10 septembre 2026| tiré de democracy now !
Les chercheurs du projet « Costs of War » estiment que près d’un million de personnes ont été tuées en conséquence directe des violences militaires américaines au Moyen-Orient depuis 2001. On estime qu’au moins la moitié d’entre elles étaient des civils. On peut attribuer 3,8 millions de décès supplémentaires aux effets indirects de la guerre, notamment aux blessures, à la famine et aux problèmes de santé à long terme. De plus, ces guerres ont également accru la dette américaine, l’empreinte militaire, les émissions de gaz à effet de serre, la destruction et la déstabilisation à l’étranger, ainsi que le pouvoir exécutif sans contrôle au pays. « Les conséquences sont partout autour de nous », affirme Crawford.
AMY GOODMAN : Vous écoutez Democracy Now !, democracynow.org. Je suis Amy Goodman, avec Nermeen Shaikh.
NERMEEN SHAIKH : Nous terminons l’émission d’aujourd’hui en nous penchant sur les coûts humains, budgétaires et environnementaux de ces guerres sans fin. Selon les derniers chiffres du projet non partisan « Costs of War » de l’Université Brown, près d’un million de personnes ont été tuées en raison des violences de guerre en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Syrie et ailleurs. On estime qu’au moins la moitié d’entre elles étaient des civils. Le nombre de morts indirectes causées par ces guerres est bien plus élevé, se situant entre 3,6 et 3,8 millions de personnes.
AMY GOODMAN : Sur le plan budgétaire, le gouvernement fédéral américain a dépensé plus de 8 billions de dollars pour les guerres post-11 septembre jusqu’en 2021.
Pour en savoir plus, nous recevons Neta Crawford, cofondatrice du projet « Costs of War ».
Dans ces dernières minutes qui nous restent, faites le bilan des coûts de la guerre, alors que nous sommes ici aujourd’hui à l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre.
NETA CRAWFORD : Eh bien, vous avez déjà évoqué les morts directes, les pertes humaines qui résultent de la pluie de bombes, de balles et de feu qui s’abat sur la population. Et les soldat·es qui combattaient pour les États-Unis et leurs alliés ont perdu la vie. Mais il y a aussi les décès indirects, les conséquences de la destruction des infrastructures, qui peuvent représenter deux ou trois fois le nombre de personnes blessées. Et cela s’explique par le fait que les gens n’ont plus accès aux hôpitaux ni aux soins de santé, parce que la production alimentaire a été perturbée. Les dommages physiques sont donc considérables.
Un deuxième préjudice, que Spencer Ackerman a brièvement évoqué, est celui causé à la démocratie américaine. On observe une diminution du contrôle du Congrès et du pouvoir judiciaire sur l’exécutif, ainsi qu’un renforcement du pouvoir exécutif. L’État de droit a été affaibli. Les États-Unis ont mené une guerre préventive en Irak. C’est là une conséquence réelle, qui a facilité le déclenchement d’une guerre en Iran.
Il y a donc le bilan humain, les conséquences politiques, et les conséquences environnementales sont dévastatrices, car non seulement les États-Unis ont intensifié leur recours à la force immédiatement après le début de l’attaque contre l’Afghanistan, mais l’armée américaine a continué d’intensifier ce recours même après la fin de ces guerres. Les États-Unis ont une présence militaire mondiale, avec plus de 750 bases à travers le monde. Et sa présence a causé des dommages environnementaux en raison des émissions de gaz à effet de serre associées au plus grand consommateur de pétrole au monde, à savoir le ministère de la Défense.
Il s’agit donc de coûts humains, politiques et, pour conclure, de coûts économiques, qui se traduisent par une dette accrue pour les États-Unis et une hausse des dépenses militaires. De plus, comme ces guerres n’ont pas été financées par les impôts comme les guerres précédentes — elles ont été financées par l’emprunt —, la dette des États-Unis a augmenté, et les intérêts à payer sur cette dette seront prélevés sur le Trésor pendant de nombreuses années encore. Les conséquences sont donc bien présentes tout autour de nous.
AMY GOODMAN : Je tiens à vous remercier infiniment de votre présence parmi nous, Neta Crawford, cofondatrice du projet « Costs of War ».
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