Tiré de Entre les lignes et les mots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/02/augmentation-alarmante-des-feminicides-deguises-en-violence-familiale-en-iran-deux-meurtres-choquants-a-ajabshir-et-urmia/?jetpack_skip_subscription_popup
Sans lois dissuasives, sans protection judiciaire immédiate et sans changement dans la mentalité patriarcale dominante, ce cycle sanglant se poursuivra. Ces atrocités ne sont pas des exceptions ; elles sont les signes évidents d’une crise nationale.
Conformément à la tendance croissante de la violence familiale meurtrière à l’égard des femmes en Iran, deux cas mortels de violence domestique dans les provinces de l’Azerbaïdjan oriental et de l’Azerbaïdjan occidental ont une fois de plus attiré l’attention sur l’escalade de la crise de la violence à l’égard des femmes.
Selon les médias nationaux, le 25 Aban 1404 (16 novembre 2025) dans le comté d’Ajabshir, une jeune fille de 16 ans, mariée enfant et elle-même victime d’un mariage précoce, a été battue à mort avec un bâton en bois par son mari de 27 ans. Le commandant de la police d’Ajabshir, le colonel Sattar Dadashi, a décrit le mobile comme étant des « problèmes familiaux », une expression vague et fourre-tout qui est régulièrement utilisée dans les rapports officiels pour dissimuler la structure de la violence, son contexte social et ses causes profondes.
Ces deux événements ne sont que des exemples d’une tendance croissante à la violence domestique conduisant au meurtre de femmes au cours des derniers mois – une tendance qui, selon les expert·es, trouve son origine dans une combinaison de facteurs structurels :
Crise économique et pressions liées aux moyens de subsistance : la détérioration de la situation économique, le chômage généralisé et l’augmentation du stress psychologique ont exacerbé les conditions propices à l’éruption de la violence domestique. De nombreuses études montrent que les pressions économiques comptent parmi les principaux facteurs déclencheurs de la violence dans le cadre familial, en particulier dans les zones marginalisées et pauvres.
Absence de loi complète et dissuasive pour protéger les femmes : l’Iran ne dispose toujours pas d’une législation claire et efficace pour lutter contre la violence domestique. Le projet de loi sur la « protection de la dignité des femmes et le soutien aux femmes victimes de violence » est bloqué depuis des années dans le processus législatif, et les versions édulcorées se concentrent principalement sur les services après la violence, plutôt que sur la prévention, la criminalisation de la violence domestique, la protection immédiate et la création de mécanismes dissuasifs efficaces.
Ce vide juridique signifie que de nombreuses femmes n’ont pas accès à des mécanismes de protection tels que les refuges, les ordonnances restrictives et un soutien judiciaire efficace.
Les conceptions traditionnelles des femmes et les préjugés dans les structures dirigeantes : les expert·es sociaux soulignent qu’une « conception patriarcale et dominatrice des femmes » continue d’être reproduite dans la législation, l’éducation et les politiques officielles. Cet environnement culturel et juridique inégalitaire, en particulier dans les régions périphériques et marginalisées, décourage non seulement le signalement des violences, mais les favorise parfois activement. Dans de telles conditions, les femmes sont souvent prises au piège dans un cycle de silence, de peur et de manque de soutien.
La nécessité d’une approche urgente fondée sur les droits humains
Ces deux meurtres, ainsi que d’autres meurtres de femmes commis ces dernières semaines en Iran, soulignent une fois de plus la nécessité pour l’État iranien de prendre des mesures urgentes à plusieurs niveaux :
* Adoption immédiate d’une loi complète et dissuasive pour lutter contre la violence domestique, conformément aux normes internationales ;
* Mise en place de mécanismes de soutien accessibles aux femmes en danger, notamment des lignes d’assistance téléphonique sécurisées, des refuges et une protection judiciaire rapide ;
* Réforme des approches culturelles et politiques qui normalisent ou justifient la violence à l’égard des femmes ;
* L’amélioration des systèmes d’enregistrement et de signalement des violences domestiques afin de fournir des données précises pour l’élaboration des politiques.
La violence domestique n’est pas une question privée ou un simple « problème familial » ; il s’agit d’une grave violation des droits humains qui a des conséquences éthiques, sociales et sécuritaires considérables. En vertu de leurs obligations internationales, les États sont tenus de protéger les femmes contre la violence, qu’elle se produise dans les espaces publics ou derrière les murs de leur domicile.
Ces incidents ne sont pas des anomalies ; ils sont les signes d’une crise structurelle qui continuera à faire des victimes tant qu’il n’y aura pas de changements fondamentaux dans les politiques, la législation et la culture officielle.
Azerbaijan Human Rights Organization in Iran (AHRAZ)
https://en.radiozamaneh.com/37438/
Traduction DE
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