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    Le gouvernement Charest se moque-t-il de la lutte à la pauvreté ?

    mardi 17 novembre 2009, par Le comité de rédaction

    Le gouvernement du Québec s’apprête à adopter le deuxième plan d’action en matière de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Des consultations ont été organisées dans le but d’enrichir le contenu du prochain plan d’action gouvernemental. Ces rencontres, appelées « Rendez-vous de la solidarité », se font à huis clos, en ce sens qu’elles ne sont pas ouvertes à tous et à toutes, puisqu’une invitation est requise.

    Par ailleurs, cela comprend un volet national, une consultation en ligne, des groupes de discussion avec des personnes en situation de pauvreté et un volet régional.

    Le 15 juin 2009 avait lieu le Rendez-vous national. Tous les groupes présents qui travaillent de près ou de loin avec des personnes en situation de pauvreté ont quitté cette rencontre à un moment ou à un autre de la journée. En effet, neuf organisations sont sorties en bloc devant l’absence de réponse du ministre après qu’il ait été interpellé directement par deux de ces groupes. Les représentantEs se sont alors jointEs aux quelques 350 personnes qui manifestaient à l’extérieur du lieu de la consultation. Les autres organisations présentes ont décidé de sortir en après-midi.

    Le 14 septembre dernier débutait la tournée des Consultations régionales au Saguenay-Lac-St-Jean. À chaque fois, des groupes de mouvements sociaux sont présents autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des « Rendez-vous de la solidarité ». Jusqu’à présent, ces consultations ne sèment pas l’espoir de voir des mesures concrètes prises par le gouvernement dans le deuxième plan d’action. La plupart des personnes qui y participent n’ont pas senti qu’elles étaient écoutées. Ces dernières insistaient sur l’importance d’avoir d’abord un engagement de la part du présent gouvernement en ce qui concerne des mesures nationales concrètes, comme l’abolition des catégories à l’aide sociale. De leur côté, les représentantEs du gouvernement insistaient pour ne parler que de mesures régionales, propres aux endroits visités.

    De plus, la quasi-absence des personnes en situation de pauvreté dénote clairement qu’elles ne sont pas reconnues comme étant les spécialistes de leur situation. On peut également questionner la bonne volonté du ministre Hamad et de son équipe puisque certaines dates des consultations n’ont pas été annoncées d’avance, ce qui a eu pour effet de rendre les tâches de préparation et de mobilisation pour les groupes plus ardues. Des rendez-vous ont été déplacés et des invitations ont été lancées à la dernière minute.

    D’un autre côté, le gouvernement Charest a annoncé dernièrement qu’il pensait à aller chercher de l’argent dans les poches des contribuables en augmentant les tarifs de certains services, comme Hydro-Québec. Ce genre de solutions aurait des conséquences sur l’ensemble de la population, mais pour les gens qui n’ont pas un revenu suffisant pour vivre, ce serait les condamner à vivre encore plus précairement. Présentement, ils doivent quotidiennement faire des choix qui affectent grandement leur santé et leur dignité. Et le gouvernement veut les appauvrir encore plus ? Parallèlement à son grand processus de Consultations dont il se gargarise en proclamant son ouverture et sa sensibilité face à la pauvreté des gens ? Mais les impôts, eux, ne cessent de diminuer. Ce qui profite évidemment et encore une fois aux plus riches.

    Heureusement, les mouvements sociaux de lutte à la pauvreté se rassemblent et font passer le message coûte que coûte ! Il faut faire preuve d’originalité pour se faire entendre et ce, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce n’est pas fini ! Il y aura de ces rendez-vous régionaux jusqu’au 11 décembre prochain, jour de consultation à Québec.

    Mais la réflexion et l’action commune des mouvements populaires, syndicaux, féministes et jeunes s’imposent. Car pour faire face à un gouvernement qui cherche à nous diviser pour mieux nous faire payer les coûts de la crise, l’unité revendicative et dans l’action est incontournable. Une Coalition contre la privatisation et les augmentations des tarifs montre la voie à suivre. C’est ensemble, tous les organisations et mouvements sociaux, que nous pourrons construire un front de résistance capable de faire reculer le gouvernement Charest et d’arracher l’application d’un véritable plan d’action contre la pauvreté !


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