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    AUTEUR


     gmail.com"> Marie Josèphe Pigeon

    Militante à Québec solidaire depuis la fondation en juin 2006 de l’Association régionale de Montréal, Marie Josèphe Pigeon a travaillé longtemps dans les milieux communautaires pour immigrantEs. Elle est présentement inscrite à la maîtrise en histoire appliquée à l’UQÀM.


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    « Les services publics, le Québec ne peut s’en priver ! »

    mardi 2 février 2010, par Marie Josèphe Pigeon

    Plusieurs membres de Québec solidaire étaient réunis autour d’Amir Khadir et de Françoise David, le mardi 2 février 2010 à Montréal pour lancer la campagne nationale : « couragepolitique.org ».

    Cette campagne, qui veut porter le message des avenues possibles en matière de défense des services publics et les moyens de les financer adéquatement, vise à répondre au discours néolibéral sur la création de la richesse, aux consultations unilatérales du gouvernement de Jean Charest et à promouvoir une plus équitable redistribution de cette richesse pour relancer l’économie.

    En effet, pour assainir les finances publiques et contrer la crise économique, le gouvernement Libéral prévoit des mesures qui auront pour effet d’appauvrir la population en allant chercher chez les plus pauvres l’argent dont il prive l’État depuis 2000, à travers notamment ses baisses d’impôts pour les 2 quintiles les plus riches (qui gagnent au-dessus de 64 000 $ - revenu familial de 2007).

    Trois aspects du plan « Des finances publiques saines pour protéger nos valeurs » font particulièrement problèmes :
    - l’intention de hausser de 1% la TVQ en 2011 ;
    - la hausse de certains tarifs (Hydro-Québec par exemple) et l’introduction d’une tarification de services publics ;
    - le ralentissement de la croissance des dépenses de l’État de 3,2 %, qui résulterait en milliards de coupures dans les services publics et les services sociaux ;

    Bref, le gouvernement veut piger (encore) dans les poches des personnes qui vivent au bas de l’échelle tout en les privant des services publics auxquels elles ont droit (en vertu de la Déclaration des droits humains et de la Loi pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale). Alors que la pauvreté lui coûte 6 milliards de dollars annuellement en soins de santé, l’État québécois subit une perte récurrente de revenus de 6 milliards en 2009 en baisses d’impôts cumulées depuis 2000.

    Dans sa réponse au ministre des Finances (décembre 2009 http://www.pauvrete.qc.ca/article.p...), le Collectif pour un Québec sans pauvreté a démontré magistralement que, contrairement au discours néolibéral, il y a eu croissance nette de la richesse (augmentation du PIB total de 54 milliards en 10 ans), accompagnée d’un accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres : une répartition inéquitable de la richesse. Cette dernière est le réel problème.

    Il est reconnu que les Québécois-es et les entreprises d’ici traversent mieux la crise économique (financière) parce que les services publics forment un rempart contre la crise et qu’ils sont un levier pour s’en sortir. Il nous faut y investir et non s’en désengager.

    Les plans de sortie de crise contiennent souvent d’importants projets d’infrastructure et de construction. Justement, une manifestation pour une enquête publique sur les allégations de corruption dans la construction a eu lieu samedi dernier.

    À l’invitation du « Mouvement anti-corruption », un groupe de jeunes étudiant-e-s du CEGEP du Vieux-Montréal, une centaine de participant-e-s a bravé le froid en marchant de l’Hôtel-de-ville, rue Notre-Dame jusqu’aux bureaux du premier ministre Jean Charest. Alors que les Libéraux s’y opposent toujours, plusieurs membres de l’opposition municipale (Vision Montréal et Projet Montréal) et provinciale (PQ, ADQ et Québec solidaire) sont intervenus pour appuyer la demande d’enquête publique réclamée par 80 % des Québécois-es.

    Dans son discours, seul Amir Khadir , de Québec solidaire, a su dépasser la demande d’une enquête sur les liens moins que transparents entre la construction et les élu-e-s. Il a rappelé que les PPP sont l’aboutissement ultime d’un processus qui dépossède l’État de tout contrôle sur les budgets qu’il dépense. Au-delà de la socialisation des coûts et de la privatisation des bénéfices au niveau de l’opération des services et des infrastructures construites par le privé avec le financement de l’État, c’est désormais toute la séquence : de la conception du projet jusqu’à son évaluation et son suivi qui vont en appel d’offres vers des firmes qui se partagent le butin.

    La corruption qui ajoute un 20 à 40 % de plus à la facture totale est alors remise en perspectives. C’est toute la vision, qui guide le Québec depuis Lucien Bouchard avec le déficit 0 et l’obsession de la dette, qui est en train de faire perdre aux Québécois-es l’infrastructure et les services que nous avons bâti.

    Le combat pour la préservation des services publics, pour une meilleure distribution de la richesse créée est donc enclenché. Des organisations de la société civile portent ce flambeau depuis plusieurs mois : le Front commun, la Coalition contre la hausse des tarifs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté. Québec solidaire a l’audace de chercher le financement de ces services dans les poches de ceux qui ont bénéficié trop longtemps de la myopie gouvernementale.

    Suivez Françoise David dans sa tournée du Québec, informez-vous et exprimez-vous sur couragepolitique.org.


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