« L’expertise a un prix », nous assène la Fédération des médecins spécialistes [1] et… leur suffisance peut-être aussi ? Ce club de personnes assez aisées propose même un programme politique ultralibéral inspiré de l’Institut économique de Montréal afin de trouver les fonds qui pourraient combler leur appétit pécuniaire [2].
Est-ce que ces savants réalisent que nous sommes également de nombreux et nombreuses spécialistes dans notre domaine, tous aussi essentiels à la société que les gourous de la médecine ? Nous sommes tous et toutes expertEs incomparables dans notre domaine : celles et ceux qui savent réconforter nos malades, nos personnes âgées en CHSDL ; les enseignantEs qui transmettent connaissances et valeurs à nos enfants, souvent dans des conditions pénibles ; les professeurEs qui entraînent leurs étudiantEs aux limites du savoir ; les ouvriers et ouvrières en bâtiment,…etc. Tous et toutes sont essentielLEs au fonctionnement harmonieux de cette société. En grande majorité, nous, les spécialistes des soins, de l’enseignement, des métiers techniques, des services, nous aimons notre travail et demandons seulement un salaire décent qui suive sensiblement le coût de la vie. Nous ne regardons pas le « marché », cela ne nous intéresse pas de savoir si l’herbe est plus verte en Ontario ou aux États-Unis afin d’exiger un « rattrapage », des salaires exorbitants et faire du chantage à la clé. Nous aimons ce pays et souhaitons le faire progresser en toute solidarité par notre travail.
Une fois de plus, on réalise la nécessité de fixer au Québec un revenu maximal, qui devrait être dix fois le salaire médian. Accordons à nos spécialistes de la santé ce maximum (après leur frais de fonctionnement) puisque leurs études sont longues et difficiles. Point final, et pour le reste, qu’ils fassent preuve de solidarité avec la société québécoise.
Emmanuel Dupont, Gatineau
publié dans le Devoir du 5 février 2010)
emmanuel-dupontsympatico.ca