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    AUTEUR


    André Frappier

    Militant impliqué dans la solidarité avec le peuple Chilien contre le coup d’état de 1973, son parcours syndical au STTP et à la FTQ durant 35 ans a été marqué par la nécessaire solidarité internationale. Impliqué également dans la gauche québécoise et canadienne, il fait partie du comité de rédaction de Presse-toi à gauche.


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    Qui mène le jeu ?

    mardi 22 septembre 2009, par André Frappier

    La saga entourant la tenue ou non d’élections fédérales nous aura donné droit à un spectacle instructif concernant les positions des différents partis politiques. Le parti Libéral nous dit d’un ton débonnaire que « On peut faire mieux », le Bloc Québécois : « On jugera ce qui est bénéfique pour les Québécois », tandis que le NPD s’inquiète de faire fonctionner le parlement.

    Et tout ça alors que les fermetures d’entreprises se multiplient dans l’industrie du papier, dans les mines et dans l’industrie automobile, jetant des milliers de travailleurs et travailleuses à la rue, que les coupures dans les services publics tels que Postes Canada soustraient également du marché du travail des emplois de qualité, souvent au profit de sous-traitants ; alors que ce gouvernement poursuit une politique guerrière en Afghanistan tuant inutilement des centaines de soldats canadiens et québécois, alors qu’il coupe les subventions aux groupes qui défendent les droits des femmes ; alors que la planète étouffe, et qu’il soutient les pétrolières.

    À l’évidence la principale préoccupation du NPD est le nombre de sièges qu’il pourra obtenir, ce qui amène Jack Layton à suivre une politique purement électoraliste qui n’a rien à voir avec la protection des travailleurs et travailleuses victimes des pertes d’emplois et encore moins dans une perspective de lutte contre la crise. Il en est rendu à dire qu’il veut faire fonctionner le parlement, pour des miettes, alors qu’il était prêt à le renverser au moment de la coalition avec les Libéraux et le Bloc en janvier dernier lorsqu’il se voyait déjà dans un rôle de ministre. Politiquement le NPD n’a pas fait meilleure figure cet été lors de son congrès à Halifax. Au lieu d’en profiter pour se poser en alternative face aux politiques néolibérales, on a eu droit à un non débat sur le changement de nom et à une politique de plus grande ouverture face à la petite et moyenne entreprise. De quoi mobiliser les troupes !

    Nous avons eu droit également à un suspense intense, à savoir si le Bloc défera le gouvernement sur sa politique de subvention à la rénovation domiciliaire, laquelle concerne une minorité de la population et est une goutte d’eau dans la perspective de la lutte pour l’emploi.

    En fait Harper continue à être maître du jeux en divisant ses adversaires, pendant que l’attitude politique du Bloc et du NPD ne fait que banaliser son offensive anti-ouvrière.

    Dans un sondage divulgué le 16 septembre, la firme Angus Reid accorde sept points d’avance aux conservateurs (36% PCC, 29% PLC, 17% NPD) et une avance de 41% à 29% en Ontario. Les conservateurs sont en avance dans toutes les provinces, sauf au Québec et à égalité avec les libéraux dans les Maritimes. Ce qui fait dire au chroniqueur Vincent Marissal dans l’édition de La Presse du 17 septembre :« Stephen Harper n’a probablement jamais été si près d’une majorité et il en est privé par... l’appui du NPD. Il faudra voir, au cours des prochaines semaines, si les conservateurs ne forcent pas le jeu pour arriver à se faire renverser. »

    En fait cette façon de mener la politique nous déconnecte du débat réel. Quelles revendications opposer au gouvernement pour sortir de la crise, comment faire en sorte que les travailleurs-euses et les chômeurs-euses ne soient pas les éternelles victimes, comment redistribuer les milliards de profits des corporations et des multinationales au profit de la population ? De toute évidence, ces questions ne font pas partie du débat.


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