14 policiers ont encerclé notre campement avec un avis d’éviction un peu avant 19h et ont évincé les étudiants présents qui peignaient des affiches et mangeaient leur souper. Les étudiants sont sortis sans résistance malgré s’être faits bousculés dans la sortie.
Plus tard dans la soirée, la population étudiante et employée du cégep a reçu un MIO de la part de la direction. Celui-ci annonçait la levée des cours du 24 au 27 mars inclusivement et contenant les citations suivantes : « Les événements malheureux d’aujourd’hui amènent la direction à revoir le modèle de gestion de la grève des étudiants et des étudiantes dans un souci de bienveillance et de sécurité pour tous et toutes. [...] Par conséquent, les personnes étudiantes ne sont plus tenues de se présenter au Cégep pour le piquetage quotidien nécessaire à la levée de cours. Nous vous remercions de votre collaboration. » C’est une tentative claire de taire la population étudiante et insinue que nous ne voulons que manquer des cours. Mais nous avons des demandes claires, dont aucune n’a été cédée par l’administration.
Ce matin, en dépit des avertissements de la direction, le piquetage a recommencé dès 5h30.Un campement a été monté vers 6h15 et nous avons atteint une centaine de grévistes vers 7h30. Comme hier, les gens ont collectivement apporté du thé, du café et des pâtisseries.
Des étudiants musiciens ont apporté des instruments, ralliant les grévistes dans une ambiance festive. Une ligne humaine a été formée devant la porte principale pour bloquer l’entrée de la direction. Les étudiants étaient bien habillés et prêts à tenir la ligne pendant aussi longtemps que nécessaire.
Vers 9h15, avec la coopération de la police, les grévistes ont quitté le terrain du cégep pour manifester dans les rues environnantes. Nous avons monté la rue Du Collège, tourné sur Saint-Germain, descendu sur Decelles et sommes retournés au cégep par l’avenue Sainte-Croix. Nous avons scandé des slogans comme « à nous la rue » et autres chants anti-austérité avec un accompagnement musical étudiant. Nous allons continuer à nous
exprimer tout aussi haut et fort tant que nos demandes ne sont pas entendues.
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AU CÉGEP SAINT-LAURENT, ON TIENT LA LIGNE
MONTRÉAL, le 25 mars 2026 — Ce matin, le piquetage au Cégep de Saint-Laurent a recommencé vers 5h du matin. Les étudiants, comme pendant le reste de la grève, sont arrivés avant l’aube pour monter les infrastructures permettant la continuation du piquetage.
Hier, la barricade symbolique devant le cégep avait été partiellement construite à l’aide d’une
quarantaine de bacs de recyclage du cégep. Ceux-ci ont été déplacés par l’administration pendant la nuit vers l’intérieur du bâtiment dans la Grande salle, lieu auquel les étudiants n’ont toujours pas accès. Dans les mots d’Élisabeth « Zaz » Daragon, membre de l’AECSL, « les bacs de recyclage ont plus de droits que nous. C’est ridicule. » Malgré le froid et le mépris, la population étudiante toujours aussi mobilisée a fait preuve de créativité et de volonté pour reconstruire et même étendre la barricade à l’aide de nouveaux matériaux trouvés sur le campus du cégep.
Sur la ligne de piquetage, des tentes ont été érigées, des tables et chaises ont été amenées et des bannières ont été montées. L’ambiance reste toute aussi festive et militante ; il y a de la musique, de la nourriture, des jeux et des activités. Des pancartes portant des messages
anti-austérité décorent la barricade et une planche de contreplaqué récupéré peint avec le nom de l’AECSL en fleurs orne l’entrée au stationnement. Les étudiants sont motivés et prêts à rester aussi longtemps que nécessaire.
Les négociations avec l’administration ont été rouvertes aujourd’hui. Celle-ci a encore une fois demandé à l’AECSL de laisser entrer le personnel administratif et de gestion. Nous avons
refusé. L’administration manque de transparence et ne se sent clairement pas redevable envers les étudiants. Mais le cégep sans les étudiants, ce n’est qu’une bâtisse qui croule remplie de bacs de recyclage. Nos revendications sont claires et raisonnables. Nous ne bougeons pas tant qu’elles ne sont pas mises en place.
