Parmi les effets les plus fréquemment rapportés, 39 % indiquent davantage de fatigue ou de difficultés de concentration, 36 % mentionnent de la soif ou des symptômes de déshydratation et 32 % rapportent une baisse de motivation au travail.
Au-delà des effets sur la santé et le bien-être, la chaleur peut aussi compromettre directement la capacité à travailler : 22 % des personnes en emploi indiquent que leur travail était plus difficile à accomplir ou était de moins bonne qualité lors des périodes de fortes chaleurs.
« Quand près de trois personnes en emploi sur quatre nous disent que la chaleur affecte déjà leur quotidien au travail, on ne parle plus d’un problème futur. La chaleur a des conséquences réelles sur la santé, la concentration et les conditions de travail. Il faut maintenant adapter nos milieux de travail à cette nouvelle réalité », souligne Patrick Rondeau, directeur du service Environnement et Transition juste à la FTQ.
Une majorité souhaite une action accrue du gouvernement du Québec
Le sondage montre que 54 % de la population estime que le gouvernement du Québec devrait en faire davantage pour assurer la sécurité des travailleurs dans les secteurs particulièrement exposés à la chaleur, notamment l’agriculture, la construction et l’événementiel.
Cette proportion atteint 62 % chez les femmes et chez les locataires. À noter que ces deux groupes peuvent être davantage à risque de subir les effets cumulatifs de la chaleur.
« Les travailleurs et travailleuses qui œuvrent à l’extérieur comme dans le milieu de la construction sont évidemment parmi les premiers concernés, mais la chaleur au travail ne s’arrête pas à la porte d’un chantier. Elle touche aussi des personnes qui passent leurs journées dans des écoles, des établissements de santé, des résidences pour aînés ou d’autres bâtiments susceptibles de surchauffer. La prévention doit couvrir l’ensemble des milieux de travail », ajoute M. Rondeau.
Les bâtiments publics en tête des priorités
L’adaptation des bâtiments publics ressort comme la première mesure que la population souhaite voir priorisée par le gouvernement du Québec pour limiter les effets néfastes de la chaleur.
Selon le sondage, 68 % des personnes répondantes choisissent l’adaptation des écoles, des hôpitaux, des résidences pour personnes âgées, des bibliothèques et des autres bâtiments publics afin qu’ils demeurent plus frais lors d’épisodes de fortes chaleurs.
Cette priorité est particulièrement importante parce qu’elle permet d’agir tant sur la santé des populations qui fréquentent ces lieux que sur les conditions de travail des personnes qui y passent leurs journées.
« Adapter les bâtiments publics à la chaleur, c’est protéger à la fois les personnes qui les fréquentent et celles qui y travaillent. Il faut sortir d’une logique où l’on réagit seulement lorsqu’un épisode de chaleur survient et intégrer la prévention dans la rénovation, la conception et la gestion de nos bâtiments. C’est une façon très concrète de donner vie au droit à la fraîcheur », constate Cyril Frazao, directeur santé et climat à l’ASPQ.
Du droit à la fraîcheur aux solutions concrètes
Ces résultats s’inscrivent dans la démarche de la Coalition qui révélait récemment que 74 % de la population appuie la reconnaissance d’un droit à la fraîcheur au Québec.
Pour la Coalition, les partis politiques doivent maintenant préciser comment ils comptent traduire ce principe en mesures concrètes. Les membres leur demandent notamment de s’engager à :
– Reconnaître le fardeau de la chaleur et renforcer la prévention et la protection des travailleurs et travailleuses exposés aux fortes chaleurs, notamment à travers davantage d’interventions sur le terrain de la part de la santé publique et de la CNESST ;
– Mettre en œuvre une stratégie de refroidissement responsable, qui intègre entre autres l’adaptation des bâtiments publics et le recours aux solutions passives et efficaces ainsi qu’une réglementation adaptée aux nouvelles réalités climatiques ;
– Investir durablement dans les solutions permettant de créer des milieux de vie et de travail plus frais et plus résilients, en priorisant les populations et les milieux les plus vulnérables à la chaleur.
« Le débat électoral doit maintenant permettre de passer du constat aux solutions concrètes. Les données sont claires : il faut mieux protéger les travailleurs et travailleuses et adapter nos bâtiments aux fortes chaleurs. Nous voulons maintenant entendre les partis sur les mesures qu’ils comptent mettre en œuvre pour garantir à toutes et tous des conditions de vie et de travail sécuritaires face à une chaleur qui s’intensifie avec les changements climatiques », conclut M. Frazao.


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