Édition du 21 juin 2022

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Environnement

Acheter usagé… pourquoi pas ?

Avez-vous déjà pensé donner vos surplus domestiques à un organisme qui les revalorisera ? Si oui, c’est excellent. Toutefois, quand vous avez besoin d’un objet, avez-vous songé à vous le procurer dans une version usagée ? Ce comportement est cependant essentiel pour mieux équilibrer la rentrée et la sortie des objets dans les commerces d’articles usagers qui sont très souvent aux prises avec d’importants excédants principalement des vêtements.

De bonnes raisons d’acheter usager

Si les gens connaissaient les avantages d’acheter des objets usagés, ils ne s’en priveraient pas ! Le principal gain est d’abord, qu’il y a d’importantes économies à faire puisqu’il n’est pas rare de payer de 20 à 30% du prix du neuf pour un objet qui a déjà servi. De plus, le choix est souvent plus grand dans un magasin de seconde main que dans une boutique mode. On y découvre « des petits trésors », particulièrement dans le rayon du linge d’enfants et celui des jouets. Par ailleurs, cette pratique est également meilleure pour l’environnement. En effet, elle évite l’exploitation de ressources et l’utilisation d’énergie nécessaires à la fabrication d’articles neufs tout en diminuant la pollution reliée au transport des marchandises et à l’accumulation de déchets.

En outre, sur le plan social, acheter des objets usagés permet à des organismes communautaires de se financer et à des petits commerçants de gagner leur vie. Finalement, pour ceux qui veulent acheter québécois, c’est une façon détournée d’y arriver, même si l’étiquette indique « fabriqué en Chine », car tous les bénéfices restent au Québec, à l’exception de l’entreprise « Village des valeurs » qui est une multinationale américaine.

Façons d’acheter ou de vendre

Il y a plusieurs façons de se procurer des objets usagés. Mentionnons les marchés aux puces, les ventes de garage, les bazars, les encans, les comptoirs caritatifs, les friperies, les ressourceries et autres magasins de surplus domestiques, les annonces classées, les babillards et finalement les différents outils de diffusion sur Internet principalement « Les Pacs », « Kijiji » et « Facebook Marketplace ».

Mentionnons aussi que les mêmes moyens cités ci-haut peuvent être utilisés pour vendre les objets que l’on a en surplus. De plus, lorsqu’on ne veut pas se donner la peine de vendre, on peut simplement mettre l’objet au bord de la rue avec une inscription « À donner ». C’est étonnant de constater comment presque tout disparaît vite.

La recette pour acheter usager

Bien sûr, l’achat d’objets usagés nécessite plus de démarches. Il faut vaincre le fouillis de certains magasins seconde main, envisager parfois du nettoyage et des réparations et composer avec moins de garantie. Toutefois, le plus grand handicap est d’avoir à subir la concurrence des objets neufs, si peu chers. En effet, avec l’affaissement du prix des matières premières et les salaires démesurément bas versés aux travailleurs des pays en voie de développement, les objets neufs se vendent souvent à vil prix dans nos magasins. Il devient alors difficilement justifiable de faire réparer des objets comme un grille-pain ou une imprimante d’ordinateur, alors qu’on peut s’en procurer un neuf pour un montant équivalent à celui d’une réparation. Quel gaspillage !

Il est pourtant possible d’acheter usager en limitant les inconvénients. Dans mon cas par exemple, la plupart de mes achats importants commencent par une recherche dans des catalogues ou sur le site web de certains magasins pour connaître le prix et les caractéristiques de l’objet neuf. Avec ces informations en mains, je fais le tour, des marchands de seconde main pouvant être rejoints par téléphone à l’aide du bottin du réemploi publié par la Communauté Métropolitaine de Québec ou au moyen des annonces électroniques. Cela permet de repérer les endroits qui détiennent l’objet usagé en bon état et à bon prix et qui méritent une visite. S’il n’est pas trouvé de cette façon, il suffit de placer une annonce électronique sous la rubrique « Recherche » des outils comme « Les Pacs », « Kijiji »et « Facebook Marketplace » pour le dénicher. J’ai ainsi trouvé des instruments de musique, des matériaux de construction, et autres objets plus spécialisés.

Un plaisir à partager

Le domaine de l’usager a grand besoin de promotion. Ce n’est qu’en faisant connaître ses avantages et en combattant les préjugés qui y sont associés, que cette alternative aux achats commerciaux conventionnels se développera pour atteindre un certain équilibre entre les objets reçus et ceux vendus par les organismes caritatifs.

Pour ma part, je me réjouis régulièrement de l’augmentation de mon niveau de vie et du sentiment de cohérence avec mes valeurs environnementales, grâce à ce moyen relativement facile. La découverte de l’objet convoité dans une version usagée est, de plus, devenu pour moi un vrai défi et un réel plaisir.

Pascal Grenier, simplicitaire

Pascal Grenier

membre du groupe Simplicité volontaire de Québec

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