Source :
Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent
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TOUJOURS EN GRÈVE DANS LA PLUIE FROIDE DU MOIS DE MARS
MONTRÉAL, le 26 mars 2026 — La ligne de piquetage au Cégep de Saint-Laurent tient
toujours. Suite à la répression policière de lundi et après quatre jours de grève, à travers la pluie et le froid, les étudiants restent mobilisés et vaillants dans leur lutte. La barricade tient et tiendra jusqu’à ce que nos demandes soient entendues.
Ce matin, comme tous les jours, il y avait du café et des viennoiseries pour l’ensemble des
grévistes. La musique et les jeux continuent tout autant que la mobilisation étudiante. Des
véhicules passants klaxonnent pour montrer leur soutien. De plus, nous avons reçu une visite du Centre de Formation Politique qui a donné un atelier sur la mobilisation en plus des Cols bleus qui ont joué de la musique en solidarité avec notre ligne.
Nous sommes sortis dans les rues manifester vers 13h30. Accompagnés musicalement par des étudiants, nous avons fait entendre notre mécontentement dans la rue sous les
applaudissements des passants.
L’administration reste intransigeante face à nos revendications. Nous avons été clairs : nous
demandons un local pour du personnel infirmier, le retour des locaux d’étude à la bibliothèque, la conversion des postes précaires en postes permanents et que l’administration prenne position clairement et publiquement contre les politiques austères du gouvernement. Ceci n’est pas déraisonnable. Pourtant, l’administration refuse de céder.
Nous sommes prêts à la manifestation du 27 mars à 13 au Square Dorchester et comptons
amener un gros contingent d’étudiants pour exprimer nos griefs face à la CAQ côte-à-côte avec nos camarades d’autres associations étudiantes et syndicats.
L’Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent tient aussi à prendre publiquement position contre les interventions policières contre la Société générale des étudiantes et étudiants du Collège de Maisonneuve et l’Association générale étudiante du Collège Lionel-Groulx en plus des membres de l’AECSL présents à leurs actions. Il est inacceptable de traiter ainsi des étudiants faisant usage de leurs droits de grève et de manifestation. Cette répression dramatique de la part des forces policières et du gouvernement est un symptôme des problèmes endémiques à cette administration.
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BILAN DE LA SEMAINE DE GRÈVE DU CÉGEP DE SAINT-LAURENT
MONTRÉAL, le 27 mars 2026 — La semaine de grève de l’Association étudiante du Cégep de
Saint-Laurent vient à sa fin. La barricade a été déconstruite et le campement a été levé. Le
cégep retrouve son état normal et les activités reprennent dès demain.
Nous avons participé aujourd’hui à la manifestation de la CRUES (Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale) ayant commencé au Square Dorchester à 13h. Notre contingent était fort, composé de plus d’une centaine d’étudiants et accompagné de nos emblématiques musiciens. Nous avons manifesté ensemble avec des délégations du Cégep du Vieux-Montréal, du Cégep de Maisonneuve, du Collège Lionel-Groulx, et bien d’autres, en plus de plusieurs universités, afin de faire entendre nos voix plus fort par leur mise en chœur.
La grande leçon que nous avons apprise de cette grève, c’est que la population étudiante
laurentienne est forte, créative et vaillante. Nous avons fait preuve de volonté en nous levant au petit matin pour tenir la ligne de piquetage dès 5h30 et jusqu’à 18h tous les jours. Nous avons fait preuve de ressource en construisant notre barricade à partir de clôtures, de bacs et de palettes récupérés sur le terrain du cégep. Nous avons fait preuve d’inventivité en trouvant des façons de se garder au chaud et au sec tout en restant dehors à la merci des éléments jour après jour. Nous avons fait preuve de solidarité en se tenant les coudes et en organisant des petits-déjeuners et des dîners communautaires. Nous avons fait entendre nos voix à travers des manifestations proches du cégep et loin, au centre-ville avec nos camarades. Nous avons tissé des liens sociaux sur la ligne de piquetage ; nous avons dansé, chanté, joué et manifesté ensemble tout en n’oubliant pas que nous étions présents pour une cause et un combat qui nous rassemblent tous. Nous sortons de cette grève plus forts, plus soudés et prêts à continuer la lutte.
Nous ne perdons pas de vue que l’administration n’a toujours pas cédé à nos demandes. Nous demandons toujours un local pour le personnel infirmier, le retour des locaux d’étude à la bibliothèque, la conversion des postes précaires en postes stables et une prise de position
claire et publique contre l’austérité de la part du Cégep. Nous reviendrons le premier mai.
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