de tramways, navette ferroviaires, voies réservées sont autant de solutions proposées par le représentant des CEDEC.

    Montréal doit également être un Montréal culturel, la représentante de l’Action terroriste socialement acceptable(ATSA), Annie Roy, également co-présidente d’honneur du 5e Sommet, prends position contre les coupures dans les arts et pour plus de sorties culturelles dans les écoles. Il faut permettre une plus grande accessibilité à la culture, la démocratiser, assurer la protection du patrimoine, faire place à la relève et à cette fin augmenter le budget du Conseil des arts de Montréal.

    La grande variété d’ateliers reflétait la composition du Sommet et sa volonté de permettre d’affirmer les préoccupations citoyennes. Soulignons celui d’ATTAC Québec qui traitait des accords de Libre échange Québec-Ontario. Les animateurs ont expliqué comment, depuis l’échec des accords multilatéraux lors des forums économiques, les différents états ont contourné cet obstacle par l’élaboration et la multiplication d’accords bilatéraux. Les accords Québec-Ontario en sont un exemple. Soulignons également la participation d’Échec à la Guerre qui a tenu un atelier sur le thème Montréal la ville de paix que nous voulons. Sam Boskey, conseiller municipal du RCM à la fin des années ’80 a expliqué comment, suite à l’élection du RCM aux élections de 1986, il a pu faire adopter une résolution déclarant Montréal Zone Libre d’Armes Nucléaires. C’est une réalité légale, enchâssée dans la charte de Montréal depuis 23 ans mais dont pratiquement personne n’a connaissance.

    Les leaders des différents partis politiques municipaux étaient présents quoique pas tous à la même table, le maire Tremblay ayant décidé de faire une présentation séparée. Selon Sam Boskey, l’existence des partis politiques est positive lorsqu’ils effectuent leur travail honnêtement pour les citoyens et citoyennes, mais Montréal vient de vivre une triste semaine en ce qui a trait à la démocratie, a-t-il ajouté. Le fait qu’une dirigeante vedette (Louise Harel) arrive directement à la tête d’un Parti, sans décision des membres et que cela semble normal, est très néfaste pour la vie démocratique.

    Les élections municipales auront lieu l’automne prochain et le Sommet citoyen a permis de mieux cerner les enjeux et surtout les revendications des citoyens et citoyennes.


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