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    Plan Nord : Pas sans le consentement des innus

    mardi 10 novembre 2009

    "Nous refusons de participer à un processus qui ne respecte pas nos droits", ont déclaré le 6 novembre les Chefs de cinq communautés innues en marge de la rencontre organisée par la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, sur le projet du "Plan Nord".

    Ces Chefs, représentant les gouvernements innus d’Ekuanitshit, Matimekush-Lac John, Pessamit, Unamen Shipu et Uashat Mak Mani-Utenam, forment une alliance stratégique (récemment rejointe par une nouvelle communauté) permettant d’unir leurs forces contre le gouvernement, qui multiplie les actions sans tenir compte de leurs droits.

    "Depuis trop longtemps, le développement des territoires et des ressources naturelles s’est fait sans notre consentement et sans tenir compte de notre titre et de nos droits ancestraux. Pourtant, le développement des territoires et des ressources naturelles a eu des répercussions énormes sur le mode de vie, l’occupation et la fréquentation du Nitassinan, sur les activités traditionnelles, sur la langue et la culture de nos communautés", a pour sa part déclaré le Chef des Innus d’Ekuanitshit, Jean-Charles Pietacho.

    Face au manque d’écoute et d’ouverture dont fait preuve le gouvernement du Québec à l’égard des demandes maintes fois répétées des Chefs innus, ceux-ci ont convenu d’adopter une attitude plus ferme dans la défense de leurs droits. "Depuis des années, les gouvernements et les entreprises minières s’enrichissent grâce à l’exploitation de nos territoires, alors que ma communauté vit toujours dans des conditions de pauvreté inacceptables. Assez, c’est assez ! Nous allons nous faire respecter", d’affirmer le Chef Réal McKenzie, de Matimekush-Lac John.

    Les Innus vivant au Québec forment un peuple distinct, possédant des droits non-éteints sur un immense territoire nommé "Nitassinan" (Notre Territoire, en langue innue). Malgré des négociations qui perdurent depuis plus de 25 ans, aucun traité n’a encore été conclu avec les gouvernements, contrairement aux nations crie, inuite et naskapie. "Notre message est clair : nous avons des droits qui exigent notre consentement pour tout projet de développement territorial sur nos terres ancestrales", précise le Chef de Uashat Mak Mani-Utenam, Georges Ernest Grégoire.

    Quant à la rencontre de ce matin et au processus de consultation engagé par la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, le Chef d’Unamen Shipu, Georges Bacon, souligne que "nous ne sommes pas des municipalités ; le gouvernement à l’obligation d’engager avec nous un dialogue de nation à nation, de gouvernement à gouvernement".

    Les Chefs innus soulignent ne pas être contre le développement mais que celui-ci doit se faire en respectant les droits et les titres de leur nation. "Que ce soit le Plan Nord ou tout autre projet de développement, le gouvernement du Québec doit comprendre que nous existons, que nous avons des droits et que nous n’accepterons plus de voir notre territoire exploité sans notre consentement", a déclaré le Chef Raphaël Picard, de la communauté de Pessamit.

    Les cinq communautés signataires de cette Alliance représentent quelque 10 000 Innus, soit environ 70% de la population totale des communautés innues au Québec. Leur territoire commun (Nitassinan) couvre 460000 km2, au Québec et au Labrador.


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