Pour Unifor Québec, c’est le symbole d’une profonde incohérence. D’un côté, Québec répète vouloir défendre son économie et ses emplois industriels face à l’offensive tarifaire de Donald Trump, alors même qu’une nouvelle salve de droits de douane de 50 % vient de s’abattre sur des produits québécois. De l’autre, ses propres sociétés d’État magasinent leurs camions au plus bas prix, peu importe d’où ils viennent.
Pendant ce temps, l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse, qui assemble les camions Kenworth et Peterbilt et faisait vivre quelque 1 400 familles, encaisse mise à pied après mise à pied depuis que Washington a imposé, en vertu de l’article 232, des tarifs de 25 % sur les camions lourds. À ce jour, plus de 600 emplois ont été perdus.
« On ne peut pas prétendre se battre pour nos emplois le lundi et acheter à l’étranger le mardi, avec l’argent des Québécoises et des Québécois, dénonce Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor. La guerre commerciale, on ne la contrôle pas. Nos achats publics, oui. C’est le levier le plus direct que le Québec a en main pour protéger son usine, et il refuse de s’en servir. »
Une directive claire, maintenant
Unifor Québec demande à la Première ministre Christine Fréchette d’émettre sans délai une directive claire à l’ensemble des sociétés d’État leur enjoignant d’adopter et de renforcer une véritable politique d’approvisionnement au Québec.
La SAQ dispose déjà d’une telle politique. Le problème, c’est qu’elle est sans mordant. Dans le respect des accords commerciaux qui lient le Québec, il est possible de faire beaucoup mieux.
Un test pour tous les partis
À quelques semaines du scrutin du 5 octobre, Unifor Québec met les chefs de tous les partis au défi. Ces formations politiques doivent dire clairement, noir sur blanc dans leur plateforme, comment elles comptent aligner les achats des sociétés d’État sur les intérêts économiques du Québec.
« Prévenir une fermeture avec ce qu’on contrôle, c’est ça, le vrai test de cohérence économique de cette campagne, ajoute Daniel Cloutier. Les travailleuses et les travailleurs de Sainte-Thérèse ne veulent pas de la sympathie. Ils veulent des commandes. »


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